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Faut-il donner à Greenpeace ? Ce que le cas du Riz Doré révèle sur l'impact et les preuves

Greenpeace est l'une des plus grandes organisations militantes au monde. Elle collecte chaque année plusieurs centaines de millions d'euros de dons, dispose de structures de gouvernance formelles, publie des comptes transparents et mobilise des millions de sympathisantes et sympathisants. Mais la taille, la visibilité et le professionnalisme ne répondent pas à la question centrale : Greenpeace est-elle efficace pour améliorer le monde ? Et plus précisément, y donner est-il un bon moyen d'avoir un impact positif, ou certains dons pourraient-ils contribuer à des effets négatifs ?

Le cas du Riz Doré est une étude de cas utile pour explorer cette question, car il illustre ce qui peut arriver quand une campagne est davantage guidée par l'idéologie que par les preuves.


1. Ce que le Riz Doré est censé faire

Le Riz Doré (événement GR2E) est un riz génétiquement modifié qui produit de la provitamine A (bêta-carotène) dans l'endosperme du grain, spécifiquement pour les populations dont l'alimentation repose fortement sur le riz et est pauvre en vitamine A. C'est un enjeu important car le riz blanc poli ne contient pratiquement aucune provitamine A dans la partie comestible. L'étude de sécurité GR2E publiée dans Scientific Reports le précise clairement : GR2E a été conçu comme une intervention complémentaire contre la carence en vitamine A (CVA), et non comme un substitut aux autres programmes nutritionnels.

La carence en vitamine A n'est pas un problème marginal. L'OMS estime qu'elle touche environ 190 millions d'enfants d'âge préscolaire, et l'UNICEF la désigne comme l'une des principales causes de cécité infantile évitable et comme un facteur important d'augmentation de la mortalité due aux infections courantes. Comprendre ce que vivent les enfants atteints de carence en vitamine A donne une image concrète de l'ampleur du défi.

190 M
enfants d'âge préscolaire touchés par la CVA dans le monde (OMS)
250 000+
enfants perdent la vue chaque année à cause de la CVA (UNICEF)
17 %
des enfants de 6 à 59 mois touchés aux Philippines (Banque mondiale, 2018)

2. Le Riz Doré est-il efficace ?

Pas au sens simpliste du terme, mais les preuves soutiennent qu'il est probablement utile pour les populations ciblées, avec des réserves importantes.

Ce que les preuves soutiennent

Une étude sur des volontaires a montré que le bêta-carotène du Riz Doré est effectivement converti en vitamine A, avec un facteur de conversion moyen de 3,8:1 par poids dans cet essai (plage : 1,9 à 6,4).1 Une étude de simulation portant sur le Bangladesh, l'Indonésie et les Philippines a montré que remplacer le riz blanc par du riz biofortifié en bêta-carotène pourrait réduire substantiellement la prévalence des apports insuffisants en vitamine A ; aux Philippines, l'impact modélisé sur l'inadéquation des apports était significatif, tant pour les femmes que pour les enfants.2 Un article de 2020 publié dans Scientific Reports sur GR2E a conclu que les preuves moléculaires et de sécurité appuyaient que ce riz est sans danger pour la consommation humaine, en cohérence avec les conclusions réglementaires de la FDA, de Santé Canada et de la FSANZ.3

Ce que les preuves ne soutiennent pas

Le Riz Doré n'est pas une solution miracle. Il ne résout pas la pauvreté, la diversité alimentaire, les systèmes alimentaires, ni toutes les carences en micronutriments. Son impact réel dépend de la diffusion des semences, de l'adoption par les agricultrices et agriculteurs, des pertes lors du stockage et de la cuisson, de l'acceptation par les consommatrices et consommateurs, et de l'intégration dans la politique nutritionnelle globale. Même les études favorables au Riz Doré insistent sur ce cadrage "complément, pas substitut".

Point clé

La formulation la plus rigoureuse est la suivante : le Riz Doré est un complément plausible et potentiellement à fort impact aux autres interventions contre la carence en vitamine A dans les populations dépendantes du riz, non une solution complète. Il faut aussi souligner qu'être opposé à un outil humanitaire de biofortification n'est pas la même chose qu'être opposé à la monoculture ou à l'agrobusiness. Les préoccupations concernant l'agriculture industrielle et la juste rémunération des agricultrices et agriculteurs sont légitimes, sans nécessiter de s'opposer à une technologie dont la sécurité a été établie.


3. Ce que Greenpeace a réellement fait et déclaré

Greenpeace a joué un rôle actif et documenté dans l'opposition au Riz Doré. L'organisation a publiquement soutenu pendant des années que les accusations de blocage du Riz Doré étaient "fausses," que le Riz Doré avait "échoué comme solution," et qu'il n'était pas prouvé qu'il réduise la carence en vitamine A (déclaration de Greenpeace International, 2016).

Aux Philippines, Greenpeace a également célébré publiquement la décision de la Cour d'appel de 2024 contre la propagation commerciale du Riz Doré, la qualifiant de "victoire monumentale," puis s'est félicitée de la décision amendée qui confirmait la révocation et l'ordre de cessation des activités. Greenpeace Philippines a déclaré : "Greenpeace salue cette décision et est honorée de faire partie du mouvement qui a soutenu ce travail."5

Il est juste de dire que Greenpeace a été un contributeur actif et visible à l'opposition et aux retards. Ce qu'il n'est pas juste d'affirmer, sans preuve causale plus solide, c'est que Greenpeace en était la seule cause. Les tribunaux, les régulateurs, les processus politiques, les contentieux sur la biosécurité, les institutions publiques et les coalitions anti-OGM au sens large ont tous joué un rôle.


4. Les preuves de l'impact potentiel aux Philippines

Une étude philippine de Zimmermann et Qaim (2004), publiée dans la revue Food Policy, a estimé les bénéfices annuels potentiels du Riz Doré en DALYs (années de vie ajustées sur l'incapacité), une mesure standard de santé publique qui combine les années de vie perdues par décès prématuré et celles vécues avec une maladie ou un handicap. Un DALY représente une année de vie en bonne santé perdue.4

Leurs estimations pour les Philippines :

  • Scénario pessimiste : 15 311 DALYs gagnés par an
  • Scénario optimiste : 85 137 DALYs gagnés par an

Il s'agit d'une étude de modélisation ex ante, non d'une évaluation d'impact directe. Elle reste néanmoins directement pertinente : elle est spécifique aux Philippines, quantifie les résultats en DALYs et intègre déjà l'incertitude à travers sa plage de scénarios. Le fardeau de la carence en vitamine A aux Philippines est resté substantiel : près de 17 % des enfants de 6 à 59 mois étaient touchés en 2018 (Banque mondiale, d'après les données nutritionnelles nationales), avec une prévalence plus élevée chez les plus jeunes.


5. Une estimation de l'impact attribuable

Qu'est-ce qu'un DALY ?

Un DALY (Disability-Adjusted Life Year, ou année de vie ajustée sur l'incapacité) est une mesure standard de santé publique utilisée par l'OMS et les chercheurs en analyse coût-efficacité pour comparer le fardeau de différentes maladies et l'impact de différentes interventions sur une échelle commune. Un DALY représente une année de vie en bonne santé perdue, que ce soit par décès prématuré ou par vie avec une maladie ou un handicap.

Lorsque l'incertitude est élevée, un calcul d'estimation rapide (BOTEC, back-of-the-envelope calculation) permet tout de même d'avoir un ordre de grandeur utile. L'estimation ci-dessous ne concerne que les Philippines, là où les données DALYs sont les plus fiables. Il s'agit d'un modèle d'attribution causale, non d'un résultat mesuré directement.

Notre article : comprendre l'analyse coût-efficacité

L'incertitude provient de trois sources principales : le nombre d'années de retard attribuables aux campagnes militant-es plutôt qu'à des facteurs techniques ou réglementaires ; la part de l'influence de la coalition anti-Riz Doré spécifiquement attribuable à Greenpeace ; et la proportion des bénéfices modélisés qui aurait été réalisée en pratique.

Paramètre Estimation conservatrice Estimation haute
Bénéfice annuel du Riz Doré (DALYs/an) 15 311 85 137
Retard estimé attribuable aux campagnes 2 ans 6 ans
Part de Greenpeace dans l'effet de retard 20 % 50 %
DALYs attribuables à Greenpeace ~6 100 ~255 400
Equivalents décès approximatifs (à ~40 DALYs par décès) ~150 ~6 400

Il s'agit d'une estimation par scénario, non d'un décompte de décès mesuré. Tous les paramètres comportent une incertitude significative. Ce tableau vise à illustrer l'échelle plausible du préjudice, non à attribuer une responsabilité précise. La conversion de 40 DALYs par décès est une heuristique approximative utilisée dans des analyses de santé publique comparables.

Sur la durée des effets : la borne basse de 2 ans reflète la période de perturbation la plus directe et visible, ancrée par la décision de la Cour d'appel d'avril 2024 que Greenpeace a publiquement célébrée. Les Philippines avaient approuvé la propagation commerciale en juillet 2021 et le déploiement avait commencé en 2022, ce qui suggère qu'une estimation conservatrice de la perturbation à partir de ce moment est d'environ 2 à 3 ans. La borne haute de 6 ans capture une interprétation plus large dans laquelle les campagnes ont contribué à une acceptation publique plus lente, une dynamique politique plus faible et un décalage de mise en oeuvre plus long.


6. Pourquoi ce n'est pas seulement une histoire philippine

Même si l'estimation chiffrée est limitée aux Philippines, qui disposent des meilleures données DALYs disponibles, la préoccupation est régionale. Une simulation multi-pays a identifié des réductions potentielles de l'inadéquation en vitamine A grâce au riz biofortifié au Bangladesh, en Indonésie et aux Philippines, avec des gains modélisés significatifs dans tous les contextes, notamment à des taux de substitution plus élevés.

Une analyse ex ante distincte pour l'Inde (Stein, Sachdev et Qaim, 2006) produit des estimations d'échelle encore plus frappantes :

  • Fardeau estimé de la CVA en Inde : 2,328 millions de DALYs par an
  • Potentiel du Riz Doré : 204 000 à 1 382 000 DALYs gagnés par an
  • Vies sauvées estimées : 5 500 à 39 700 par an selon le scénario

L'article indique explicitement que les retards dans la mise à disposition du Riz Doré aux agriculteurs et agricult-rices peuvent être très coûteux en DALYs. Cela ne prouve pas que Greenpeace a causé de manière unique des retards en Inde ou au Bangladesh. Mais cela soutient le point plus large : l'opposition organisée au Riz Doré dans les grands pays consommateurs de riz touchés par la CVA comportait un coût humain potentiel non négligeable.


7. Le parallèle avec le nucléaire

Un schéma similaire apparaît dans l'opposition de longue date de Greenpeace à l'énergie nucléaire. Cette position est profondément ancrée dans l'histoire de l'organisation, née dans la lutte contre les essais nucléaires et élargie à une posture anti-nucléaire générale. La critique fondée sur les preuves n'est pas que tous les arguments anti-nucléaires sont irrationnels, car l'énergie nucléaire présente des problèmes réels, notamment en matière de coûts, de délais, de déchets et de risques de gouvernance. Le problème est le contrefactuel : notamment dans les décennies passées, fermer rapidement des centrales nucléaires signifiait souvent les remplacer par du charbon et du gaz, non par des énergies renouvelables.

C'est important parce que les preuves sur les sources d'électricité sont désormais assez solides : les combustibles fossiles sont bien plus mortels que le nucléaire, principalement en raison de la pollution atmosphérique et des accidents. La synthèse de Our World in Data (s'appuyant sur des données sanitaires et énergétiques de référence) montre que le taux de mortalité par TWh du nucléaire est bien inférieur à celui du charbon, du pétrole et du gaz, et que le grand contraste sanitaire n'oppose pas "nucléaire vs renouvelables" mais bien les sources décarbonées (nucléaire inclus) aux combustibles fossiles.

La critique factuelle est donc plus précise et plus solide : si l'opposition au nucléaire contribue à maintenir le charbon et le gaz en service plus longtemps, et que les combustibles fossiles ont une mortalité par unité d'électricité bien plus élevée, alors cette opposition peut engendrer un coût humain réel, même si l'intention est la protection de l'environnement.

Les cas du Riz Doré et du nucléaire ne sont pas identiques, mais ils partagent une structure commune : une campagne à forte visibilité, davantage guidée par l'idéologie que par des preuves comparatives, qui peut avoir contribué à des résultats pires que le statu quo, pour une partie ou l'ensemble de la campagne. Ce schéma mérite d'être nommé avant de tirer des conclusions plus larges sur Greenpeace.


8. Pas une condamnation en bloc de Greenpeace

Cet article ne soutient pas que tout ce que fait Greenpeace est nuisible. Le rôle historique de Greenpeace dans la lutte contre les armes nucléaires est significatif et probablement bénéfique. L'organisation est née de l'opposition aux essais nucléaires américains et continue de soutenir le désarmement nucléaire et la défense des survivantes et survivants.

Cette distinction est importante. La critique n'est pas que Greenpeace est uniformément néfaste, mais que ses priorités de campagne ne semblent pas être guidées de manière cohérente par une analyse comparative du bien-être fondée sur les preuves, notamment lorsqu'on les évalue à l'aune des vies sauvées ou de la souffrance réduite.

C'est précisément pourquoi les exemples du Riz Doré et du nucléaire sont importants : ce sont des cas où un militantisme à forte visibilité peut entrer en conflit avec ce que l'ensemble des preuves suggère d'utile pour les personnes les plus vulnérables.


9. Conclusion pratique pour les donatrices et donateurs soucieux des preuves

Pour les personnes dont l'objectif premier est d'aider autrui le plus possible, la question centrale n'est pas de savoir si une organisation est moralement engagée ou politiquement visible. La question est de savoir si elle soutient de manière fiable des interventions fondées sur les preuves, rentables, et choisies par comparaison explicite avec des alternatives.

Des organisations comme GiveWell (santé mondiale et pauvreté) et Giving Green (climat) évaluent explicitement les associations selon des critères tels que la solidité des preuves, la rentabilité, la capacité à absorber des financements supplémentaires et la transparence. Toutes deux publient leur raisonnement de manière ouverte.

Si vous êtes particulièrement préoccupé-e par la carence en vitamine A, la condition que le Riz Doré était censé traiter, l'intervention recommandée par GiveWell dans ce domaine est Helen Keller International, qui soutient les programmes gouvernementaux de supplémentation en vitamine A en Afrique subsaharienne et en Asie. Comprendre ce que vivent les enfants atteints de carence en vitamine A rend le coût de tout retard considérablement plus concret.

Critère Greenpeace Associations recommandées par GiveWell Associations recommandées par Giving Green
Base de preuves Guidé par les campagnes ; priorités définies en interne ; évaluation d'impact indépendante limitée Rigoureuse : essais randomisés, revues Cochrane, audits externes exigés Revue systématique des interventions climatiques ; incertitude explicitement reconnue
Analyse coût-efficacité Non publiée Coût par DALY ou par vie sauvée publié et mis à jour annuellement Coût par tonne de CO2 évité publié et mis à jour annuellement
Capacité à absorber des financements Non évaluée Évaluée et publiée ; associations retirées quand elles ne sont plus contraintes financièrement Évaluée et publiée ; recommandations révisées quand la capacité est atteinte
Transparence Rapports annuels publiés ; méthodologie des campagnes non soumise à revue indépendante Raisonnement complet publié ; échanges avec les associations rendus publics Raisonnement complet publié ; méthodologie ouverte
Risque de résultats négatifs Cas documentés (Riz Doré, nucléaire) où des campagnes peuvent avoir aggravé la situation Faible : interventions sélectionnées précisément pour éviter les effets négatifs Faible : focus sur le changement de politique systémique plutôt que sur la compensation locale
Exemples d'interventions Campagnes anti-combustibles fossiles, réduction plastique, protection des baleines, opposition au forage arctique Supplémentation en vitamine A (Helen Keller Intl), moustiquaires (AMF) Plaidoyer pour les politiques énergétiques propres (Clean Air Task Force), réduction du méthane

Ce tableau se concentre sur les critères les plus pertinents pour les donatrices et donateurs souhaitant maximiser leur impact positif. Il n'implique pas que le travail de Greenpeace soit totalement sans valeur, seulement que son approche diffère fondamentalement de celle des organisations construites autour d'une priorisation fondée sur les preuves.

Aucun don n'est sans risque et aucune estimation d'impact n'est parfaitement certaine. Mais il existe une différence significative entre financer des organisations guidées principalement par des campagnes idéologiques, et financer des programmes sélectionnés à travers une modélisation d'impact transparente et une revue empirique rigoureuse.

La conclusion la plus défendable est donc pratique, non rhétorique : si l'objectif est de maximiser l'impact positif sur le bien-être humain, les dons sont généralement mieux orientés vers des interventions et des organisations explicitement fondées sur les preuves et l'analyse coût-efficacité, plutôt que vers de grandes organisations militantes aux résultats mixtes sur des questions scientifiques et de santé publique à forts enjeux.

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Questions fréquentes
Le Riz Doré est-il prouvé sans danger pour la consommation ?

Oui, selon de multiples autorités réglementaires. Un article de 2020 publié dans Scientific Reports sur GR2E a conclu que les preuves moléculaires et de sécurité soutiennent que ce riz est sans danger pour la consommation. Ces conclusions sont cohérentes avec les évaluations de la FDA américaine, de Santé Canada et de la FSANZ (Australie et Nouvelle-Zélande).

Cela signifie-t-il que tous les OGM sont acceptables ?

Non. Chaque variété génétiquement modifiée doit être évaluée sur ses propres mérites. L'argument ici n'est pas que les OGM sont categoriquement bons, mais que le Riz Doré spécifiquement a été évalué pour sa sécurité et présente un bénéfice potentiel significatif pour un problème nutritionnel précis. Les préoccupations concernant la monoculture, le contrôle des semences par les entreprises ou l'agriculture industrielle sont légitimes, mais constituent des questions distinctes de la sécurité et de l'efficacité d'un outil humanitaire spécifique.

L'estimation de décès du BOTEC est-elle fiable ?

C'est une estimation de l'ordre de grandeur plausible, non une mesure précise. Les paramètres comportent une réelle incertitude : le chiffre de bénéfice annuel provient d'une étude de modélisation de 2004 publiée dans Food Policy, la plage de retard est un jugement de valeur, et la part attribuée à Greenpeace est une hypothèse. Le tableau vise à montrer que le préjudice potentiel n'est pas négligeable même avec des hypothèses conservatrices, non à attribuer un nombre précis de décès à une organisation.

Greenpeace fait-elle aussi du bien ?

Oui. Le rôle historique de Greenpeace dans la lutte contre les armes nucléaires est significatif. L'organisation continue de travailler sur une gamme de questions environnementales, dont certaines ont un impact positif réel. L'argument ici est plus précis : les priorités de campagne de Greenpeace ne semblent pas être guidées de manière cohérente par une analyse comparative du bien-être fondée sur les preuves. Une organisation peut faire certaines choses utiles et commettre néanmoins des erreurs coûteuses sur des campagnes spécifiques à forts enjeux.

Où donner à la place ?

Cela dépend de vos priorités. Pour la santé mondiale et la pauvreté, GiveWell publie des recommandations fondées sur les preuves, mises à jour annuellement. Pour le climat, Giving Green fait de même. Les recommandations de Mieux Donner couvrent ces deux domaines et plusieurs autres, avec un raisonnement sourcé pour chaque choix.

Sources et notes
  1. Tang G, Qin J, Dolnikowski GG, Russell RM, Grusak MA. Golden Rice is an effective source of vitamin A. American Journal of Clinical Nutrition, 2009 ; 89(6):1776-83. PubMed Central. Facteur de conversion 3,8 +/- 1,7 pour 1 par poids (plage 1,9 à 6,4), mesuré sur des volontaires adultes.
  2. De Moura FF et al. Biofortified beta-carotene rice improves vitamin A intake and reduces the prevalence of inadequacy among women and young children in a simulated analysis in Bangladesh, Indonesia, and the Philippines. Journal of Nutrition, 2016 ; 146(10):2052-2059. PubMed Central.
  3. Oliva R et al. Molecular characterization and safety assessment of biofortified provitamin A rice. Scientific Reports, 2020 ; 10:1376. Nature.com. Conclusions de sécurité cohérentes avec les évaluations réglementaires de la FDA, de Santé Canada et de la FSANZ.
  4. Zimmermann R, Qaim M. Potential health benefits of Golden Rice: a Philippine case study. Food Policy, 2004 ; 29(2):147-168. ScienceDirect. Scénario pessimiste : 15 311 DALYs/an ; scénario optimiste : 85 137 DALYs/an.
  5. Greenpeace Philippines. Greenpeace statement on people's win against genetically modified rice. 19 avril 2024. greenpeace.org/philippines. Wilhelmina Pelegrina, chargée de campagne Greenpeace Asie du Sud-Est : "Cette décision est une victoire monumentale pour les agricultrices et agriculteurs philippins." / "Greenpeace salue cette décision et est honorée de faire partie du mouvement qui a soutenu ce travail."
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