Mieux Donner

Et si le don le plus utile concernait aussi les individus qui ne sont pas encore nés ?

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Ombline Planes

Directrice de la communication
Temps de lecture : 7 min

Faire le bien, en mieux : 5 clés pour une générosité plus efficace

On pense souvent que la générosité se joue au niveau des intentions.
Et si elle se jouait aussi au niveau des résultats ?
C’est la question que pose William MacAskill dans son livre
Faire le bien, en mieux, consacré à un courant encore peu connu en France :
l’altruisme efficace.

Son principe est simple : si nous voulons aider, aidons là où notre impact est le plus grand.
Cela suppose de dépasser les évidences, de questionner nos intuitions,
et parfois d’explorer des causes négligées ou contre-intuitives
mais à fort potentiel transformateur.

Ce livre bouscule sans culpabiliser. Il invite à faire un pas de côté,
à mesurer l’effet réel de nos dons, et à donner non seulement avec le cœur,
mais aussi avec discernement.

Nous vous proposons ici une série de 5 résumés thématiques,
pour découvrir les idées clés du livre, illustrées d’exemples concrets,
et mieux comprendre ce qu’elles peuvent changer dans notre manière d’agir.

Et si le don le plus utile aujourd’hui ne concernait pas seulement les personnes qu’on voit, mais celles qui demain pourraient ne pas être là ?

Nous avons tous été confrontés à des risques que nous n’avions pas anticipés : pandémie mondiale, catastrophes climatiques, instabilités politiques.

Et si une partie de notre générosité servait justement à éviter les catastrophes de demain ? Dans « Faire le bien, en mieux! », William MacAskill plaide pour une philanthropie élargie, qui ne se contente pas de répondre aux besoins immédiats mais s’intéresse aussi à l’avenir, parfois très lointain.

Générations futures : l’angle mort de notre générosité

MacAskill invite à prendre en compte les générations futures dans notre boussole morale. Non pas au lieu des vies actuelles, mais en plus. C’est ce qu’il appelle une éthique à long terme : penser aux millions, voire milliards d’individus qui pourraient exister demain, et pour lesquels nous avons une responsabilité indirecte aujourd’hui.

Certaines menaces globales sont connues : pandémies, accidents technologiques, effondrements systémiques, guerres à grande échelle, ou encore perte de contrôle sur des technologies avancées. Toutes ont un point commun : elles sont peu visibles, peu financées, et pourtant leur potentiel destructeur est immense.

Cela crée une opportunité paradoxale : parce que ces causes sont négligées, les actions en leur faveur peuvent avoir un effet disproportionné. Un don peut permettre de financer des travaux de recherche préventive, de soutenir une organisation qui alerte les décideurs, ou de renforcer la résilience de systèmes critiques.

Ce que dit "Faire le bien, en mieux!" sur ces enjeux

MacAskill ne se contente pas de défendre l’aide à court terme. Il intègre dans son approche les notions d’impact à long terme, de durabilité, et de prévention. Selon lui, nous devons apprendre à penser le temps comme une dimension éthique à part entière. Ce n’est pas moins urgent. C’est juste moins visible.

Il aborde les risques dits « existentiels », ceux qui pourraient menacer la survie de l’humanité ou en réduire radicalement le potentiel futur. Ce n’est pas de la science-fiction, mais une catégorie d’analyse sérieuse, soutenue par des travaux académiques.

Cela ne veut pas dire abandonner les urgences d’aujourd’hui. Mais plutôt compléter notre action par des dons orientés vers l’avenir. Par exemple, financer une organisation qui travaille sur la sécurité de l’IA ou la prévention des pandémies peut être un choix aussi pertinent que d’aider une ONG humanitaire.

Quelques leviers concrets : donner pour l’avenir

Parmi les actions à fort impact potentiel, MacAskill cite :

  • Le soutien à des organisations spécialisées dans la réduction des risques existentiels (par exemple, parmi les associations recommandées par Mieux Donner comme pertinentes pour contribuer à la préservation de l’avenir).
  • La recherche sur la biosécurité, la gouvernance de l’intelligence artificielle, ou les mécanismes de coordination mondiale.
  • Le plaidoyer pour des politiques publiques orientées vers la résilience, notamment en matière de climat, d’agriculture, ou de cybersécurité.

Il insiste aussi sur l’intérêt de penser de façon interconnectée : renforcer la santé mondiale aujourd’hui, c’est aussi améliorer notre capacité à résister aux pandémies de demain. Agir pour le climat, c’est préserver les conditions d’une vie humaine durable.

Mode d’emploi pour un don orienté "avenir"

MacAskill propose une grille de discernement utile : est-ce que mon don aide beaucoup, est-ce que la cause est négligée, est-ce qu’elle est viable ? Dans le cas des risques à long terme, la réponse est souvent trois fois « oui ».

Il recommande d’allouer une partie de son budget philanthropique à ces thèmes. Il faut aussi s’assurer que les organisations choisies publient des données, suivent des méthodes rigoureuses, et acceptent l’incertitude sans y renoncer.

Car oui, il faut de la patience. Certains effets ne seront mesurables que dans 20, 50 ans ou dépasseront notre propre vie. Mais cela ne les rend pas moins essentiels.

Pourquoi c’est difficile, mais pourquoi ça vaut le coup

Penser au long terme demande un effort cognitif inhabituel. Le niveau d’incertitude est beaucoup plus élevés. Il faut se projeter, s’abstraire du présent, imaginer l’invisible. Mais c’est aussi une forme rare et puissante de solidarité : faire un don pour des vies qui ne sont pas encore venues au monde.

MacAskill appelle à cette éthique de la générosité temporelle. Pas comme un devoir abstrait, mais comme une façon lucide et courageuse d’élargir notre impact.

Préserver l’avenir, c’est agrandir notre horizon moral. C’est agir là où peu agissent, avec un potentiel d’impact immense.

« Penser à ceux qui ne sont pas encore là, c’est peut-être le plus grand don que l’on puisse faire. »

Et si votre prochain don n’était pas seulement pour aujourd’hui… mais pour un futur où vous pouvez agir dès maintenant ?

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