Mieux Donner

Donner à la recherche médicale et l'exemple du cancer

À dix ans, à la mort de mon premier grand-père, j'ai voulu donner toute ma tirelire à la recherche contre le cancer. Des millions de personnes ont le même réflexe, et c'est précisément ce qui crée la question suivante : quand une cause est déjà très soutenue, que change votre euro suivant ?

Romain Barbe
Romain Barbe
Fondateur · Mieux Donner · Temps de lecture : 13 min

Ce réflexe est très largement partagé. La Ligue nationale contre le cancer reçoit une grande partie de ses dons de personnes touchées par la maladie, directement ou dans leur entourage. Le Téléthon repose sur le même moteur, avec une visibilité médiatique considérable en plus. Et c'est exactement ce qui complique les choses : quand des millions de personnes ont le même réflexe que vous, la cause a un caractère moins négligé. Une maladie peut être immense, terrifiante, et recevoir déjà beaucoup d'argent. Les deux sont vrais en même temps.

Cet article ne dit pas que la recherche médicale est inutile, ni que ces associations font mal leur travail. Il pose une question plus étroite : pour un don individuel, aujourd'hui, qu'est-ce que votre euro supplémentaire change ?

En résumé

Donner à la recherche médicale peut être aussi efficace que certaines interventions directes. Ce n'est pas le cas de la recherche sur des maladies qui reçoivent déjà énormément d'argent, les cancers en particulier.

Savoir quel sujet est le plus négligé à un instant donné, et lequel financer ensuite, demande une coordination que des bailleurs spécialisés assurent mieux qu'un donateur individuel.


Deux questions que l'on confond souvent

Quand on choisit où donner, on répond en réalité à deux questions très différentes.

La question de la cause

Est-ce que la recherche contre le cancer mérite d'être financée ? Presque tout le monde répond oui, et à juste titre.

La question du don

Que produit mon euro, en plus de ceux déjà versés par d'autres ? C'est cette réponse qui détermine l'impact réel.

La seconde question est celle de l'impact marginal : la différence entre le monde avec votre don et le monde sans lui. Elle dépend entièrement de ce qui est déjà financé. Deux causes d'ampleur identique peuvent avoir des impacts marginaux très différents si l'une reçoit dix milliards par an et l'autre dix millions.

On peut donner pour faire un geste, parce qu'une maladie a emporté quelqu'un qu'on aimait. Ce don a une valeur, et personne n'a à en juger. Mais si votre objectif est d'aider le plus de personnes possible et d'éviter le plus de souffrance possible, alors la question change, et la réponse aussi.

Les deux ne sont pas incompatibles. Nous recommandons souvent de séparer ses dons : une part pour les causes qui vous touchent personnellement, une part pour celles où votre euro produit le plus d'effet mesurable. C'est la méthode des trois paniers.

Combien la recherche contre le cancer reçoit-elle déjà ?

En France, l'Institut national du cancer indique consacrer environ 50 millions d'euros par an à la recherche, l'Inserm 20 millions via son programme dédié, et estime que la Ligue contre le cancer et la Fondation ARC y consacrent ensemble environ 65 millions d'euros par an.[1] À l'échelle mondiale, l'investissement de l'industrie pharmaceutique dans la recherche et développement en oncologie dépasse 80 milliards de dollars par an, avec plus de 2 500 candidats médicaments en développement clinique, environ cinq fois plus que dans n'importe quel autre domaine thérapeutique.[2]

Votre don ne finance pas la recherche contre le cancer à partir de zéro. Il s'ajoute à un ensemble qui pèse déjà des dizaines de milliards. C'est ce qui rend son impact marginal plus faible, indépendamment de la gravité de la maladie.

Où va la générosité française

Les grandes associations françaises qui financent la recherche ne font pas toutes la même chose.

Recherche presque exclusivement Fondation pour la Recherche Médicale
Finance des projets de recherche biomédicale sur l'ensemble des pathologies : cancers, maladies cardiovasculaires, neurologiques, psychiatriques, infectieuses. Généraliste, elle suit la structure de financement existante plutôt qu'elle ne la corrige.
Recherche et soins Institut Curie, Institut Pasteur
L'Institut Curie associe recherche sur les cancers et hôpital. L'Institut Pasteur associe recherche sur les maladies infectieuses, enseignement, santé publique et un réseau international d'instituts.
Recherche et accompagnement Ligue nationale contre le cancer, AFM-Téléthon
La Ligue finance la recherche sur les cancers, mais aussi l'accompagnement des personnes malades, la prévention et le dépistage. L'AFM-Téléthon finance la recherche sur les maladies neuromusculaires et génétiques rares, et une mission d'aide aux familles concernées.

Ce qui les rapproche n'est pas seulement qu'elles financent de la recherche, d'ailleurs aucune ne fait que ça. C'est qu'elles travaillent sur des maladies présentes dans les pays riches, et que plusieurs d'entre elles placent les enfants au premier plan de leur communication. Or ces maladies pèsent peu dans la mortalité mondiale, y compris chez les enfants.

De quoi meurent les enfants de moins de 5 ans dans le monde
Part des décès d'enfants de moins de 5 ans, 2023
Infections respiratoires667 000 par an 14 %
Prématurité623 000 par an 13 %
Asphyxie et traumatismes à la naissance562 000 par an 12 %
Paludisme409 000 par an 8,8 %
Maladies diarrhéiques 6,8 %
Rougeole 2,5 %
Malnutrition 2,0 %
Cancers 0,90 %
Le paludisme tue près de dix fois plus d'enfants de moins de 5 ans que l'ensemble des cancers. Données : IHME, Global Burden of Disease (2025), via Our World in Data, licence CC BY.[3]

C'est aussi l'une des raisons pour lesquelles nous expliquons pourquoi nos recommandations ne ciblent pas les bénéficiaires en France.

L'Institut Pasteur occupe une place à part. Ses travaux portent sur des maladies infectieuses qui frappent massivement les pays à faible revenu, paludisme et tuberculose notamment, et son réseau international y est implanté. L'argument développé ici s'applique beaucoup moins bien à lui qu'aux quatre autres.

Que rapporte un euro donné à la recherche ?

L'estimation la plus solide vient de GiveWell, en 2014. Holden Karnofsky a rapporté le budget du National Cancer Institute américain aux gains de survie observés sur les cancers aux États-Unis. Il arrive à environ 2 800 dollars par année de vie gagnée. En face, la distribution de moustiquaires imprégnées revenait alors à environ 80 dollars par année de vie en bonne santé.[4]

2 800 $ par année de vie gagnée, recherche sur le cancer (GiveWell, 2014)
80 $ par année de vie en bonne santé, moustiquaires imprégnées (GiveWell, 2014)

À lire avec précaution : ces deux chiffres datent de 2014 et ne sont pas exprimés dans exactement la même unité, une année de vie n'étant pas tout à fait une année de vie en bonne santé. GiveWell pose lui-même les limites de son calcul : il porte sur le dollar moyen dépensé et non sur le dollar supplémentaire, il ne compte que le budget du National Cancer Institute en laissant de côté la philanthropie privée et l'industrie, il ne retient que la charge de morbidité américaine, et il ignore la morbidité pour ne compter que la mortalité. Une recherche bien ciblée peut faire nettement mieux que le dollar moyen dépensé sur le cancer.[4]

Karnofsky suppose par ailleurs que la recherche sur le cancer produit moins de bénéfice par dollar que la recherche dans beaucoup d'autres domaines, en partie parce que le cancer attire déjà un intérêt important de la part des financeurs.[4]

Le deuxième constat est plus embarrassant. Douze ans plus tard, il n'existe toujours pas d'estimation indépendante du coût par vie sauvée d'un don à la recherche médicale. Aucune des grandes associations françaises n'en publie. Le lien entre un financement et une découverte est difficile à établir, et cette difficulté est réelle. Mais elle ne joue pas dans les deux sens. En donnant à la recherche, vous acceptez une incertitude que vous n'acceptez pas en finançant une distribution de moustiquaires, et vous avez en plus de bonnes raisons de penser que le rendement y sera plus faible, puisque la cause est déjà largement financée.

Le rendement de la recherche sur le cancer n'est pas nul. Il arrive beaucoup plus tard, il se mesure beaucoup moins bien, et il s'ajoute à un financement déjà massif.

D'autres travaux sont plus optimistes. Glover et ses collègues ont estimé le rendement de la recherche britannique sur le cancer, publique et caritative : 15 milliards de livres dépensés entre 1970 et 2009, 5,9 millions d'années de vie en bonne santé gagnées entre 1991 et 2010, soit un taux de rendement interne d'environ 10 %, proche des 9 % estimés auparavant pour la recherche cardiovasculaire.[5] C'est un rendement réel et positif.

Deux détails de cette étude comptent. Le délai moyen entre le financement d'une recherche et son bénéfice sanitaire est estimé à quinze ans. Et 51 % des années de vie gagnées viennent de la baisse du tabagisme, donc de la prévention et de la politique publique plutôt que de nouveaux traitements.[5]

Et pour le soin ?

Le même raisonnement vaut pour les missions de soin. Soigner un enfant atteint d'un cancer dans un pays à revenu élevé coûte en moyenne 425 000 dollars sur trois ans ou plus, hébergement et déplacements compris, d'après les chiffres publiés par l'un des plus grands hôpitaux pédiatriques américains, et 564 000 dollars d'après une étude indépendante portant sur 927 patients aux États-Unis. Ce montant est un plancher pour le coût par vie sauvée : on ne peut pas sauver un enfant pour moins cher que ce que coûte son traitement.[6]

Combien de vies sauvées pour 500 000 dollars donnés ?
Ordres de grandeur, pas estimations précises
Soigner un cancer pédiatrique dans un pays à revenu élevé < 1
Associations de santé mondiale recommandées par GiveWell > 100
GiveWell situe le coût par vie sauvée de ses recommandations entre 3 500 et 5 500 dollars. Comparaison établie par Sjir Hoeijmakers, directeur de Giving What We Can. Elle sous-estime probablement l'écart : tous les enfants traités ne sont pas sauvés, et 90 % d'entre eux sont assurés, donc auraient été soignés ailleurs.[6]

Ce n'est pas un argument contre le soin des enfants malades. C'est un constat sur ce que l'argent permet : si l'objectif est de sauver le plus d'enfants possible, il va beaucoup plus loin ailleurs.

Toute la recherche ne se vaut pas

Coefficient Giving, anciennement Open Philanthropy, consacre environ 30 % de ses subventions en recherche scientifique et santé mondiale à la recherche vaccinale, soit plus de 150 millions de dollars depuis 2016. Son constat n'est pas que la recherche a peu d'impact, mais que l'argent y est réparti de façon arbitraire : le financement varie d'un facteur 10 ou plus entre maladies infectieuses, souvent sans bonne raison.[7][8]

Maladie Financement recherche par an Dollars par année de vie en bonne santé perdue (projection 2050) Vaccins largement disponibles
VIH / sida1 541 M$83,70 $0
Tuberculose795 M$32,00 $1
Paludisme703 M$21,00 $2
Shigella51 M$7,30 $0
Rotavirus32 M$3,00 $4
Streptocoque A14 M$1,20 $0
Hépatite C18 M$0,80 $0

Source : Coefficient Giving, 2025. Les montants ne couvrent qu'une partie du financement réel, l'enquête utilisée excluant la recherche destinée aux marchés des pays riches.[7]

À charge de morbidité comparable, un dollar consacré à un vaccin contre le streptocoque A ou l'hépatite C s'ajoute donc à un financement bien plus faible qu'un dollar consacré au VIH. Coefficient Giving pose lui-même les limites de l'exercice : les projections de charge de morbidité sont incertaines, les données de financement sont partielles, et tout argent supplémentaire n'est pas également utile. Certains domaines manquent de bonnes idées ou de chercheurs plus que d'argent.[7]

Le même écart existe à l'intérieur du cancer

Cette comparaison-là ne demande aucun arbitrage entre la France et l'Afrique. Kamath et ses collègues ont comparé les recettes de 119 associations américaines de lutte contre le cancer, près de 6 milliards de dollars par an, à l'incidence, à la mortalité et aux années de vie perdues par type de cancer. Le sein, les leucémies, les lymphomes et les cancers pédiatriques sont bien financés. Les cancers digestifs, gynécologiques, du cerveau et du poumon le sont mal. Et les sept cancers associés à un comportement stigmatisé, tabac, alcool, drogues injectables, comportement sexuel, cabines de bronzage, sont tous mal financés sur au moins un des critères.[9]

Ce qu'il faut en retenir

La générosité privée ne suit ni la mortalité ni les années de vie perdues. Elle suit ce qui nous touche et ce dont on parle. C'est humain, et c'est aussi ce qui crée les écarts d'efficacité entre les dons, et pourquoi nous invitons à orienter les ressources là où elles font la plus grande différence.

Une maladie rare est-elle une maladie négligée ?

Un donateur peut répondre : justement, l'AFM-Téléthon finance ce que personne d'autre ne financera.

Le mot « négligé » ne veut pas dire « dont on parle peu ». Il veut dire : peu de ressources rapportées à l'ampleur du problème et à ce qu'un financement supplémentaire pourrait encore accomplir.

Prenez un cas extrême. Si vingt enfants dans le monde étaient atteints d'une maladie que personne ne finance, et que 50 000 euros suffisaient à les soigner, ce don aurait un impact marginal énorme. Très peu de personnes concernées, mais presque rien de dépensé, et un besoin qu'un montant modeste comble entièrement.

Gardez maintenant ces vingt enfants, et supposez que plusieurs millions d'euros ont déjà été engagés. Le problème n'a pas changé de taille. Ce qui a changé, c'est ce qui reste à financer. Rapportée à l'ampleur de la maladie et à ce qu'il reste à accomplir, la cause n'est plus négligée, et l'euro suivant y produit beaucoup moins.

C'est la situation de la plupart des maladies rares des pays riches. Elles paraissent peu financées quand on les compare au cancer du sein. Elles sont très financées quand on les rapporte au nombre de personnes qu'elles touchent, et davantage encore quand on les compare aux maladies qui tuent le plus dans le monde. Une maladie orpheline en France n'est pas une cause négligée à l'échelle mondiale.

Le caractère négligé se mesure toujours par rapport à la taille du problème. Une maladie qui touche peu de personnes et reçoit déjà beaucoup n'est pas négligée, même si son nom vous est inconnu.

Qui devrait financer la recherche ?

Arbitrer entre un vaccin contre le streptocoque A et un vaccin contre l'hépatite C demande une équipe scientifique, un accès direct aux chercheurs et la capacité de suivre un programme sur dix ou quinze ans. C'est le travail que font Coefficient Giving et la fondation Gates, et ils le font mieux qu'un donateur particulier ne pourrait le faire. Le financement mondial de la recherche sur les maladies négligées atteignait 4,17 milliards de dollars en 2023, dont 63 % venaient des gouvernements, et 83 % de la part philanthropique venait de la seule fondation Gates.[10]

Il y a une deuxième raison, plus mécanique. Lancer un programme de recherche demande un ticket d'entrée élevé : il faut réunir un budget minimum, souvent plusieurs millions, avant que quoi que ce soit ne démarre. Un don de 100 euros ne finance pas un dixième d'essai clinique, il attend d'être agrégé à des milliers d'autres, et c'est le bailleur qui décide ensuite de la destination.

La distribution de traitements éprouvés fonctionne autrement. Elle n'est pas sans seuil non plus : ouvrir une campagne dans une nouvelle région demande de réunir un budget avant de commencer. Mais elle est beaucoup plus incrémentale et elle demande bien moins de coordination. Une fois la campagne lancée, chaque euro supplémentaire finance une moustiquaire de plus, une dose de vitamine A de plus, un enfant vacciné de plus, sans qu'aucun arbitrage scientifique soit nécessaire.

Ce qui réduit déjà les cancers, sans attendre une découverte

Le vaccin contre le papillomavirus, disponible depuis vingt ans

Le cancer du col de l'utérus tue environ 300 000 femmes par an, en très grande majorité en Afrique subsaharienne. Il existe depuis une vingtaine d'années un vaccin contre le papillomavirus qui le prévient. D'après les estimations retenues par GiveWell, vacciner 1 000 filles évite environ 15 cancers, 12 décès et 243 années de vie en bonne santé perdues.[11]

Ce n'est pas une découverte qui manque ici. C'est la livraison.

Une précision qui va contre notre démonstration, et qui doit y figurer quand même : GiveWell considère que la vaccination contre le papillomavirus n'est pas une intervention négligée, Gavi la finançant déjà largement, et ne la situe dans sa zone de recommandation que dans certains pays africains.[11] Ce n'est donc pas une recommandation de Mieux Donner, mais une illustration de ce que l'argent disponible peut acheter aujourd'hui contre un cancer.

Le tabac, le levier anticancer le plus sous-financé

Le tabac tue plus de huit millions de personnes par an, et environ 75 % de ces décès surviennent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. En face, le contrôle du tabac dans ces pays reçoit environ 76 millions de dollars par an d'aide au développement et de financements philanthropiques.[12] C'est environ mille fois moins que ce que l'industrie consacre chaque année à la recherche en oncologie.

Coefficient Giving estime que le plaidoyer pour une hausse des taxes sur le tabac peut produire un retour social très élevé, tout en soulignant que ce résultat dépend fortement de la taille du pays visé et de la probabilité de succès retenue.[12] Dans l'étude de Glover, la moitié des années de vie gagnées attribuées à la recherche britannique venait déjà de la baisse du tabagisme.[5]

Les protéines alternatives, une piste à manier avec prudence

Le Centre international de recherche sur le cancer classe la viande transformée comme cancérogène pour l'homme, et la viande rouge comme probablement cancérogène. L'OMS attribue environ 34 000 décès par cancer par an dans le monde à une alimentation riche en viande transformée, et estime que la viande rouge en causerait 50 000 si le lien était établi comme causal.[13] Rendre les protéines alternatives compétitives réduirait mécaniquement cette exposition.

Incertitude élevée : ces ordres de grandeur restent modestes au regard du tabac, et personne n'a publié de coût par cancer évité pour ce type de plaidoyer. Le principal argument en faveur de ces associations reste la souffrance animale et le climat, pas la prévention des cancers.

Alors, où donner ?

Deux choses à en retenir.

Si vous voulez que votre euro se traduise en effet identifiable, la distribution de traitements déjà éprouvés reste le levier le plus direct pour un particulier. C'est là que les évaluateurs disposent de données solides, et là que chaque euro supplémentaire correspond à quelque chose de concret.

Si vous tenez à financer la recherche, changez de question. Plutôt que « quelle maladie me touche », demandez « quelle recherche n'a personne d'autre pour la financer ». Les vaccins contre le streptocoque A ou l'hépatite C, les traitements contre les maladies tropicales délaissées.

Vous donnez par attachement

Continuez. Un don fait en mémoire de quelqu'un n'a pas à se justifier par un ratio. Sachez seulement que ce n'est pas la même décision que celle d'en aider le plus possible.

Vous donnez pour réduire la souffrance

Regardez d'abord ce qui est déjà financé, puis ce que votre euro ajoute. C'est exactement ce que fait notre méthode de sélection.

Voir ce que votre don peut changer

Nos associations recommandées sont évaluées sur des critères publics : preuves d'efficacité, coût par unité d'impact, et besoin réel de financement supplémentaire.

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Questions fréquentes

La recherche a bien guéri des maladies. Comment peut-elle être moins efficace qu'une distribution de médicaments ?

Les deux affirmations sont compatibles. La recherche produit un rendement réel, estimé à environ 10 % par an sur la recherche britannique en cancérologie, avec un délai moyen de quinze ans entre le financement et le bénéfice sanitaire. La question posée ici n'est pas celle du rendement historique moyen, mais celle du rendement d'un euro supplémentaire dans un domaine qui reçoit déjà des dizaines de milliards.

Si tout le monde raisonnait ainsi, plus personne ne financerait la recherche.

Ce risque est théorique. Les dons individuels représentent une part très minoritaire du financement de la recherche médicale, largement dominé par l'industrie pharmaceutique, les États et quelques grandes fondations. Si les donateurs particuliers se déplaçaient massivement, la question se poserait ; nous en sommes très loin.

Une maladie rare n'est-elle pas par définition une cause négligée ?

Non, et c'est le point le plus souvent mal compris. Le caractère négligé se mesure par rapport à la taille du problème et à ce qui reste à financer. Une maladie qui touche très peu de personnes et qui reçoit déjà des millions d'euros n'est pas négligée à l'échelle mondiale, même si son nom est inconnu du grand public.

Existe-t-il une recherche médicale à fort impact pour un donateur ?

Probablement, et le critère à utiliser est le caractère négligé. Coefficient Giving identifie les vaccins contre le streptocoque A, la syphilis et l'hépatite C comme des domaines prometteurs pour un financement philanthropique, parce qu'ils combinent une charge de morbidité élevée et un financement très faible. Aucun évaluateur que nous suivons ne recommande toutefois formellement ces programmes aux donateurs particuliers.

Les dons aux associations recommandées sont-ils déductibles depuis la France ?

Oui. Les dons passant par Mieux Donner ouvrent droit à la réduction d'impôt de 66 % applicable aux dons aux associations d'intérêt général, dans la limite de 20 % du revenu imposable. Nous détaillons les règles exactes dans notre guide de la réduction d'impôt 2026.

Sources
  1. 1 Institut national du cancer. Les acteurs du financement de la recherche. cancer.fr
  2. 2 Rubin, E. et coll. (2024). Advancing Global Health Equity in Oncology Clinical Trial Access. Cancer Discovery, 14(12). aacrjournals.org
  3. 3 IHME, Global Burden of Disease (2025), part des décès d'enfants de moins de 5 ans par cause, 2023, via Our World in Data, licence CC BY. ourworldindata.org
  4. 4 Karnofsky, H. (2014). Returns to life sciences funding. The GiveWell Blog. blog.givewell.org
  5. 5 Glover, M. et coll. (2014). Estimating the returns to UK publicly funded cancer-related research in terms of the net value of improved health outcomes. BMC Medicine, 12:99. Lire l'étude
  6. 6 Hoeijmakers, S. (2026). How some charities save lives 100x more efficiently than others. sjirhoeijmakers.substack.com. L'étude indépendante qu'il cite sur le coût moyen du traitement : PMC9653200
  7. 7 Dib, R. et Trefethen, J. (2025). A Quantitative Approach to Vaccine Funding. Coefficient Giving. coefficientgiving.org
  8. 8 Transparence : Mieux Donner a reçu des financements de Coefficient Giving dans le cadre de son programme Effective Giving and Careers.
  9. 9 Kamath, S. D. et coll. (2019). Comparison of Cancer Burden and Nonprofit Organization Funding Reveals Disparities in Funding Across Cancer Types. Journal of the National Comprehensive Cancer Network, 17(7), 849-854. Lire l'étude
  10. 10 Impact Global Health / Policy Cures Research (2025). G-FINDER 2024 : Smart Decisions. impactglobalhealth.org
  11. 11 GiveWell. HPV Vaccination to Prevent Cervical Cancer. givewell.org
  12. 12 Coefficient Giving. Tobacco Control in Low and Middle-Income Countries. coefficientgiving.org
  13. 13 Organisation mondiale de la santé. Cancer : cancérogénicité de la consommation de viande rouge et de viande transformée. who.int
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