Faire le bien, en mieux : une boussole pour des dons éclairés
Faire le bien, en mieux : 5 clés pour une générosité plus efficace
On pense souvent que la générosité se joue au niveau des intentions.
Et si elle se jouait aussi au niveau des résultats ?
C’est la question que pose William MacAskill dans son livre
Faire le bien, en mieux, consacré à un courant encore peu connu en France :
l’altruisme efficace.
Son principe est simple : si nous voulons aider, aidons là où notre impact est le plus grand.
Cela suppose de dépasser les évidences, de questionner nos intuitions,
et parfois d’explorer des causes négligées ou contre-intuitives
mais à fort potentiel transformateur.
Ce livre bouscule sans culpabiliser. Il invite à faire un pas de côté,
à mesurer l’effet réel de nos dons, et à donner non seulement avec le cœur,
mais aussi avec discernement.
Nous vous proposons ici une série de 5 résumés thématiques,
pour découvrir les idées clés du livre, illustrées d’exemples concrets,
et mieux comprendre ce qu’elles peuvent changer dans notre manière d’agir.
« On donne avec le cœur. Mais l’impact réel, lui, ne suit pas toujours. »
Combien d’entre nous ont, un jour, fait un don sur un coup de tête, sous l’effet d’un reportage poignant, d’un stand associatif, ou simplement d’une émotion spontanée ? Et pourtant, derrière ces gestes sincères, l’efficacité d’un don reste souvent une zone d’ombre.
Prenons un exemple documenté : PlayPump.
Ce système de pompage d’eau, actionné par des enfants jouant sur un manège, semblait être une idée brillante. Il a bénéficié d’un large soutien médiatique, philanthropique et politique. Mais des évaluations de terrain ont révélé une autre réalité : les enfants s’épuisaient, les pompes tombaient régulièrement en panne, les communautés préféraient leurs anciennes installations. Malgré l’enthousiasme initial, l’impact attendu n’était pas au rendez-vous. Une démonstration concrète : l’intuition ne suffit pas à garantir l’utilité d’un projet.
Dans ‘Faire le bien, en mieux!’, William MacAskill invite à conjuguer élan solidaire et analyse rigoureuse. Loin de refroidir la générosité, cette posture vise à lui donner plus de portée. Et si l’on apprenait à orienter nos dons là où ils peuvent réellement changer des vies ?
Pourquoi s’intéresser à l’efficacité des dons ?
Certaines actions permettent, pour un même montant, d’obtenir des résultats incomparablement plus importants.
Le livre propose une comparaison frappante : avec 40 000 euros, on peut former un chien-guide pour une personne aveugle dans un pays développé. La même somme permet aussi d’opérer la cataracte de 500 personnes atteintes de cécité due au trachome en Afrique, leur redonnant la vue et la possibilité de travailler, se déplacer, vivre de façon autonome.
Ce n’est pas un jugement moral sur les causes, mais une invitation à intégrer un nouveau critère : l’efficacité observable. Il ne s’agit pas de se détourner de ce qui nous touche, mais d’élargir notre regard.
Nos émotions nous dirigent souvent vers les situations les plus visibles ou les plus proches. Mais certains enjeux massifs restent invisibles faute de couverture médiatique. C’est le cas par exemple des parasites intestinaux, qui affectent plus d’un milliard de personnes et nuisent gravement à la santé et à la scolarisation des enfants, alors même qu’un traitement annuel coûte quelques centimes.
Enfin, s’interroger sur l’usage de son don n’est pas une posture froide. C’est une responsabilité : chaque euro confié à une organisation pourrait être orienté vers un levier d’action majeur. Ne pas s’en soucier, c’est risquer de passer à côté d’un impact que l’on aurait pu rendre possible.
Cinq questions pour donner avec discernement
William MacAskill propose une grille simple, mais puissante, pour évaluer une action solidaire. Elle ne vise pas à imposer des choix, mais à susciter une réflexion constructive :
- 1. Combien de personnes cela aide-t-il, et dans quelle mesure ?
- 2. Est-ce l’action la plus pertinente que je puisse soutenir ?
- 3. La cause est-elle négligée par rapport à son importance ?
- 4. Mon soutien change-t-il vraiment quelque chose, ou l’action aurait-elle eu lieu sans moi ?
- 5. Existe-t-il des preuves tangibles que cela fonctionne ?
Ces repères peuvent sembler exigeants. Mais ils offrent une boussole précieuse à qui veut éviter l’effet PlayPump : croire faire le bien, sans savoir si l’on est réellement utile.
Comment repérer une organisation à fort impact ?
GiveWell est une des sources de référence citées dans le livre. Elle évalue des associations selon des critères de transparence, de preuves d’efficacité,
de coûts, et de besoins non couverts. Elle identifie des interventions aux effets mesurés : moustiquaires contre le paludisme, déparasitage scolaire, transferts monétaires directs.
Les causes les plus prometteuses sont souvent les moins visibles : la santé mondiale, la souffrance animale dans les élevages industriels, ou la prévention de risques futurs comme les pandémies ou les dérives technologiques. Ce sont celles où chaque euro supplémentaire donné permet encore de produire des effets importants, c’est ce qu’on appelle un fort impact marginal.
Et si cela heurte notre préférence naturelle pour le local, ce n’est pas pour la nier. Le livre rappelle simplement que dans un monde où les besoins sont inégalement répartis, chaque contribution peut avoir des effets très variables selon le contexte où elle s’exerce.
Concrètement, comment commencer ?
Le premier pas consiste à définir un engagement soutenable : 1 %, 5 %, 10 % de ses revenus.
Pas besoin d’atteindre le moment idéal et l’association parfaite. Ce qui compte, c’est d’inscrire ce geste dans la durée, de l’ajuster avec lucidité, et de chercher à progresser.
Se former à ces enjeux, lire, comparer les approches, poser des questions : autant d’étapes qui renforcent la confiance dans ses choix.
Donner avec discernement, ce n’est pas douter de sa générosité. C’est la rendre plus cohérente avec nos aspirations profondes.
C’est aussi faire appel à des évaluateurs indépendants, qui analysent la transparence, l’efficacité et les besoins non couverts des associations.
Et pour les francophones, le livre rappelle que Mieux Donner partage ces principes et propose des outils d’aide à la décision.
Pourquoi c’est exigeant (et pourquoi ça vaut la peine)
Refuser de s’arrêter à l’émotion, interroger ses certitudes, accepter l’incertitude des effets à long terme : tout cela demande de l’effort. Mais c’est aussi ce qui permet de démultiplier son impact. Le livre illustre avec rigueur, et sans promesse excessive, combien certaines interventions ont changé des centaines de milliers de vies, à des coûts très faibles.
Faire le bien ne suffit pas. Il faut apprendre à bien faire le bien. En se dotant de repères clairs, en acceptant de se poser les bonnes questions, chaque personne peut renforcer l’impact réel de son don.
Et maintenant ?
Vous n’avez pas besoin de tout changer. Mais vous pouvez, dès aujourd’hui, tester une nouvelle manière de donner : en consultant une évaluation indépendante, en découvrant une cause moins connue, en parlant de ces enjeux autour de vous.
Vous avez envie d’aller plus loin : Le livre Faire le bien, en mieux de William MacAskill est une lecture précieuse pour toute personne qui souhaite agir avec cœur et discernement. Il offre une base rigoureuse, accessible et inspirante pour faire évoluer sa manière de contribuer.
Capucine (Altruisme Efficace France) et Romain (Mieux Donner) échangent sur les idées clés du livre et ce qu’il peut changer concrètement dans notre manière de contribuer.
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Et si vous avez besoin d’un accompagnement, Mieux Donner est là pour vous aider à passer à l’action : outils simples, évaluations d’associations, simulateur d’impact… pour que chaque don compte vraiment.