Mieux Donner

Mes 10 citations préférées tirées d'Ambition morale de Rutger Bregman

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Romain Barbe

Fondateur et directeur
Temps de lecture : 5 minutes

Ce que j’ai préféré dans le livre de Rutger Bregman, Ambition morale, c’est son audace. À une époque où la morale est souvent édulcorée, arrondie, rendue “acceptable” pour ne pas froisser, lui fait exactement l’inverse : il bouscule, secoue, provoque… et ça fait du bien !

On a tellement pris l’habitude de ménager les autres qu’on finit par ménager nos convictions. On dit : “Faites ce que vous pouvez, c’est déjà bien”, “Les petits gestes comptent”, “Ce n’est pas à vous de porter le monde sur vos épaules.”
Mais parfois, il faut qu’on nous rappelle que oui, on peut en faire plus. Et qu’on devrait !

Bregman le fait sans détour. Il écrit : « Non, vous n’êtes pas bien comme vous êtes. » Il interpelle : « Que faites-vous ? Réveillez-vous ! Agissez ! » Et il démonte le mythe du “Noble loser”, cette figure du héros moral qui agit avec sincérité… mais sans impact. Ça peut piquer, mais c’est très juste.

Et franchement ? J’ai trouvé ça vraiment stimulant. Pas culpabilisant. Pas moralisateur. Juste… percutant. Parce que ses phrases tapent là où ça remue. Et parce qu’il ose dire que le monde n’a pas besoin de plus de bonnes intentions, mais de plus de résultats.

Ça me rappelle toutes ces associations que je vois passer, avec des démarches louables, des causes essentielles, mais qui n’utilisent absolument pas leurs ressources de manière stratégique pour aider le plus possible. Alors que si elles le faisaient, elles pourraient, franchement, avoir 100 fois plus d’impact.

Alors, pour celles et ceux que ça pourrait inspirer, j’ai rassemblé ici mes dix citations préférées du livre. Même sans lire le livre, elles valent le détour : ce sont des appels à repenser notre rapport à la morale, à l’action, et à l’impact.

Sur l'échec à passer à l'action

1. « Chacun a des opinions sur une foule de sujets, mais nous en faisons rarement quelque chose. » (Chapitre 4, p. 90)

2. « Ce ne sont pas seulement vos convictions qui comptent, mais aussi ce que vous êtes prêt à faire pour les défendre. » (Chapitre 4, p. 91)

3. « Alors qu’il existe deux façons de « savoir ». On peut savoir et décider d’agir ou savoir et détourner le regard, par crainte des répercussions. » (Chapitre 2, p. 47)

Sur être "différent"

4. « Si vous voulez vraiment faire la différence, il faut oser s’écarter des sentiers battus et accepter d’être considéré comme un « illuminé ». Tous les progrès réalisés par l’humanité ont d’abord été perçus comme des concepts farfelus émanant d’une minorité marginale. Il en est ainsi du théorème de Pythagore ou de l’abolition de l’esclavage. » (Chapitre 3, p. 66)

5. « La peur d’être différent est profondément ancrée dans la nature humaine. Nous pouvons nous imprégner de nos propres convictions, mais nous nous contentons le plus souvent d’imiter les autres. Notre désir d’appartenir au groupe est souvent plus puissant que notre volonté de suivre notre propre voie. » (Chapitre 2, p. 38-39)

Sur les dangers de la "vertu" seule

6. « La seule personne qui ne serve à rien est celle qui pense que les bonnes intentions suffisent pour faire triompher une juste cause. Cette personne se sent du « bon côté de l’histoire », mais, dans les faits, elle n’obtient rien de concret. Nommons-la « le Bon Perdant » (Chapitre 4, p. 86)

7. « Nombreux sont ceux qui ne se soucient que de la nature même de leur travail, sans se préoccuper de ses répercussions concrètes. Pourvu qu’ils se sentent bien… » (Chapitre 1, p. 23)

8. « Le problème des idéalistes sans ambition est qu’ils accordent plus d’importance à la prise de conscience qu’à l’action. Les mots et les intentions prévalent sur les actions et leurs effets ; l’impression d’agir est plus forte que l’action elle-même. » (Chapitre 1, p. 26)

Sur l'autonomisation

9. « Dans certains milieux, l’idéal suprême semble être de ne pas avoir d’impact du tout. Une vie bien vécue se définit alors principalement à l’aune de ce que l’on ne fait pas. Pas d’avion. Pas de viande. Pas d’enfants. Et surtout pas de pailles en plastique ! Moins, toujours moins. L’objectif est d’avoir l’empreinte environnementale la plus faible possible en cultivant un potager à côté de sa « Tiny House ». Dans le meilleur des cas, les traces que vous laissez sont si minimes que vous pourriez tout aussi bien ne pas avoir existé. » (Chapitre 1, p. 24)

10. « Les rayons des bibliothèques regorgent d’essais cherchant à expliquer ce qui distingue les êtres agissants des non agissants, les actifs des passifs, les héros des anonymes. Et si l’ambition morale n’était pas une caractéristique innée, mais plutôt un état d’esprit que chacun de nous peut posséder ? » (Chapitre 2, p. 54)

Avant de fonder Mieux Donner, j’étais ingénieur. J’aimais résoudre des problèmes, chercher l’optimisation, construire des systèmes efficaces. Mais à un moment, une question simple a tout remis en cause : et si je mettais ces compétences au service de problèmes vraiment importants ?

C’est cette question qui m’a fait bifurquer. Qui m’a amené à m’intéresser au don efficace, puis à rejoindre le programme Charity Entrepreneurship, un programme d’incubation international d’association à fort impact. J’y ai découvert un écosystème de personnes qui prennent une idée très au sérieux : utiliser rationnellement ses ressources (argent, temps, énergie) pour amplifier son impact sur le monde et faire le bien.

Ça paraît abstrait dit comme ça, mais je vous rassure, c’est très concret.

Plutôt que de donner à l’association la plus proche ou la plus connue, on commence par se demander :
Où sont les besoins les plus urgents ?
Quelles organisations sauvent ou améliorent réellement le plus de vies ?
Comment s’assurer que ce qu’on fait fonctionne vraiment ?

Ce n’est pas toujours intuitif. Ce n’est pas toujours confortable non plus. Mais c’est vraiment mobilisateur.

Personnellement, j’ai décidé de m’engager à reverser au moins 10 % de mes revenus à des associations rigoureusement sélectionnées pour leur impact. C’est une manière de ne pas laisser mes valeurs en veille, de transformer mes ressources en changement réel.

Et surtout, c’est une réponse à cette sensation que beaucoup d’entre nous partagent : celle d’être dépassés par l’ampleur des problèmes du monde. Face à ces situations, le sentiment d’impuissance est fréquent. Alors on regarde ailleurs. Mais en réalité, nous avons plus de pouvoir qu’on ne le pense.

Rutger Bregman parle d’ambition morale. Il dit que ce qui nous manque n’est pas la volonté d’aider, mais des moyens clairs et concrets d’agir. Je suis d’accord. C’est exactement ce que propose notre démarche du don efficace : une structure, des repères, pour aligner vos valeurs avec vos actions.

Alors si vous aussi, vous avez envie d’agir sans tout plaquer, sans devenir militant à plein temps, sans changer radicalement de vie… il existe des chemins. Certaines personnes choisissent de réorienter leur carrière. D’autres s’engagent via des dons à impact. Et cela peut même être les deux, comme ce que j’ai choisi de faire.

Et parfois, il suffit juste qu’on vous le propose.

Alors je vous le propose :

Et si vous faisiez du don une pratique stratégique, ambitieuse et joyeuse ?
Et si vous rejoigniez les milliers de personnes qui ont choisi d’utiliser leurs ressources pour faire bouger les choses, concrètement ?

Si vous avez déjà la réponse alors :

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