Mieux Donner

Ce que nous voulons faire n'est pas forcément ce dont les personnes ont besoin

Ce que nous voulons faire n'est pas forcément ce dont les personnes ont besoin

Imaginez un dimanche matin. Un groupe de personnes débarque devant chez vous, décidées à vous aider. Leur projet ? Repeindre votre voiture en bleu, simplement parce qu'elles aiment cette couleur. Vous leur dites que vous n'en avez pas besoin et qu'en plus, vous n'aimez pas le bleu. Elles insistent quand même, y mettent du temps, de l'énergie et même de l'argent, sans répondre à vos objections. Au bout du compte, cela ne vous aide pas. Pire, cela pourrait vous causer un vrai désagrément. Absurde, non ?

Romain Barbe
Romain Barbe
Fondateur · Mieux Donner · Temps de lecture : 4 min

Des dons qui ne sont pas faits pour aider

C'est pourtant très proche de la façon dont une partie de l'aide humanitaire traditionnelle fonctionne. On décide souvent de soutenir une cause ou d'agir selon ses propres préférences, sans se demander si c'est vraiment ce qui est le plus utile pour les bénéficiaires. Sauf qu'ici, les conséquences peuvent être bien plus graves qu'une voiture repeinte : des mères et des pères perdent parfois leurs enfants parce qu'on n'a pas pris en compte leurs besoins, ni cherché la méthode la plus efficace pour les aider. L'exemple de la voiture n'est d'ailleurs pas si absurde : certains dons bien intentionnés ont réellement nui à leurs bénéficiaires, faute d'avoir été pensés avec eux.

Une part de l'aide reste guidée par l'intuition, l'émotion, la médiatisation et les préférences personnelles, aussi bien pour le choix des problèmes à traiter que des méthodes à appliquer. Ce n'est pas surprenant : pour beaucoup d'entre nous, notre cerveau a surtout appris à s'appuyer sur l'intuition et sur ses réflexes naturels. Mais nous allons voir qu'aller au-delà peut nous permettre d'aider davantage.

L'idée n'est pas de culpabiliser qui que ce soit. C'est de prendre conscience d'un écart : celui entre ce que nous avons envie de faire et ce dont les personnes que nous voulons aider ont réellement besoin.

Moment introspection : et vous, alors ?

La vraie question, c'est ce que vous faites quand on vous présente de nouvelles informations.

Si l'on vous dit que vous pouvez avoir 100 fois plus d'impact en donnant aux meilleures associations, comment réagissez-vous ?

Si des évaluateurs indépendants, qui ont passé des milliers d'heures à comparer des projets, identifient des associations aux interventions éprouvées et axées sur les besoins réels des bénéficiaires, êtes-vous prêt à adapter votre vision ? Ces besoins ne sont d'ailleurs pas seulement évalués depuis un bureau : GiveWell a par exemple financé des enquêtes de préférences auprès de près de 1 800 personnes au Kenya et au Ghana pour intégrer leurs arbitrages réels dans ses recommandations.

Passer par ces évaluateurs internationaux ne revient pas à imposer un point de vue extérieur, c'est même l'inverse. Ils ne privilégient pas la méthode préférée par les donateurs : ils cherchent ce qui aide le plus possible à atteindre les objectifs finaux souhaités par les personnes concernées, vivre en bonne santé, voir leurs enfants grandir, augmenter leurs revenus. Pour cela, ils s'appuient sur des méthodes exigeantes comme les essais contrôlés randomisés, et ils peuvent même passer par des transferts d'argent pour laisser les gens choisir eux-mêmes. L'évaluation rigoureuse n'éloigne pas des besoins réels, c'est le moyen le plus fiable de s'en rapprocher.

Allez-vous remettre en cause vos intuitions quand des preuves solides vous sont présentées ? Et si vous avez besoin de plus de certitudes, irez-vous chercher par vous-même : ouvrir les analyses de GiveWell, regarder leurs feuilles de calcul pour comprendre leurs estimations, ou nous contacter avant de donner ?

Si vous vous reconnaissez parmi les personnes prêtes à reconsidérer leurs choix, une question suit : vos prochains dons iront-ils à ces associations dont l'impact est vérifié ?

En revanche, si vous vous dites :

« J'ai envie d'aider l'éducation primaire, et surtout de renforcer l'enseignement des maths. »

« Je veux donner accès à l'eau en creusant des puits. »

C'est peut-être que vous accordez plus de poids à vos préférences actuelles. Vous aurez sans doute besoin de plus de temps pour changer d'avis, ou vous choisirez de consacrer une partie de votre budget à des causes dont vous pensez qu'elles répondent le mieux aux besoins, tout en gardant une autre partie pour vos projets plus personnels. C'est exactement l'idée de la méthode des trois paniers : réserver un panier à vos proches, un aux causes qui vous tiennent à coeur, un à l'impact maximal, sans culpabiliser d'aucun des trois.

L'essentiel, au fond, c'est de voir cet écart entre ce que nous voulons faire et ce dont les personnes ont réellement besoin. Nous vous invitons à considérer d'abord les besoins réels des bénéficiaires, à vous appuyer sur des études rigoureuses et à choisir les interventions selon leur impact final. C'est ainsi qu'à effort égal, nous pouvons transformer beaucoup plus de vies.

Donnez là où ça fait vraiment la différence

Il ne suffit pas de donner au gré de nos préférences ou de nos émotions pour faire une grande différence. Il faut écouter les besoins réels des bénéficiaires et s'appuyer sur des preuves solides. En soutenant des associations rigoureusement évaluées, dont l'efficacité est élevée, on peut multiplier par 100 l'effet de chaque don, et transformer durablement des vies là où l'aide est la plus nécessaire.

Aujourd'hui, vous avez le pouvoir de faire ce choix. En donnant à une association recommandée par Mieux Donner, vous soutenez des actions qui sauvent des vies et améliorent la santé, l'éducation et l'environnement de façon concrète et mesurable.

Donnez efficacement, dès aujourd'hui

Orientez votre générosité vers des associations dont l'impact est prouvé, sélectionnées à partir des meilleures données disponibles.

Faire un don efficace
Tags :