MSF, la Croix-Rouge, UNICEF : des organisations reconnues dans le monde entier. Et pourtant, aucune ne figure dans les recommandations de GiveWell ou du Happier Lives Institute. Cet article explique pourquoi, et ce que cela signifie concrètement pour l'impact de vos dons.
Quand on veut donner, les mêmes noms reviennent naturellement : MSF, la Croix-Rouge, UNICEF. Des organisations présentes partout dans le monde, reconnues depuis des décennies, dont la légitimité ne fait aucun doute.
Et pourtant, si vous consultez les recommandations des évaluateurs internationaux comme GiveWell ou le Happier Lives Institute, vous ne les trouverez pas. Pas une seule.
Ce n'est pas un hasard. Ces organisations n'ont pas structuré leur stratégie et leurs interventions selon là où elles pourraient le plus aider. C'est ce qui explique à la fois leur absence des recommandations des évaluateurs, et le fait que vos dons peuvent très probablement faire davantage ailleurs.
Cet article a pour but de partager les mécanismes de priorisation et d'efficacité qui permettent d'accompagner des décisions de dons éclairées. Nous allons voir que la question n'est pas tant la taille d'une association, mais sa capacité à utiliser des fonds supplémentaires pour aider le plus possible.
Certaines grandes associations gèrent un très grand nombre de programmes et cela dans plein de pays différents, leurs ressources sont dispersées. Alors qu'il existe des énormes variations d'efficacité entre les actions ou interventions, ces associations n'ont pas vraiment choisi de se concentrer là où elles peuvent faire la plus grande différence. Il y a des ONG qui concentrent leurs efforts et se spécialisent sur des programmes hautement efficaces, c'est elles qui ont le plus de chance d'être recommandées pour leur impact.
Le terme BINGO, pour Big International Non-Governmental Organization, désigne les grandes associations humanitaires internationales que tout le monde connaît : Oxfam, Save the Children, World Vision, Action contre la Faim, UNICEF, MSF, Médecins du Monde, Solidarités Internationale, la Croix-Rouge. Ces organisations partagent plusieurs caractéristiques : des budgets qui se comptent en centaines de millions d'euros, une présence dans des dizaines de pays, une forte visibilité médiatique, et une légitimité institutionnelle solide.
Les chercheurs du Happier Lives Institute ont introduit un terme plus précis pour désigner une partie d'entre elles : les MANGO, pour Multi-Armed NGO, soit des ONG à bras multiples.[2] Ce terme désigne les associations qui gèrent un très grand nombre de programmes différents dans des domaines variés. Oxfam gère simultanément des programmes d'urgence humanitaire, de justice économique, d'égalité de genre, de gouvernance et de justice climatique. MSF intervient dans des zones de conflit armé, dans des épidémies, dans des crises de malnutrition, et dans des programmes de santé de long terme.
À l'opposé, les chercheurs désignent sous le terme FoNGO, pour Focused NGO, des associations qui font une seule chose dans un seul domaine. Against Malaria Foundation distribue des moustiquaires imprégnées d'insecticide dans les zones à risque. C'est tout. Cette distinction n'est pas un jugement de valeur : c'est le point de départ pour comprendre pourquoi les associations peuvent avoir un potentiel d'impact très différent.
BINGO (Big International NGO) : les grandes associations humanitaires internationales, comme MSF, Oxfam ou Save the Children.
MANGO (Multi-Armed NGO) : les ONG à bras multiples, qui gèrent simultanément des centaines de programmes dans des domaines très variés.
FoNGO (Focused NGO) : les associations concentrées sur une seule intervention précise. Exemple typique : Against Malaria Foundation, qui distribue des moustiquaires imprégnées d'insecticide et fait uniquement cela.
L'impact d'un don, c'est le changement réel produit dans le monde grâce à lui, en tenant compte de ce qui se serait passé de toute façon sans cette intervention. Combien de vies sauvées ? Combien d'années de bonne santé gagnées ? Combien de personnes sorties d'une dépression sévère ?
Ces questions peuvent sembler abstraites, mais elles sont de plus en plus mesurables. Des outils comme les DALY (années de vie ajustées sur l'incapacité) ou les WELLBY (années de bien-être) permettent de comparer des interventions très différentes sur une même échelle. GiveWell prend également en compte d'autres résultats souhaitables, comme le doublement des revenus des foyers en extrême pauvreté ou l'accès à la contraception. C'est notamment sur cette base que GiveWell, le Happier Lives Institute ou Giving Green construisent leurs recommandations.[1]
Ce qui est frappant, c'est l'ampleur des écarts que cette mesure révèle. Selon une analyse du Happier Lives Institute publiée dans le World Happiness Report 2025, les meilleures associations créent environ 150 fois plus de bien-être par euro que la moyenne. Et les meilleures interventions produisent jusqu'à 3 500 fois plus d'effet que des associations souvent récipiendaires de notre générosité.[2] Cela signifie que nous pouvons mesurer dans davantage de cas que nous le pensons, et qu'il est toujours possible de prioriser. En savoir plus sur les écarts d'impact entre associations.
GiveWell est l'organisation de recherche la plus reconnue au monde pour l'évaluation de l'impact des dons dans le domaine de la santé mondiale. Depuis sa création en 2007, elle a consacré des dizaines de milliers d'heures à analyser des centaines d'associations dans le but d'identifier celles qui sauvent ou améliorent le plus de vies par euro dépensé. Le Happier Lives Institute est la première organisation à avoir produit une comparaison mondiale des associations en termes de bien-être créé par dollar, publiée dans le World Happiness Report 2025.
Ces deux organisations ne recommandent ni Save the Children, ni World Vision, ni UNICEF, ni Action contre la Faim. Pas par méfiance. Mais parce que leurs travaux ont abouti à une conclusion précise : la structure même de ces organisations rend toute évaluation sérieuse de votre don quasiment impossible, et très probablement moins efficace qu'un don vers les associations qu'elles recommandent.[4]
Il est important de le dire clairement : Oxfam, la Croix-Rouge, MSF et leurs homologues ont un impact positif. On peut d'ailleurs reconnaître qu'elles ont un grand impact au sens absolu du terme. Mais cela ne nous dit pas si elles ont un grand impact rapporté à leur budget, ni si un euro supplémentaire qui leur est confié sera utilisé aussi efficacement que possible pour aider le plus grand nombre. Ce sont pourtant ces deux questions qui devraient guider un don.
Le fait que ces organisations n'aient pas structuré leur stratégie selon là où elles pourraient le plus aider se manifeste de plusieurs façons. Ce ne sont pas des arguments indépendants : ce sont des illustrations du même phénomène, vu sous des angles différents.
Les grandes associations mettent souvent en avant, dans leurs communications et leurs campagnes de collecte, l'étendue de leur présence : "nous intervenons dans plus de 90 pays", "nous gérons 500 projets simultanément". Ces chiffres sont présentés comme des gages de légitimité et de sérieux. Ils devraient plutôt être lus comme un signal d'alerte.
Concevoir et déployer l'un des programmes les plus efficaces au monde pour aider les autres est un travail extraordinairement difficile. Cela suppose des années de recherche pour identifier l'intervention la plus prometteuse, des essais rigoureux pour mesurer ses effets, des ajustements constants, et une expertise très spécifique au contexte. Against Malaria Foundation est recommandée par GiveWell depuis plus de quinze ans : le résultat d'un travail continu d'affinage de sa méthode de distribution et d'évaluation de son impact. Il est quasiment impossible pour un seul conseil d'administration et une seule équipe dirigeante d'atteindre ce niveau d'excellence sur plusieurs programmes à la fois, dans des domaines aussi différents que l'urgence humanitaire, la gouvernance, l'éducation et la nutrition. Gérer cent programmes, c'est accepter que chacun d'entre eux reçoive une fraction de l'attention, des ressources et de l'expertise qu'il mériterait.
Si les grandes ONG accumulent autant de programmes, c'est souvent parce qu'elles saisissent toutes les opportunités de financement qui se présentent, sans toujours se demander si elles correspondent au domaine où elles peuvent avoir le plus d'impact. Un gouvernement souhaite lancer un nouveau programme : l'ONG répond présent. Une catastrophe survient : l'ONG lance une collecte. L'organisation est présente dans 120 pays mais pas encore dans celui qu'un gros donateur cible : un nouveau bureau est ouvert. Chacune de ces décisions est compréhensible prise isolément. Ensemble, elles dessinent une organisation dont les priorités sont en grande partie dictées par les opportunités extérieures plutôt que par une réflexion sur où elle peut faire le plus de bien. Les ressources humaines et stratégiques suivent l'argent. Et quand l'argent vient de partout, l'attention se disperse dans toutes les directions.
Même dans le cas où une grande ONG disposerait de quelques programmes véritablement excellents, un problème structurel demeure : votre don ne va pas au meilleur programme. Il rejoint un budget global, dont l'impact moyen est tiré vers le bas par l'ensemble des programmes moins efficaces qui coexistent avec les meilleurs. C'est le même raisonnement qui s'applique quand on divise un don entre plusieurs associations aux résultats très inégaux : chaque euro qui part vers une action moins efficace est un euro qui n'est pas allé vers la plus efficace. Dans une grande ONG multibras, ce problème existe en interne et de façon permanente.
L'organisation est, par construction, une moyenne de ses propres programmes. Et cette moyenne est plus basse que l'efficacité de ses meilleurs programmes, ce qui signifie qu'un don vers ces grandes associations est très probablement moins efficace qu'un don vers les associations recommandées pour leur efficacité par les évaluateurs indépendants.
Les associations qui obtiennent les meilleurs résultats aux yeux des évaluateurs indépendants ont souvent une caractéristique commune : elles font une seule chose, dans un seul domaine, et elles la font mieux que la plupart. C'est cette concentration qui rend souvent possible à la fois l'excellence dans l'exécution et la mesure précise de l'impact.
Face à ce constat, beaucoup de donateurs adoptent une stratégie qui semble intuitivement solide : flécher leur don vers un programme précis. Donner à MSF "pour les opérations en zones de conflit", ou à UNICEF "pour la vaccination en Afrique subsaharienne". L'intention est bonne. La limite est réelle.
En pratique, les budgets des grandes organisations fonctionnent comme des vases communicants. Si votre don couvre intégralement le financement d'un programme spécifique, il libère d'autres fonds internes qui partiront vers des projets que vous n'avez pas choisis. Ce phénomène s'appelle la fongibilité des fonds. Ce n'est pas de la fraude : c'est simplement le fonctionnement normal de tout budget dans une grande structure. En pratique, un don fléché modifie rarement la trajectoire réelle de l'argent au sein d'une grande association. Il donne une impression de contrôle que la réalité budgétaire ne confirme pas.[2]
Nuance : dans certains cas, un don fléché peut effectivement aller vers l'intervention souhaitée. Cela suppose une analyse de fongibilité au cas par cas. La question à se poser est la suivante : est-ce que des fonds non dédiés ont déjà été alloués à ce programme par l'organisation ? Si la réponse est non, il est raisonnable de penser que des dons fléchés supplémentaires iront bien vers lui : ils ne remplacent pas des fonds existants, ils les complètent réellement. Ce cas reste peu fréquent dans les grandes ONG multibras, mais il existe, et il vaut la peine d'être vérifié avant de conclure.
Les grandes ONG travaillent majoritairement sur des causes très visibles : les crises humanitaires qui font la une des journaux, les catastrophes naturelles relayées en temps réel, les maladies les plus connues du grand public. Cette visibilité génère des flux de dons importants. Et c'est précisément là que se pose une question centrale : est-ce que votre euro supplémentaire change vraiment quelque chose dans un domaine déjà très bien financé ?
Le caractère négligé d'une cause, c'est le rapport entre l'ampleur du problème et les ressources qui lui sont déjà consacrées. Une cause négligée est une cause pour laquelle les besoins sont immenses et les financements rares. Dans ce contexte, chaque euro supplémentaire a un effet bien plus important que dans un domaine saturé de ressources, où votre don s'ajoute à des centaines de millions déjà mobilisés.
Les associations les plus efficaces identifiées par GiveWell et le Happier Lives Institute travaillent sur des problèmes que presque personne ne couvre médiatiquement : la malnutrition aiguë au Nigeria, la dépression non traitée au Zimbabwe, l'intoxication au plomb chez des millions d'enfants en Afrique subsaharienne. Ces causes n'ont pas de porte-paroles célèbres, pas de campagnes télévisées, pas de journées mondiales relayées sur les réseaux sociaux. Elles n'attirent pas suffisamment les grands donateurs institutionnels ni les financements publics massifs. C'est précisément ce qui fait que votre don y pèse davantage. Un euro investi dans la distribution de moustiquaires en Afrique subsaharienne produit un effet que le même euro, ajouté aux centaines de millions déjà collectés par une grande ONG très médiatisée n'utilisant pas les principes de priorisation, ne peut structurellement pas atteindre.
Certaines personnes décident de ne pas soutenir les grandes ONG pour une raison différente : leurs dépenses de communication, de collecte ou d'administration leur semblent trop élevées. Cette intuition s'inscrit dans la même logique : on juge l'organisation sur sa structure interne plutôt que sur son impact réel. C'est compréhensible, mais les recherches montrent qu'il n'existe pas de corrélation entre le niveau des frais de fonctionnement et l'impact réel d'une association. Ce qui détermine l'efficacité, c'est d'abord le domaine dans lequel elle intervient et la rigueur de son programme. Une organisation avec des frais très bas peut très bien mener des programmes qui n'ont jamais été évalués, voire dont l'impact réel est déjà étudié mais minime, nul ou négatif.
Si ce raisonnement amène quelqu'un à délaisser une grande ONG pour donner à Against Malaria Foundation, le résultat est excellent. Mais la bonne raison n'est pas que les frais de l'ONG étaient trop élevés. C'est qu'AMF fait partie des associations les plus efficaces au monde pour sauver des vies, parce qu'elle intervient sur une cause négligée avec une méthode rigoureusement évaluée. Construire ses décisions de don sur la bonne base permet de les tenir dans la durée, et d'éviter de soutenir une association peu efficace simplement parce qu'elle affiche des frais bas.
Tout ce qui précède a une conséquence directe sur la capacité des évaluateurs à mesurer l'impact de ces organisations. Le Happier Lives Institute a mis cinq ans à rassembler 24 estimations de coût-efficacité comparables au niveau mondial, en mobilisant plusieurs équipes de chercheurs.[1] Or, selon son rapport annuel 2022-23, Oxfam gère simultanément 1 036 programmes dans le monde.[3] Évaluer sérieusement l'impact de l'ensemble de ces programmes serait un travail de plusieurs décennies, et les résultats seraient déjà obsolètes à la fin du travail.
L'impossibilité d'évaluer ces organisations n'est donc pas une raison indépendante de ne pas les recommander : c'est la conséquence logique du fait qu'elles n'ont pas fait de la priorisation le principe organisateur de leur structure. Une organisation qui choisit où elle peut avoir le plus d'impact, et qui concentre ses ressources sur ce périmètre, devient évaluable. Une organisation qui s'étend dans tous les sens ne l'est plus. Les évaluateurs indépendants ne peuvent pas recommander ce qu'ils ne peuvent pas évaluer.
Face à ce problème structurel, il existe un autre modèle : des associations qui ont fait de la priorisation le principe organisateur de tout le reste. Une association véritablement efficace est une association qui sait dire non à la plupart des opportunités qui se présentent à elle, pour rester concentrée sur le domaine où elle peut avoir le plus d'impact. C'est une discipline rare, difficile à tenir face aux pressions institutionnelles et aux attentes des financeurs. Mais c'est précisément cette discipline qui distingue les associations que les évaluateurs recommandent de celles qu'ils ne peuvent pas recommander.
Les programmes recommandés par GiveWell ou le Happier Lives Institute ont une chose en commun : une méthode rigoureuse, basée sur les meilleures données disponibles. Against Malaria Foundation distribue des moustiquaires imprégnées d'insecticide dans les zones à fort risque de paludisme en Afrique subsaharienne. New Incentives verse des incitations financières conditionnelles aux familles pour augmenter les taux de vaccination infantile au Nigeria. Ces associations interviennent sur des problèmes précis, avec des méthodes dont l'efficacité a été validée par des essais randomisés contrôlés et des évaluations indépendantes répétées.[4]
| Caractéristique | MANGO (Oxfam, MSF, UNICEF...) | FoNGO (AMF, New Incentives...) |
|---|---|---|
| Nombre de programmes | Des centaines à plus de 1 000 | Un seul ou très peu |
| Domaines d'intervention | Multiples et très variés | Un seul domaine ciblé |
| Évaluabilité de l'impact | Très difficile à l'échelle globale | Possible et documentée |
| Priorisation | Limitée par la diversité des programmes | Forte, concentrée sur une intervention |
| Caractère négligé des causes | Faible (causes souvent très visibles) | Élevé (causes peu médiatisées) |
| Présence dans les recommandations | Absente | Oui (GiveWell, HLI, Giving Green) |
Les grandes associations ont un impact positif. Elles ne priorisent simplement pas assez pour que cet impact soit comparable, par euro dépensé, à celui des associations que les évaluateurs recommandent. Et c'est cette différence, documentée et mesurable, qui devrait orienter vos dons si votre objectif est d'aider le plus grand nombre possible.
Mieux Donner sélectionne chaque année les associations dont l'impact par euro donné est le mieux documenté, dans les domaines de la santé mondiale, du bien-être animal et du changement climatique.
Voir les associations recommandées →Non. Ces organisations ont un impact positif et emploient des milliers de personnes engagées. La question n'est pas de savoir si elles aident, mais si votre euro y produit autant d'effet qu'il le pourrait ailleurs. Les évaluateurs indépendants concluent que ce n'est très probablement pas le cas, en raison de leur structure et de l'absence de priorisation rigoureuse.
Pas au sens où elles détourneraient l'argent. Ces organisations font des choses concrètes avec les fonds qu'elles reçoivent. Mais gérer des centaines de programmes dans des dizaines de pays sans priorisation rigoureuse conduit mécaniquement à une efficacité moyenne, très inférieure à ce que les meilleures associations spécialisées atteignent. Ce n'est pas du gaspillage au sens moral, mais c'est une utilisation de votre don qui laisse passer la grande majorité de son potentiel d'impact.
C'est la mauvaise question à se poser. Les recherches disponibles montrent qu'il n'existe pas de corrélation entre le niveau des frais de fonctionnement et l'impact réel d'une association. Ce qui compte, c'est le domaine d'intervention et la rigueur du programme. Le bon critère n'est pas combien une association dépense en interne, mais combien elle produit de bien par euro reçu.
Partiellement. L'intention est bonne, mais en pratique les budgets des grandes organisations fonctionnent comme des vases communicants. Un don fléché libère d'autres fonds internes qui partiront vers des programmes que vous n'avez pas choisis. Ce phénomène, appelé fongibilité, fait que votre don contribue en réalité à l'ensemble du budget de l'organisation, pas uniquement au programme que vous avez désigné.
Pas nécessairement. La taille n'est pas le bon critère, ni dans un sens ni dans l'autre. Ce qui compte, c'est la capacité d'une association à se concentrer sur un problème précis, à mesurer son impact rigoureusement, et à intervenir là où les besoins sont réels et les ressources insuffisantes. Certaines petites associations remplissent parfaitement ces conditions. D'autres, très petites, n'ont jamais été évaluées et leur impact reste inconnu. La bonne question n'est pas la taille, c'est la rigueur et la priorisation.
Le World Happiness Report 2025 consacre une analyse aux organisations multi-bras (MANGO) et conclut qu'elles ne sont très probablement pas la meilleure utilisation de nos dons.[1] Leur grand nombre de programmes rend quasiment impossible une mesure rigoureuse de leur efficacité, et crée un risque de dilution de l'impact par manque de priorisation.
Figurer dans cette liste ne signifie pas que ces organisations font du mal : cela signifie que leur structure rend leur évaluation très difficile, et que vos dons y ont très probablement moins d'impact que dans des associations plus concentrées et rigoureusement évaluées. Parmi les MANGOs les plus connues en France, on peut citer : Médecins Sans Frontières (MSF), Médecins du Monde, Action contre la Faim, Solidarités Internationale, Handicap International, CARE, Oxfam, CCFD-Terre Solidaire, Secours Catholique, la Croix-Rouge, Greenpeace, WWF, UNICEF, Save the Children et Plan International. Cette liste n'est pas exhaustive.
Oui, bien sûr. Mais si votre objectif est de maximiser l'impact de chaque euro que vous donnez, concentrer vos dons vers les associations les mieux évaluées produit davantage. Diviser un budget entre des associations d'efficacité très inégale revient à accepter qu'une partie de vos euros aient moins d'effet qu'ils ne le pourraient.