Et si aider les animaux faisait partie des causes les plus urgentes ?
Faire le bien, en mieux : 5 clés pour une générosité plus efficace
On pense souvent que la générosité se joue au niveau des intentions.
Et si elle se jouait aussi au niveau des résultats ?
C’est la question que pose William MacAskill dans son livre
Faire le bien, en mieux, consacré à un courant encore peu connu en France :
l’altruisme efficace.
Son principe est simple : si nous voulons aider, aidons là où notre impact est le plus grand.
Cela suppose de dépasser les évidences, de questionner nos intuitions,
et parfois d’explorer des causes négligées ou contre-intuitives
mais à fort potentiel transformateur.
Ce livre bouscule sans culpabiliser. Il invite à faire un pas de côté,
à mesurer l’effet réel de nos dons, et à donner non seulement avec le cœur,
mais aussi avec discernement.
Nous vous proposons ici une série de 5 résumés thématiques,
pour découvrir les idées clés du livre, illustrées d’exemples concrets,
et mieux comprendre ce qu’elles peuvent changer dans notre manière d’agir.
Et si les vies les plus nombreuses qu’on pouvait soulager aujourd’hui… n’étaient pas humaines ?
La cause animale est souvent reléguée au second plan, perçue comme un sujet de confort, réservé à des sociétés privilégiées. Et pourtant, dans « Faire le bien, en mieux! », William MacAskill montre qu’il s’agit d’un enjeu massif et souvent invisible.
Il rappelle que c’est aussi l’un des domaines où chaque euro donné peut avoir un impact immense, tant la souffrance est répandue, peu prise en compte, et relativement peu coûteuse à réduire. Une cause à la fois négligée, tractable, et aux effets durables, trois critères clés de l’altruisme efficace.
Pourquoi s’intéresser à la souffrance animale ?
Chaque semaine,
plus d’un milliard d’animaux terrestres sont abattus pour la consommation humaine. Et avant cela, une majorité vit dans des conditions extrêmement difficiles : cages de batterie, mutilations, absence de soins. Ce sont des milliards d’individus sentients, enfermés dans un système de production qui génère une souffrance à très grande échelle.
Or c’est un domaine où les interventions les plus simples peuvent avoir des effets immenses. Que ce soit par
la réduction de la consommation de produits animaux, par l’amélioration des normes d’élevage ou par le soutien aux alternatives, il est possible d’éviter beaucoup de souffrances à faible coût.
Et pourtant, cette cause reste extrêmement négligée. Moins de 1 % de la philanthropie mondiale lui est consacrée. Et encore moins dans les pays en développement, où les enjeux sont pourtant massifs.
Ce que dit "Faire le bien, en mieux!" sur le sujet
MacAskill propose un véritable changement de regard moral. Il montre que nos intuitions éthiques sont souvent biaisées par la proximité, l’apparence, l’habitude. Or, rien ne justifie rationnellement que la souffrance d’un animal soit considérée comme moins grave que celle d’un humain, à condition qu’elle soit comparable en intensité.
Il rappelle aussi que certaines interventions peuvent être extraordinairement efficaces : des campagnes de plaidoyer ont déjà permis d’améliorer les conditions de millions d’animaux en Europe et aux États-Unis. Les organisations évaluées par Animal Charity Evaluators (ACE) sont parfois capables d’éviter ou améliorer la vie de plusieurs centaines d’animaux pour chaque euro donné.
Ce que propose le mouvement de l’altruisme efficace, ce n’est pas de hiérarchiser les causes, mais d’élargir notre cercle moral. D’inclure les animaux dans nos choix éthiques, comme on l’a fait dans l’histoire avec d’autres groupes autrefois exclus de la considération morale.
Quelles actions ont le plus d’impact ?
1. Le plaidoyer pour le bien-être animal
Le plaidoyer pour le bien-être animal est un levier d’efficacité très fort. Réformes d’entreprises, pression sur les pratiques d’approvisionnement, mobilisations pour des normes légales plus exigeantes : les résultats obtenus sont tangibles, notamment en Europe et en Amérique du Nord.
3. Informer et éduquer
Enfin, l’information et l’éducation restent essentielles. Des campagnes bien conçues peuvent faire évoluer les comportements, réduire la consommation de produits animaux, et générer des effets durables sur la demande.
Comment faire un don à fort impact dans ce domaine ?
Sur la cause animale, William MacAskill recommande de s’appuyer sur des évaluations indépendantes, qui analysent la capacité réelle des actions à réduire la souffrance à grande échelle.
À l’international, des organisations comme Animal Charity Evaluators identifient chaque année les associations les plus efficaces, selon des critères rigoureux d’impact, de transparence et de coût-efficacité. Cela inclut par exemple The Good Food Institute, The Humane League, ou Faunalytics.
En France, Mieux Donner relaie ces évaluations et permet à chacun de soutenir ces initiatives à fort impact, en toute confiance.
MacAskill propose d’intégrer la cause animale dans son “panier d’impact”. Il ne s’agit pas d’opposer les espèces, mais de prendre en compte la souffrance évitable, partout où elle peut être réduite efficacement.
Et comme toujours, il prône la lucidité : toutes les actions en faveur des animaux ne se valent pas. Certaines sont peu documentées, ou peu efficaces. L’essentiel est de s’appuyer sur les données disponibles, et de donner en connaissance de cause.
Ce que cela dit de nous
Choisir d’aider les animaux, ce n’est pas faire preuve de sensibilité excessive. C’est reconnaître un angle mort éthique, une injustice massive et souvent invisible. Et accepter que notre générosité puisse aller vers ceux qui ne peuvent rien demander, mais qui peuvent beaucoup souffrir.
La souffrance animale est une immense injustice évitable. Des dons bien orientés peuvent sauver ou améliorer des millions de vies. Il ne suffit pas d’avoir bon cœur. Encore faut-il bien s’en servir.
Et si votre prochain don changeait la vie de 1 000 animaux ?