Mieux Donner

Pays les plus heureux et trouvailles du World Happiness Report 2026

World Happiness Report _ Pays les plus heureux - Résumé par Mieux Donner
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Romain Barbe

Fondateur et Directeur de Mieux Donner
Temps de lecture : 25 min.

Classement de 147 pays selon leur satisfaction de vie auto-déclarée. Score de 0 à 10, moyenne 2023–2025.

147 pays
Rang Pays Score
Aucun pays trouvé pour cette recherche.

Données : World Happiness Report 2026, Gallup World Poll (2023–2025).

Table des matières

World Happiness Report 2026 : les points clés du rapport mondial sur le bonheur

Cette édition thématique se concentre sur le lien entre réseaux sociaux et bien-être. Elle couvre 147 pays, s'appuie sur le Gallup World Poll 2023–2025, et mobilise 9 équipes de chercheurs indépendants.

Pays analysés

147

Classement mondial de satisfaction de vie, échelle 0–10, moyenne sur 3 ans (2023–2025)

Pays gagnants vs perdants

79 / 41

79 pays ont progressé significativement depuis 2006–2010. 41 ont reculé. Le monde global est plus heureux, mais l'Occident est en retrait.

Ecart premier/ dernier

6,3 pts

Entre le 1er (7,764) et le dernier (1,446) : un gouffre qui illustre l'impact des conflits sur le bien-être perçu.

Top 6 pays les plus heureux en 2026

1. Finlande
7,764
2. Islande
7,540
3. Danemark
7,539
4. Costa Rica record historique
7,439
5. Suède
7,255
6. Norvège
7,242
35. France
6,586

Thème 2026 : réseaux sociaux et bien-être 9 chapitres

7 lignes de preuves convergentes (Haidt et Rausch, ch. 3) concluent que les réseaux sociaux ne sont pas sans risque pour les adolescents, à une échelle suffisante pour expliquer des tendances populationnelles.

En Amérique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Zélande, les moins de 25 ans se classent entre 122e et 133e sur 136 pays pour l'évolution du bonheur depuis 2010.

Chez les filles, la satisfaction de vie diminue avec chaque heure supplémentaire sur les réseaux (PISA, 270 000 élèves de 15 ans dans 47 pays). Chez les garçons, ce schéma est surtout visible en Europe de l'Ouest.

Pas toutes les plateformes ne se valent. Les outils facilitant la communication sont associés à un bien-être plus élevé. Les flux algorithmiques et les contenus d'influenceurs sont associés à un bien-être plus bas.

Hors monde anglophone et Europe de l'Ouest, les liens entre réseaux sociaux et bien-être sont plus nuancés, voire positifs dans certains contextes (Moyen-Orient, Amérique latine).

L'appartenance scolaire ("school belonging") a un effet 4 à 6 fois plus fort sur la satisfaction de vie des filles que la réduction de l'usage des réseaux, selon les données PISA.

Les inégalités socioéconomiques amplifient les effets négatifs. La corrélation entre usage problématique des réseaux et mal-être est plus forte chez les adolescents issus de milieux défavorisés (43 pays, ch. 7).

Les émotions négatives progressent dans toutes les régions du monde. Les émotions positives restent deux fois plus fréquentes, sauf chez les jeunes du monde anglophone où cet écart s'est réduit.

"La relation entre les réseaux sociaux et le bonheur dépend à la fois du design des plateformes et du contexte social et culturel dans lequel leur usage s’inscrit."

Chapitre 2, World Happiness Report 2026

Europe centrale et orientale

+1 pt

La majorité des pays ayant progressé de plus d'un point depuis 2006–2010 sont en Europe centrale et orientale, reflétant une convergence européenne du bonheur engagée depuis plus de dix ans.

Pays en recul

8 pays

8 pays ont perdu plus d'un point. La plupart se situent dans ou à proximité de zones de conflit armé majeur. 15 pays industriels occidentaux ont connu des reculs significatifs.

Le World Happiness Report 2026 est-il un rapport officiel de l’ONU ?

Pas exactement. Le rapport est publié par le Wellbeing Research Centre de l’Université d’Oxford, en partenariat avec Gallup et le UN Sustainable Development Solutions Network. On peut donc le rattacher, par approximation, à l’écosystème onusien. En revanche, ce n’est pas un rapport officiel exprimant la position des Nations Unies.

Méthodologie — WHR 2026

Quel pays est le plus heureux, et comment cela est-il déterminé ?

John F. Helliwell, Lara B. Aknin, Haifang Huang, Mariano Rojas, Shun Wang, Vicente Guerra, Adam Danyluk — Universités de Colombie-Britannique, Simon Fraser, Alberta, Oxford et Xi'an Jiaotong-Liverpool

Comment le classement est calculé

Une question. Une échelle. Pas d’indice composite.

La question

On demande aux répondants d’imaginer une échelle : 0 représente la pire vie possible pour eux, 10 la meilleure vie possible. Ils indiquent où ils se situent actuellement. C’est l’échelle de Cantril, l’unique question au cœur de l’ensemble du classement.

L’échantillon

En général, environ 1 000 réponses sont recueillies chaque année pour chaque pays via le Gallup World Poll. Des pondérations d’enquête sont appliquées afin de construire des moyennes représentatives au niveau national.

Le score

Le score de chaque pays est la moyenne de ces réponses sur trois ans (2023–2025). Cette fenêtre de trois ans augmente la précision des estimations. Cette moyenne est le seul nombre utilisé pour classer les pays.

Pourquoi parler de « bonheur » et utiliser l’évaluation de vie plutôt que les émotions ?

Pourquoi appeler cela le bonheur ?

"Le bonheur est un mot central dans les descriptions d’une vie bonne depuis l’Antiquité." Le WHR s’inscrit dans cette tradition : le « bonheur » désigne la manière dont les personnes évaluent la qualité de leur vie, et pas seulement leurs émotions du moment. Les répondants donnent des réponses différentes selon que la question porte sur la vie dans son ensemble ou sur leurs ressentis immédiats.

Pourquoi l’évaluation de vie, et non les émotions ?

Il existe deux façons de mesurer le bonheur : comme une émotion (est-ce que je me sens bien maintenant ?) et comme un jugement (dans quelle mesure suis-je satisfait de ma vie ?). Le WHR utilise l’évaluation de vie car elle est plus stable et capte mieux l’ensemble des circonstances de vie. Les émotions positives (rire, plaisir, apprentissage) sont suivies séparément mais ne sont pas utilisées dans le classement. Le rapport note que, dans le monde, les émotions positives restent deux fois plus fréquentes que les émotions négatives.

Les six facteurs : des outils d’explication, pas de calcul

Ces six variables sont utilisées pour expliquer statistiquement pourquoi certains pays obtiennent de meilleurs scores que d’autres. Elles n’entrent pas dans le classement. Comme le dit le rapport : "Nous préférons de loin laisser les jugements des répondants individuels déterminer le classement."

PIB par habitant

Échelle logarithmique, ajustée en PPA (Banque mondiale)

Soutien social

"Avez-vous quelqu’un sur qui compter en cas de problème ?"

Espérance de vie en bonne santé

Données de l’OMS, extrapolées à 2025

Liberté de choix

"Êtes-vous satisfait de votre liberté de choisir ?"

Générosité

"Avez-vous donné de l’argent au cours du mois dernier ?"

Perception de la corruption

Corruption perçue dans le gouvernement et les entreprises

"Nos classements du bonheur ne reposent sur aucune valeur de ces six facteurs. Les classements sont plutôt fondés sur l’évaluation que les individus font de leur propre vie, en particulier leurs réponses à l’unique question d’évaluation de vie de l’échelle de Cantril."

World Happiness Report 2026, chapitre 2

Classement 2026 des pays les plus heureux du monde : les pays où il fait bon vivre

La Finlande est seule en tête. La Finlande occupe la première place avec un score de 7,764, devant un groupe de trois pays : l’Islande, le Danemark et le Costa Rica (rangs 2 à 4 avec des intervalles de confiance qui se chevauchent). La Suède et la Norvège complètent le top 6, suivies par les Pays-Bas, Israël, le Luxembourg et la Suisse.

Le Costa Rica atteint la 4e place, un record historique pour l’Amérique latine. La montée du Costa Rica à la 4e place constitue le meilleur classement jamais atteint par un pays d’Amérique latine. Le top 20 de cette année inclut aussi le Mexique à la 12e place. Cela est cohérent avec un constat déjà documenté par le WHR : certains pays atteignent un niveau élevé de bonheur pour une fraction du coût d’autres, sujet d’un chapitre du WHR 2025.

Aucun pays anglophone dans le top 10 pour la première fois. En 2013, l’ensemble du top 10 était composé de pays industrialisés occidentaux. Aujourd’hui, ils ne sont plus que huit. Le Canada est passé de la 6e place en 2013 à la 25e en 2026. L’Australie est passée de la 10e à la 15e place. Parmi les pays industrialisés sortis du top 10 entre 2013 et 2026 figurent le Canada, l’Autriche et l’Australie.

NANZ — États-Unis, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande

-0.82

points perdus chez les moins de 25 ans depuis 2006–2010. Les quatre pays du groupe NANZ se classent entre la 122e et la 133e place sur 136 dans le monde pour l’évolution du bien-être des jeunes. La tristesse est passée de 15 % à 25 % sur la même période.

Europe de l’Ouest

-0.30

points perdus chez les moins de 25 ans sur la même période. Le Royaume-Uni et l’Irlande montrent une baisse plus forte (-0,42 point) que le reste de l’Europe de l’Ouest. Dans 8 des 10 autres régions du monde, le bien-être des jeunes n’a pas reculé.

Notre section préférée de 2025

Combien de bonheur vos dons créent-ils vraiment ?

Le WHR 2025 contenait un chapitre inédit : la première tentative de mesurer l'efficacité des associations en unités de bonheur. Résultat : l'écart entre les meilleures et les moins bonnes est vertigineux.

La recherche

Le chapitre a rassemblé 24 estimations d'efficacité réalisées par quatre évaluateurs indépendants — tous basés au Royaume-Uni, leader mondial de la recherche sur le bien-être.

Logos des quatre évaluateurs : Happier Lives Institute, London School of Economics, Pro Bono Economics, State of Life

L'unité de mesure

Le WELLBY : une année de bonheur en plus pour une personne

1 WELLBY = augmentation d'1 point sur l'échelle 0–10 du World Happiness Report pour une personne pendant un an. Cette unité permet de comparer des interventions très différentes sur une base commune.

Formule WELLBYs = amélioration du bien-être × années × personnes

-0,5

Point de bien-être perdu après un an de chômage

+0,3

Point de bien-être gagné grâce au mariage

+0,2

Point de bien-être gagné en doublant son revenu

L'écart d'impact

Si votre taille représentait l'efficacité de la moins bonne association de la liste (qui a tout de même un impact positif), la meilleure dépasserait la Tour Eiffel cinq fois. Les meilleures associations sont des centaines de fois plus efficaces, sans coût supplémentaire pour vous.

Les associations les plus efficaces identifiées à ce jour

Logo Pure Earth
9 $ / WELLBY

Pure Earth

Réduction de l'exposition au plomb

Sensibilisation et interventions pour réduire l'intoxication au plomb dans les pays à faible revenu, améliorant la santé et les fonctions cognitives.

Logo Taimaka
15 $ / WELLBY

Taimaka

Traitement de la malnutrition

Distribution d'aliments thérapeutiques pour traiter la malnutrition aiguë au Nigeria.

Logo StrongMinds
Logo Friendship Bench
21–25 $ / WELLBY

StrongMinds et Friendship Bench

Santé mentale — Afrique subsaharienne

Ces deux associations offrent un soutien en santé mentale peu coûteux et modulable en Afrique subsaharienne, où les besoins sont immenses et l'offre de soins quasi inexistante. Pour donner un ordre d'idée : 20 $ représentent pour beaucoup le prix d'un repas au restaurant. Autant dépensé dans la meilleure association peut augmenter le bonheur de quelqu'un d'un point pendant un an entier, davantage que la différence entre avoir un emploi et être au chômage.

Logo Against Malaria Foundation

Recommandation Mieux Donner

Against Malaria Foundation (AMF)

Le Happier Lives Institute a également évalué AMF, non citée dans le rapport. Son impact sur le bien-être est significatif, principalement grâce aux décès évités et aux souffrances réduites par la prévention du paludisme. AMF est l'une des recommandations de Mieux Donner en santé et lutte contre la pauvreté. Vous pouvez donner et bénéficier de la réduction fiscale associée.

Soutenez les associations efficaces
Suite — écart d'impact et conseils pour donner

Financez les meilleures associations et multipliez votre impact sans frais supplémentaires

La plupart des gens pensent que la meilleure association est environ 1,5 fois plus efficace qu'une association classique. La réalité documentée par le WHR 2025 est radicalement différente.

Intuition commune

×1,5

Ce que la plupart des gens estiment comme écart entre la meilleure et une association classique

Top 5 vs moyenne UK

×150

Les cinq premières associations sont ~150 fois plus performantes que la moyenne britannique. 1 000 € = 150 000 € d'impact équivalent.

Meilleure vs plus connues

×3 500

Pure Earth est ~3 500 fois plus efficace que les chiens guides ou les interventions logement pour sans-abri, destinations pourtant populaires pour nos dons.

Graphique comparant l'efficacité des associations : de Guide Dogs UK aux meilleures associations mondiales

Vous pouvez faire beaucoup de bien — plus que vous ne l'imaginez

Avant le WHR 2025, il n'existait pas de méthode standardisée pour comparer les associations sur ce qui compte vraiment : le bien-être qu'elles créent. Ces nouvelles données changent la donne. L'écart entre les meilleures et les autres associations est bien plus grand qu'on ne le croit, ce que nous documentons également dans d'autres domaines sur notre page de recommandations.

Graphique illustrant la variation d'impact entre associations selon leur efficacité en bien-être

Faut-il donner ? Les réponses de Michael Plant, directeur du Happier Lives Institute

Dois-je donner ?

Vous n'êtes peut-être pas obligé, mais vous devriez le faire si vous le pouvez. Et si vous décidez de donner, la plupart des gens ont l'intuition qu'il vaut mieux faire une grande différence qu'une petite.

Donner me rendra-t-il plus heureux ?

Oui. Le premier chapitre du WHR estime que les personnes qui font des dons en retirent davantage de bénéfices que celles qui accomplissent d'autres actes bienveillants, comme aider des inconnus ou faire du bénévolat. Si vous n'êtes pas convaincu, vous pouvez toujours essayer.

Changer d'association pour aider davantage, est-ce mal ?

Non, pas si le but est d'aider les autres. Si cela vous facilite la tâche, vous pouvez envisager de donner à la fois aux meilleures associations et à celles qui vous tiennent le plus à cœur.

Combien dois-je donner ?

Le montant le plus élevé que vous puissiez soutenir sur la durée.

Chez Mieux Donner, nous faisons la promotion de l'engagement des 10 % : donner 10 % de son revenu à des associations à fort impact. Si ce n'est pas encore possible pour vous, 1 % est un bon point de départ, ou essayez un don d'essai de 1 % sur une période limitée.

Engagement des 10 % 🔸

Donnez 10 % de votre revenu à des associations à fort impact

Rejoignez les personnes qui ont choisi d'allouer une part de leur revenu aux associations les plus efficaces. Même 1 % est un premier pas significatif.

Prendre l'engagement

Nous pouvons encore faire la différence

Le monde semble rempli de problèmes sur lesquels nous n'avons aucune prise. Mais il s'avère que nous pouvons agir avec la certitude de faire la différence : nous pouvons désormais mesurer l'impact des associations sur le bonheur, et cet impact varie tellement d'une association à l'autre que choisir les meilleures permet de démultiplier notre contribution, sans coût supplémentaire.

Même si nos gouvernements se désintéressent de certaines causes, nous pouvons, collectivement et à travers le monde, continuer à contribuer à l'amélioration de la vie des personnes les plus vulnérables. Donner à d'excellentes associations ne fait pas seulement beaucoup de bien en soi : c'est aussi une façon de montrer que beaucoup d'entre nous ressentent la responsabilité de joindre l'acte à la parole pour rendre le monde meilleur.

Source : World Happiness Report 2025, chapitre sur le bien-être et l'efficacité des associations, Michael Plant, Happier Lives Institute.

Chapitre 3 — WHR 2026

Les réseaux sociaux pourraient nuire à une génération d'adolescents

Jonathan Haidt et Zachary Rausch, Stern School of Business, New York University

5 h

par jour en moyenne sur les réseaux pour les adolescents américains — dont ~2 h YouTube, ~1 h 30 TikTok, ~1 h Instagram

25 %

des adolescentes américaines estiment que les réseaux nuisent à leur santé mentale (Pew Research, 2024)

7 h

1 adolescent sur 4 entre 13 et 14 ans aux États-Unis passe 7 heures ou plus par jour sur les réseaux. Ce n'est pas une exception : c'est l'usage ordinaire.

7

Sept lignes de preuves indépendantes convergent vers la même conclusion

Haidt et Rausch posent la question comme une affaire judiciaire : les plateformes sont-elles "probablement sans danger" ou "probablement dangereuses" pour les adolescents ? Leur réponse s'appuie sur sept types de preuves indépendants.

1

Ce que disent les victimesUn tiers à la moitié des jeunes adultes Gen Z regrettent l'existence de certaines plateformes.

2

Ce que disent parents, profs, cliniciensLa majorité des parents sont profondément inquiets de l'impact des réseaux sur leurs enfants.

3

Documents internes des entreprisesMeta, TikTok et Snapchat savaient que leurs plateformes causaient des dommages à leurs jeunes utilisateurs.

4

Études transversalesLes utilisateurs intensifs (5 h+/jour) présentent systématiquement des taux de dépression et d'anxiété plus élevés, notamment chez les filles.

5

Études longitudinalesLa dégradation du bien-être des adolescentes précède ou suit l'adoption massive des smartphones dans 40 pays sur 47 (données PISA).

6

Expériences de réduction d'usageLes participants à des études de déconnexion temporaire rapportent une amélioration de leur bien-être, même après un seul mois.

7

Expériences naturellesLes pays ou régions où les réseaux se sont déployés plus tard montrent un retard similaire dans la dégradation du bien-être des jeunes.

ConclusionLes sept lignes convergent : Facebook, Instagram, Snapchat, TikTok et X, tels qu'ils sont conçus et utilisés, sont des produits dangereux qui nuisent aux adolescents à grande échelle.

Conclusion du chapitre

"L'adoption rapide des réseaux sociaux accessibles en permanence par les adolescents au début des années 2010 a été un contributeur substantiel à la hausse des troubles mentaux observée dans de nombreux pays occidentaux à partir du milieu de cette décennie."

Haidt et Rausch, Chapitre 3, World Happiness Report 2026 — réponse à la "question des tendances historiques"

% de jeunes adultes (18–27 ans) qui souhaiteraient que la plateforme n'existe pas — Harris Poll 2024

X (Twitter)
50 %
TikTok
47 %
Snapchat
43 %
Facebook
37 %
Instagram
34 %
Smartphones
21 %
YouTube
15 %

Le paradoxe collectif Point clef

Individuellement

On reste sur les plateformes, même à contrecœur.

Collectivement

On préférerait un monde sans ces plateformes.

Une étude de Bursztyn (2023) le montre clairement : lorsqu'on demandait aux étudiants combien il faudrait les payer pour quitter Instagram ou TikTok pendant un mois, la réponse était environ 47–59 $. Mais lorsqu'on demandait combien ils paieraient si tous leurs pairs quittaient aussi la plateforme, la réponse tombait en dessous de zéro — ils étaient prêts à payer pour partir. 58 % des étudiants américains préféreraient un monde sans Instagram, et 57 % sans TikTok.

Un retour critique sur ce chapitre | Romain Barbe, Mieux Donner

Le chapitre 3 présente un argumentaire solide. Il comporte aussi des limites qu'il vaut la peine de garder à l'esprit.

Un cadre assumé, pas une synthèse équilibrée

Les auteurs l'écrivent eux-mêmes : « Nous présentons les arguments de l'accusation. » Ils invitent les lecteurs à appliquer un standard de preuve civil (« prépondérance des preuves ») plutôt que le standard plus exigeant habituellement requis pour établir une relation de causalité en sciences. Ils précisent également qu'ils ont publié un livre défendant la même thèse avant d'écrire ce chapitre. Cette transparence est bienvenue, mais elle signifie que le chapitre relève davantage du plaidoyer que de la revue neutre de la littérature. Le chapitre 4, qui suit immédiatement, documente précisément comment ce type de cadrage amène des rapports institutionnels à formuler des conclusions plus fortes que ce que les données justifient.


Deux questions distinctes sont confondues

Le chapitre traite deux questions bien différentes : l'usage intensif des réseaux sociaux nuit-il aux adolescents pris individuellement, et les réseaux sociaux ont-ils causé le déclin historique du bien-être des jeunes à l'échelle de la population ? Les preuves au niveau individuel sont plus solides, notamment chez les filles dans les pays occidentaux. La question des tendances historiques est beaucoup plus difficile à trancher, et les auteurs eux-mêmes le reconnaissent, avant d'y répondre quand même. L'extrapolation des tailles d'effet individuelles aux tendances populationnelles repose sur des hypothèses qui ne sont pas suffisamment examinées.


La concentration géographique du déclin reste sans explication

Les données du rapport lui-même montrent que le déclin du bien-être des jeunes est massivement concentré dans les pays anglophones. Les adolescents d'Asie, d'Amérique latine et du Moyen-Orient utilisent les réseaux sociaux au moins autant, et ne connaissent pas le même effondrement. Si des plateformes disponibles dans le monde entier en sont la cause principale, cette asymétrie géographique appelle une explication. Le chapitre n'en fournit pas.


Les auteurs eux-mêmes invitent à lire l'autre camp

À leur crédit, Haidt et Rausch recommandent explicitement de lire leurs critiques en parallèle de ce chapitre. Deux références qu'ils citent eux-mêmes : la revue de Candice Odgers publiée dans Nature, et la synthèse de preuves d'Amy Orben. Le débat dans ce domaine est encore ouvert, et les auteurs le reconnaissent.

Chapitre 4 — WHR 2026

Traduire les preuves scientifiques en politiques publiques demande de la rigueur

Sophie Lloyd-Hurwitz et Andrew Przybylski — Oxford Internet Institute, Université d'Oxford

617

sources académiques uniques analysées à travers 3 grands rapports institutionnels sur les réseaux sociaux et la santé mentale des adolescents

< 1 %

de chevauchement entre les sources citées par les trois rapports — seules 4 publications apparaissent dans les trois documents simultanément

17 %

des études citées emploient une méthodologie permettant plausiblement d'établir des relations causales. Les 83 % restants sont des études corrélatives.

Trois rapports institutionnels, mêmes preuves, conclusions opposées

Publiés entre 2023 et 2024, tous trois ont analysé la même littérature scientifique — et sont arrivés à des recommandations radicalement différentes.

APA (Assoc. américaine de psychologie)

6 pages

Les réseaux ne sont pas intrinsèquement bénéfiques ou nocifs pour les jeunes.

Recommande des standards industriels et une surveillance parentale. Peu de limitations reconnues. 20 % des citations sont auto-référentielles.

NASEM (Académies nationales des sciences)

287 pages

La littérature ne permet pas de conclure que les réseaux causent des changements de santé à l'échelle populationnelle.

Met en garde contre les restrictions généralisées. Reconnaît les limites méthodologiques. Rapport le plus rigoureux des trois.

OSG (Bureau du Surgeon General américain)

25 pages

Les preuves sont insuffisantes pour conclure que les plateformes sont suffisamment sûres pour les jeunes.

Prône des restrictions d'accès par âge et un renforcement des protections. Ton plus alarmiste, moins de nuances.

La découverte centrale du chapitre

Ces divergences ne viennent pas des preuves elles-mêmes — mais de la façon dont elles ont été synthétisées et communiquées

Ce qui est identique

Les trois rapports citent des types de recherche comparables, avec des caractéristiques méthodologiques et thématiques statistiquement similaires. Aucune différence significative dans les méthodes des études choisies.

Ce qui diverge

La précision des citations, la reconnaissance des limites, le traitement des preuves contradictoires, et la force des conclusions. Certains rapports transforment des corrélations en causalités, d'autres non.

6 pratiques qui distinguent une bonne synthèse scientifique

Lloyd-Hurwitz et Przybylski identifient six marqueurs de rigueur dans la traduction des preuves en recommandations politiques.

1

Fidélité des citations

Chaque affirmation doit correspondre précisément à l'étude citée, sans glissement d'interprétation.

2

Contextualisation adaptée

Préciser la population étudiée, le contexte national, et les conditions dans lesquelles les résultats ont été obtenus.

3

Reconnaissance des limites

Mentionner explicitement les contraintes méthodologiques qui affectent l'interprétation des résultats.

4

Engagement avec les preuves contradictoires

Présenter les résultats mixtes honnêtement plutôt que de construire un consensus apparent par sélection.

5

Langage calibré à la certitude réelle

Éviter les affirmations définitives sur des questions encore débattues. Utiliser des termes de probabilité appropriés.

6

Transparence du processus

Documenter comment les preuves ont été identifiées, sélectionnées et évaluées, et divulguer les conflits d'intérêts.

"Sélectionner des preuves de qualité n'est que la moitié du défi. Les bonnes preuves doivent s'accompagner d'une bonne gouvernance des preuves."

Lloyd-Hurwitz et Przybylski, Chapitre 4, World Happiness Report 2026, citant Parkhurst (2016)

Chapitre 5 — WHR 2026

Réseaux sociaux et satisfaction de vie : des différences de genre marquées

Jean M. Twenge, Alexis Diomino, Alana Rio — San Diego State University

270 000

élèves de 15–16 ans dans 47 pays interrogés via l'enquête PISA 2022 de l'OCDE

47

pays et territoires couverts, avec des échantillons nationaux représentatifs incluant 6 grandes régions du monde

78 %

des adolescents dans le monde sont des utilisateurs actifs des réseaux sociaux (étude HBSC internationale)

Filles — monde entier

La satisfaction de vie chute avec chaque heure supplémentaire sur les réseaux

Les utilisatrices légères (moins d'1 h/jour) ont la satisfaction de vie la plus élevée. Elle décline dès qu'on dépasse une heure. Ce schéma tient dans 5 régions sur 6 — seul le Moyen-Orient fait exception.

Garçons — résultats contrastés

L'effet négatif se concentre en Europe de l'Ouest et dans les pays anglophones

Pour les garçons, les utilisateurs légers ont aussi la satisfaction la plus haute — mais seulement en Europe de l'Ouest et dans les pays anglophones. En Asie, Amérique latine et Moyen-Orient, l'association n'est pas significative.

Satisfaction de vie des filles selon l'usage des réseaux, par région (0–10)

PISA 2022. Le pic de satisfaction correspond systématiquement aux utilisatrices légères (<1 h/jour), la valeur la plus basse aux utilisatrices intensives (7 h+/jour).

Région Aucun <1 h 1–2 h 3–4 h 5–6 h 7 h+
Monde entier
6,4
6,71
6,64
6,4
6,26
6,07
Europe Ouest
6,41
6,60
6,57
6,35
6,09
5,75
Pays anglophones
5,93
6,37
6,29
5,85
5,69
5,22
Europe C. & E.
6,95
7,11
6,91
6,61
6,48
6,44
Amérique latine
6,53
6,73
6,65
6,50
6,37
6,16
Asie
6,29
6,34
6,44
6,21
6,20
5,85

Risque relatif de faible satisfaction de vie — utilisatrices intensives vs légères

+63 %

Filles en Europe de l'Ouest — les utilisatrices intensives sont 63 % plus susceptibles de déclarer une faible satisfaction de vie que les utilisatrices légères

+49 %

Filles dans le monde entier — les utilisatrices intensives (7 h+) sont 49 % plus à risque de faible satisfaction de vie

+84 %

Garçons en Europe de l'Ouest — les utilisateurs intensifs sont 84 % plus susceptibles de déclarer une faible satisfaction de vie que les utilisateurs légers

"Parmi les filles dans le monde entier, les non-utilisatrices et les utilisatrices légères des réseaux sociaux étaient plus satisfaites de leur vie que les utilisatrices intensives."

Twenge, Diomino et Rio — Chapitre 5, World Happiness Report 2026

Chapitre 6 — WHR 2026

Réseaux sociaux, gaspillage de temps et pièges à produits

Cass R. Sunstein — Harvard Law School, Harvard University

1

Le paradoxe de la valeur

Les utilisateurs sont prêts à payer bien moins pour utiliser les réseaux que ce qu'ils exigeraient pour arrêter. Beaucoup pensent, en réalité, qu'ils gaspillent leur temps.

2

Un mois sans Facebook

Ceux qui ont désactivé Facebook pendant un mois étaient plus heureux, moins anxieux, moins déprimés — et pourtant, après ce bon mois, ils exigeaient encore de l'argent pour en passer un deuxième sans Facebook.

3

Le piège collectif

Beaucoup d'étudiants exigeraient de l'argent pour quitter Instagram ou TikTok — mais seraient prêts à payer pour que la plateforme disparaisse de toute leur communauté.

Ce que vous paieriez vs ce que vous exigeriez — par plateforme

Sunstein (2018), échantillon représentatif américain (n = 828). WTP = consentement à payer pour utiliser. WTA = exigence pour arrêter. Ratio médian souvent 1:20.

Plateforme WTP médian $/mois WTA médian $/mois Ratio WTA/WTP
Facebook5 $99 $×20
Instagram5 $100 $×20
TikTok / Snapchat5 $100 $×20
WhatsApp10 $100 $×10
Reddit10 $99 $×10
YouTube5 $88 $×18

Expérience Allcott et al. (2020) — 2 743 utilisateurs Facebook randomisés

Un mois sans Facebook rend objectivement mieux — sur chaque dimension mesurée

Plus heureuxSatisfaction de vie en hausse

Moins anxieuxAnxiété en baisse

Moins déprimésDépression en baisse

Moins seulsSentiment de solitude en baisse

Le paradoxe : après ce bon mois, les participants exigeaient encore 86 $ en médiane pour passer un deuxième mois sans Facebook — soit à peine moins que les 100 $ avant l'expérience. Pourquoi payer pour souffrir davantage ? La réponse tient probablement à la peur de rater des interactions sociales quand on est le seul à partir.

Le concept de "product trap" Concept clef

Bursztyn et ses collaborateurs introduisent l'idée de "product trap" : un produit que les gens consomment précisément parce que les autres le consomment, et dont ils souhaiteraient l'abolition si tout le monde pouvait partir en même temps. Ce n'est pas une question d'addiction au sens strict : même sans addiction, le piège existe dès lors que la valeur du produit dépend presque entièrement de son usage collectif.

L'analogie de la soirée l'illustre : vous iriez à une fête dont vous ne voulez pas parce que vos amis y seront — mais vous préféreriez que la fête n'ait pas lieu du tout. Si les utilisateurs pouvaient se coordonner et quitter Instagram ou TikTok collectivement, beaucoup seraient mieux lotis. L'obstacle n'est pas la volonté individuelle, mais l'absence de mécanisme de coordination.

des étudiants américains préféreraient un monde sans Instagram

57 % diraient la même chose de TikTok. Parmi les utilisateurs actifs, un tiers des utilisateurs de TikTok et plus de la moitié des utilisateurs d'Instagram partagent ce souhait. Le chiffre tombe en dessous de zéro quand on demande combien ils paieraient pour partir si tous leurs pairs partaient aussi : ils seraient prêts à payer pour s'en aller. (Bursztyn et al., 2023)

"Beaucoup d'utilisateurs de réseaux sociaux restent sur la plateforme pour une seule raison : les autres y sont. Pour cette raison, ils sont essentiellement piégés. Ils aimeraient trouver une sortie."

Cass R. Sunstein — Chapitre 6, World Happiness Report 2026

Chapitre 7 — WHR 2026

Usage problématique des réseaux et inégalités socioéconomiques : 43 pays comparés

Pablo Gracia, Roger Fernandez-Urbano, Maria Rubio-Cabañez, Seyma Celik, Beyda Cineli — Universitat Autònoma de Barcelona, Trinity College Dublin, Université de Turku

43

pays analysés sur 6 régions, via l'enquête HBSC 2018 et 2022 (Health Behaviour in School-aged Children). Échantillon total : 331 240 adolescents.

100 %

des 43 pays montrent une association significative entre usage problématique des réseaux (PSMU) et bien-être réduit. Sans exception.

2018–22

La relation s'est renforcée sur cette période dans presque toutes les régions, pour tous les groupes, probablement amplifié par le Covid-19.

Résultat clef du chapitre

Les adolescents de milieux défavorisés paient un prix plus élevé pour le même niveau d'usage problématique

Troubles psychologiques

L'effet négatif est légèrement plus fort chez les adolescents de milieu défavorisé. La différence est modeste mais systématique, plus marquée dans les pays anglophones.

Satisfaction de vie (Cantril)

Les écarts sont plus larges et plus constants selon le statut socioéconomique (ce qu'on appellerait la classe socioprofessionnelle, CSP, en France). Les adolescents de milieu favorisé sont partiellement protégés, probablement grâce à un meilleur accompagnement familial et des ressources numériques plus solides.

Intensité de la corrélation entre usage problématique (PSMU) et mal-être selon la région

La région la plus touchée diffère selon l'indicateur mesuré. Le Caucase et la mer Noire se distinguent systématiquement par des associations plus faibles.

Europe centrale et orientale
Fort (troubles)
Pays anglophones
Fort (sat. vie)
Pays nordiques
Modéré
Europe occidentale
Modéré
Méditerranée
Modéré
Caucase et mer Noire
Faible

Milieu défavorisé

Plus exposés, moins protégés

L'usage problématique est plus fortement associé à une satisfaction de vie réduite et à des troubles psychologiques. Les familles disposent de moins de ressources pour contrer les effets négatifs : moins d'accompagnement parental, moins de compétences numériques, moins d'accès à un soutien en santé mentale.

Milieu favorisé (CSP+)

Partiellement protégés

L'effet reste négatif, mais atténué. Les familles CSP+ semblent mieux mobiliser des stratégies de parentalité numérique et des ressources alternatives pour compenser les effets du PSMU sur la satisfaction de vie.

La situation s'est aggravée entre 2018 et 2022 pour tous les groupes

Troubles psychologiques (Corrélation)

2018 0,144
▼ aggravation
2022 0,166

Satisfaction de vie (Corrélation)

2018 -0,177
▼ aggravation
2022 -0,217

L'écart entre milieux défavorisés et milieux favorisés (CSP+) ne s'est pas creusé sur cette période : l'aggravation touche tous les groupes également. L'hypothèse la plus plausible est l'impact du Covid-19, qui a intensifié la dépendance numérique de tous les adolescents via l'école à distance et la réduction des interactions en personne.

Les plus jeunes sont les plus vulnérables

Dans presque toutes les régions, l'association entre PSMU et mal-être est la plus forte chez les 11-12 ans et s'atténue progressivement à 13-14 ans puis 15-16 ans. En Europe anglophone et nordique, les 11-12 ans subissent une réduction supplémentaire de satisfaction de vie d'environ 0,06 point par rapport aux adolescents plus âgés. La période prépubertaire représente une fenêtre de vulnérabilité particulièrement sensible face aux comportements numériques compulsifs.

"Les adolescents de milieux défavorisés supportent le plus grand coût des comportements numériques compulsifs, tandis que leurs pairs de milieux favorisés (CSP+) en sont relativement mieux protégés."

Gracia et al., Chapitre 7, World Happiness Report 2026

Chapitre 8 — WHR 2026

Internet, confiance et liens sociaux : comment l'usage numérique remodèle le bien-être

Zeynep Ozkok, Jonathan Rosborough, Brandon Malloy — St. Francis Xavier University

200 000

répondants européens — European Social Survey (ESS), 30 pays, 2016–2024

4

générations comparées — Gen Z, Millennials, Gen X, Baby Boomers, avec méthode variables instrumentales (vitesse internet régionale)

7

canaux analysés — confiance institutionnelle, confiance interpersonnelle, sécurité, activité sociale, fréquence de rencontres, attachement au pays, attachement à l'Europe

Résultat principal — effet causal de l'internet sur le bien-être

L'internet réduit le bien-être des jeunes, mais bénéficie légèrement aux plus âgés — une même technologie, des effets opposés selon la génération

Gen Z

-0,43

Effet fortement négatif. La plus grande exposition et la plus forte sensibilité.

Millennials

-0,25

Effet modérément négatif, atténué par rapport à Gen Z.

Gen X

~0

Effet quasi nul. L'internet ne dégrade ni n'améliore le bien-être.

Baby Boomers

+0,24

Légèrement positif. L'internet réduit l'isolement et facilite les liens familiaux.

Les fondations sociales du bien-être se dégradent — surtout chez les jeunes Européens

Les modèles causaux montrent que l'internet a un effet positif sur la confiance et la sécurité perçue, mais négatif sur les connexions sociales réelles et l'attachement au pays. Paradoxalement, la confiance a quand même reculé sur la période — d'autres facteurs (post-Covid, polarisation) ont pesé plus lourd que l'effet de l'internet lui-même.

Confiance institutionnelle en chute

La confiance dans le parlement, la justice et les politiciens a reculé dans toutes les générations depuis 2016. La plus forte baisse concerne Gen Z, notamment les femmes Gen Z en Europe de l'Ouest.

Confiance interpersonnelle en baisse universelle

Aucun groupe démographique ne montre une hausse de confiance envers autrui. La baisse la plus prononcée touche les femmes Gen Z, en Europe de l'Ouest comme en Europe centrale.

Activité sociale perçue : la variable la plus prédictive

Le sentiment d'être "aussi actif socialement que ses pairs" a reculé partout et constitue l'un des prédicteurs les plus forts de la perte de bien-être. Les environnements numériques amplifient la comparaison sociale.

Fréquence des rencontres en chute en Europe de l'Ouest

L'Europe de l'Ouest a connu la plus forte contraction des rencontres en personne, surtout chez Gen Z et Millennials. En Europe centrale et orientale, les changements sont plus modestes.

Une même décennie, deux trajectoires opposées

Gen Z et Millennials — ce qui se dégrade

  • Confiance interpersonnelle et institutionnelle
  • Fréquence des rencontres sociales
  • Sentiment d'activité sociale relative
  • Attachement au pays (Gen Z femmes, Europe de l'Ouest)
  • Sentiment de sécurité nocturne (Europe de l'Ouest)

Gen X et Baby Boomers — ce qui résiste ou progresse

  • Attachement au pays (hausse, surtout en Europe centrale et orientale)
  • Sentiment de sécurité (hausse en Europe centrale)
  • Confiance institutionnelle (déclin plus faible)
  • Usage modéré d'internet, moins de déplacement des liens offline
  • Bien-être légèrement amélioré par l'internet
Résultat clef du chapitre

L'effet de l'internet dépend de ce que font les autres autour de vous, pas seulement de ce que vous faites

Ozkok et al. montrent que l'impact de l'internet sur le bien-être varie radicalement selon le niveau de saturation des réseaux sociaux dans le groupe d'appartenance (même pays, même genre, même tranche d'âge). Quand moins de 50 % des pairs utilisent les réseaux sociaux, une heure de plus sur internet améliore le bien-être. Quand plus de 90 % des pairs sont sur les réseaux, l'effet devient fortement négatif. Parmi les 16–24 ans en Europe, ce taux dépasse 90 % dans presque tous les pays.

0 -1 +1
< 50 %
50–59 %
60–69 %
70–79 %
80–89 %
> 90 %

Figure 8.17, WHR 2026. Coefficient IV de l'effet de l'internet sur le bien-être (HapSat), par tranche de saturation des réseaux sociaux dans le groupe de pairs.

"L'environnement numérique est écologique : les individus sont affectés non seulement par leurs propres habitudes en ligne, mais par les habitudes en ligne de leurs pairs."

Ozkok, Rosborough et Malloy — Chapitre 8, World Happiness Report 2026

Chapitre 9 — WHR 2026

Réseaux sociaux et bien-être au Moyen-Orient et en Afrique du Nord

Martijn Burger, Talita Greyling, Stephanie Rossouw, Francesco Sarracino, Fengyu Wu — Erasmus University Rotterdam, University of Johannesburg, STATEC Luxembourg

20–40 %

des adultes MENA ( Moyen-Orient et en Afrique du Nord) passent plus de 5 heures par jour sur les réseaux. Au Liban, ce taux atteint 45 %. C'est parmi les taux d'usage intensif les plus élevés au monde.

63 %

des utilisateurs MENA interagissent avec des influenceurs (Arab Barometer 2023–2024). Les sujets dominants : sport, beauté, arts, cuisine, politique.

35–70 %

selon les pays, la proportion qui utilise les réseaux comme principale source d'information. Les réseaux sociaux dépassent déjà la télévision au Liban et en Palestine.

Le paradoxe MENA

Un usage intensif parmi les plus élevés au monde, sans effondrement du bien-être des jeunes

Contrairement aux États-Unis, au Canada et à l'Europe de l'Ouest, le bien-être des jeunes en MENA n'a pas connu de déclin marqué malgré un usage très élevé des réseaux sociaux. Cette exception s'explique partiellement par des contextes culturels différents : importance des liens familiaux, normes communautaires, et rôle de la religion comme facteur protecteur. Mais l'usage intensif reste associé à davantage de stress, de symptômes dépressifs et à un sentiment d'être moins bien loti que ses parents.

Symptômes dépressifs

Usage modéré : 28,1 %

Usage intensif : 34,5 %

+7,5 pts

Après contrôle socio-démographique. Plus du double de l'écart entre employés et chômeurs.

Stress fréquent

Usage modéré : 33,8 %

Usage intensif : 39,1 %

+6,6 pts

Comparable à l'écart entre employés et chômeurs dans la région.

Se sentir moins bien que ses parents

Usage modéré : 31,6 %

Usage intensif : 36,1 %

+4,5 pts

(+2.2 pts après contrôle socio-démographique) Effet amplifié chez les utilisateurs intensifs qui suivent des influenceurs (+6 pts controlés supplémentaires).

Qui sont les utilisateurs intensifs en MENA ?

38 %

de la Gen Z passent plus de 5 h/jour sur les réseaux

80 %

des hommes utilisent les réseaux, vs 73 % des femmes

92 %

des célibataires utilisent les réseaux, vs 73 % des personnes mariées

60 %

utilisent Facebook (plateforme la plus répandue), suivi de WhatsApp (51 %)

33 %

des non-musulmans sont des utilisateurs intensifs, vs 13 % parmi les religieux pratiquants

45 %

d'utilisateurs intensifs au Liban en 2023–2024 (contre 22 % en 2018–2019)

Toutes les plateformes n'ont pas le même effet sur le bien-être

WhatsApp, Telegram

Associés au maintien des liens familiaux et à l'engagement intellectuel. Perçus positivement par les utilisateurs.

Plutôt positif
TikTok, Instagram, Snapchat

Plateformes visuelles et passives liées à l'insatisfaction corporelle, à la faible estime de soi et aux conflits familiaux. TikTok perçu comme le plus nocif.

Effet négatif
Facebook

Résultats mixtes : usage actif associé à plus de capital social ; usage passif ou excessif lié à dépression, anxiété et distraction scolaire.

Mitigé
YouTube

Catégorisé "divertissement passif". L'usage intensif est associé à une comparaison sociale négative, notamment via les contenus de style de vie et de fitness.

Effet négatif (usage intensif)
Réseaux comme source d'info principale

Associé à davantage de stress, de symptômes dépressifs et à un sentiment d'être moins bien loti que ses parents. Effet significatif dans tous les modèles.

Effet négatif

Ce qui distingue la région MENA

Des dynamiques similaires à l'Occident mais des facteurs culturels propres à la région

Rôle protecteur de la religion

Les individus plus pratiquants déclarent moins de stress, moins de symptômes dépressifs, et un usage plus modéré des réseaux. La religiosité est un prédicteur robuste du bien-être dans tous les modèles.

Normes de genre et visibilité en ligne

Les femmes utilisent moins les réseaux mais plus pour la communication privée. Les normes culturelles de visibilité en ligne, la peur du jugement et le risque de harcèlement freinent leur participation publique.

L'effet des influenceurs

Suivre des influenceurs seul n'est pas problématique. C'est la combinaison usage intensif et interaction promotionnelle (essayer des produits recommandés) qui augmente de 8 points la probabilité de se sentir moins bien que ses parents.

L'effet "tunnel" intergénérationnel

Les jeunes MENA sont plus éduqués et connectés que leurs parents, mais face à moins d'opportunités économiques. L'exposition aux succès idéalisés sur les réseaux amplifie la frustration quand la mobilité promise reste hors de portée.

"Les réseaux sociaux ne nuisent pas ni ne bénéficient au bien-être de façon uniforme. Les effets dépendent de l'intensité et du mode d'usage, ainsi que des environnements sociaux dans lesquels se déploie la vie numérique."

Burger, Greyling, Rossouw, Sarracino et Wu — Chapitre 9, World Happiness Report 2026

Ce que vous pouvez faire pour votre usage numérique

  • Privilégiez la communication à la consommation passive

    Le rapport distingue deux types d'activités en ligne : celles qui favorisent la communication, l'apprentissage et la création sont associées à un bien-être plus élevé. Les flux passifs d'images, de vidéos d'influenceurs et de contenus algorithmiques sont associés à un bien-être plus bas.

  • Investissez dans les liens en personne

    L'appartenance scolaire ou communautaire a un effet 4 à 6 fois plus fort sur le bien-être des adolescents que la réduction de l'usage des réseaux. Les rencontres en personne ne sont pas substituables par les échanges en ligne.

  • Moins d'une heure par jour semble le seuil protecteur

    Les données PISA sur 270 000 adolescents montrent que la satisfaction de vie est maximale chez les utilisateurs légers (moins d'1 h/jour) et décline progressivement au-delà. Cela vaut pour les filles dans cinq régions sur six dans le monde.

  • Méfiez-vous des plateformes conçues pour capter l'attention

    Les plateformes à flux algorithmiques et contenu d'influenceurs (TikTok, Instagram) sont systématiquement plus associées au mal-être que les outils de communication directe (WhatsApp, messageries). La conception même de ces produits crée des pièges collectifs difficiles à quitter individuellement.

Si vous souhaitez contribuer au bonheur des autres

Ce rapport mesure le bonheur de 147 pays sur une échelle de 0 à 10. L'écart entre la Finlande (7,76) et l'Afghanistan (1,45) n'est pas une abstraction : il représente des millions de personnes exposées à la malnutrition, aux maladies évitables, à l'intoxication au plomb, au manque de soins en santé mentale. Des problèmes documentés, mesurables, et sur lesquels il est possible d'agir.

Le WHR 2025 a fourni pour la première fois un outil de comparaison : les WELLBYs. Résultat : les meilleures associations sont 150 à 3 500 fois plus efficaces que les destinations habituelles des dons caritatifs. Choisir avec des preuves, c'est multiplier massivement son impact sans dépenser plus.

Mieux Donner identifie et recommande les associations les plus efficaces pour améliorer le bien-être dans le monde : en santé mentale, lutte contre la malnutrition, prévention du paludisme. Vos dons depuis la France peuvent permettre une réduction fiscale à hauteur de 66 %.

Donner mieux, c'est possible

Mieux Donner identifie les associations qui font la plus grande différence vous permettant de mettre l'impact au cœur de vos dons. N'hésitez pas à nous contacter si vous avez des questions.

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