Mieux Donner

Et si le climat faisait partie des causes les plus négligées ?

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Ombline Planes

Directrice de la communication
Temps de lecture : 8 min

Faire le bien, en mieux : 5 clés pour une générosité plus efficace

On pense souvent que la générosité se joue au niveau des intentions.
Et si elle se jouait aussi au niveau des résultats ?
C’est la question que pose William MacAskill dans son livre
Faire le bien, en mieux, consacré à un courant encore peu connu en France :
l’altruisme efficace.

Son principe est simple : si nous voulons aider, aidons là où notre impact est le plus grand.
Cela suppose de dépasser les évidences, de questionner nos intuitions,
et parfois d’explorer des causes négligées ou contre-intuitives
mais à fort potentiel transformateur.

Ce livre bouscule sans culpabiliser. Il invite à faire un pas de côté,
à mesurer l’effet réel de nos dons, et à donner non seulement avec le cœur,
mais aussi avec discernement.

Nous vous proposons ici une série de 5 résumés thématiques,
pour découvrir les idées clés du livre, illustrées d’exemples concrets,
et mieux comprendre ce qu’elles peuvent changer dans notre manière d’agir.

Et si planter un arbre ou acheter des crédits carbone n’étaient pas les gestes les plus utiles pour le climat ?

Nous savons que l’urgence climatique est là. Mais une question essentielle reste trop peu posée : parmi toutes les actions possibles, lesquelles sont les plus efficaces ? Et si vous pensez à des actions individuelles, vous oubliez une partie de votre potentiel.

Dans « Faire le bien, en mieux! », William MacAskill propose d’évaluer nos actions pour le climat avec la même rigueur que celle qu’il appelle à appliquer à toutes les causes solidaires : santé, pauvreté, droits, éducation… Il plaide pour une approche basée sur les effets réels, les données disponibles, et l’identification des angles morts.

Climat : toutes les actions ne se valent pas

Le changement climatique affecte tous les aspects de la vie humaine : la santé, la pauvreté, les migrations, la biodiversité, les conflits. C’est un enjeu systémique, global, et durable. Sa complexité exige qu’on choisisse soigneusement où et comment intervenir, pour ne pas diluer nos efforts.

Pourtant, comme le montre MacAskill, les actions engagées se contentent souvent d’être intuitives : planter des arbres, réduire ses déplacements, compenser ses émissions. Ces gestes ont leur valeur, mais leur impact est parfois faible comparé à d’autres leviers comme le plaidoyer politique ou l’investissement dans la recherche. Une taxe carbone, par exemple, a un effet systémique que n’auront jamais des gestes individuels, aussi sincères soient-ils.

Le principal enjeu est celui de la priorisation : on sait rarement « ce qui marche vraiment ». Or certaines interventions climatiques ont un impact 100 à 1 000 fois plus grand que d’autres à budget égal.

Ce que dit "Faire le bien, en mieux!" sur les causes climatiques

Dans les années 2010, MacAskill identifie le climat comme une cause paradoxalement négligée : omniprésente dans les discours, mais largement sous-financée au regard de son importance systémique. À l’époque, moins de 2 % des dons mondiaux étaient dirigés vers des actions liées au climat. Le décalage entre la gravité du problème et les ressources mobilisées était criant.

Depuis, la cause climatique a gagné en visibilité et en financement, mais MacAskill souligne que la visibilité médiatique ne garantit pas la pertinence ni l’efficacité des solutions soutenues. Il plaide pour une approche lucide et stratégique : soutenir ce qui a le plus d’impact démontré, y compris en dehors des actions les plus visibles.

Il insiste aussi sur l’importance d’anticiper les risques systémiques, comme on aurait dû le faire avec les pandémies ou l’intelligence artificielle non contrôlée. Cela suppose de repenser notre rapport au temps : “ce qui semble moins urgent peut avoir l’impact le plus durable”. L’urgence ne doit pas effacer la préparation.

Enfin, le livre invite à sortir d’une vision centrée uniquement sur les ONG traditionnelles. Soutenir la recherche, la régulation, ou l’innovation ouverte peut être bien plus déterminant que de financer des opérations de terrain peu évaluées, ou à l’impact connu mais relativement faible.

Quelques leviers d’impact très puissants (mais sous-financés)

MacAskill cite l’exemple du soutien à des initiatives comme la Clean Air Task Force, qui agit pour promouvoir des politiques climatiques ambitieuses, comme des normes de réduction des émissions ou des investissements publics structurants.

Il souligne aussi l’intérêt d’investir dans la recherche sur les technologies de rupture : capture du carbone, innovations de décarbonation. Même si l’horizon est incertain, les gains potentiels sont colossaux. Or ces domaines restent peu financés par les individus.

Autre levier potentiellement négligé : la préparation aux risques climatiques dans les pays vulnérables. Adapter l’agriculture, renforcer les systèmes de santé ou anticiper les migrations climatiques sont des actions peu visibles, mais cruciales.

Et en tant qu’individu, une manière directe d’agir est de donner une partie de ses revenus à des organisations climatiques à fort impact. Des structures comme la Clean Air Task Force ou celles recommandées par Giving Green sont identifiées pour leur efficacité prouvée, leur transparence, et leur effet systémique. Un don orienté stratégiquement, peut soutenir des leviers souvent négligés par les grandes philanthropies ou les politiques publiques.

Et concrètement, que faire ?

D’abord, se former

Le livre invite à s’appuyer sur des évaluateurs rigoureux comme Giving Green, qui applique des méthodes inspirées de l’altruisme efficace aux enjeux climatiques.

Ensuite, orienter ses dons avec discernement

Orienter une partie de ses dons vers des projets climatiques à fort levier et intégrer un critère d’efficacité dans ses choix, comme on le ferait pour son épargne.

Enfin, penser l’intersection

Climat et santé, climat et pauvreté, climat et IA. L’impact environnemental peut être démultiplié quand il croise d’autres enjeux globaux.

Ce que l’altruisme efficace peut apporter à la transition écologique

Le mouvement de l’altruisme efficace propose une nouvelle façon de penser l’action écologique : plus lucide, moins culpabilisante, plus centrée sur les effets réels. Il ne s’agit pas de faire parfait, mais de faire mieux informé.

L’altruisme efficace, c’est une approche qui cherche à répondre à une question simple mais exigeante : “Comment puis-je utiliser mes ressources (temps, argent, énergie) pour faire le plus de bien possible ?”

Cela implique de comparer les options, de s’appuyer sur les données disponibles, et de diriger son action vers les leviers les plus négligés et les plus transformateurs.

Il encourage à une culture du doute fertile : agir, évaluer, réajuster. Et surtout, accepter que l’efficacité ne soit pas un gros mot, mais une exigence éthique.

Et maintenant ?

Agir pour le climat, oui. Mais en regardant où l’on est vraiment utile. Car entre deux actions apparemment similaires, l’impact peut varier du simple au centuple.

Le bon sens nous pousse à agir. La rigueur nous pousse à mieux choisir.

Et si, cette fois, vous donniez pour le climat avec une boussole ?

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