Donner ses vêtements est l'un des rares actes pour lesquels on n'a jamais à se justifier. On suppose que c'est généreux, c'est écologique, ça aide les associations, ça habille des gens qui en ont besoin. Quatre bénéfices d'un seul geste. Personne ne demande "à quoi ça sert vraiment", parce que ça paraît évident.
Pourtant, quand on regarde où vont réellement ces vêtements, qui les achète, et ce que ça change pour les personnes qu'on imaginait aider, le tableau se brouille. La filière de collecte est en crise. Les vêtements partent dans un circuit commercial mondial dont les effets sont, au mieux, ambigus.
Faut-il pour autant arrêter de donner ? Pas forcément. Mais l'image qu'on a du geste mérite, sérieusement, d'être revue.
Donner ses vêtements est presque toujours préférable à les jeter. Mais l'idée que c'est un acte de générosité à fort impact ne tient pas. La majorité des vêtements donnés part dans un circuit commercial international qui, historiquement, a probablement contribué à empêcher l'industrialisation textile de certains pays receveurs, une voie de sortie de l'extrême pauvreté que des centaines de millions de personnes ont empruntée ailleurs, notamment en Asie. Aujourd'hui, vu les alternatives existantes (vêtements neufs chinois à bas prix, marchés locaux saturés), l'effet net du don est plutôt neutre, légèrement positif au mieux.
Ce n'est pas un geste à éviter. C'est un geste à ne pas confondre avec une action de générosité ciblée.
En France, la filière des textiles, du linge de maison et des chaussures (TLC) est encadrée par un éco-organisme agréé par l'État, Refashion. Selon son rapport d'activité 2024, 891 310 tonnes de TLC ont été mises sur le marché cette année-là. Sur ce volume, 289 393 tonnes ont été collectées, en hausse de près de 8 % par rapport à l'année précédente.[1]
Une fois passés en centre de tri, les vêtements sont répartis en trois grandes filières.
Ce taux de valorisation peut paraître rassurant. Mais il occulte une information centrale : où part le réemploi.
La grande majorité des vêtements destinés au réemploi ne sont pas revendus en France. Selon Refashion, le système actuel de la filière de collecte repose à plus de 60 % sur l'export.[2] Les boutiques solidaires françaises, type Ding Fring (Le Relais) ou Le Coin du Réutile (Emmaüs), n'absorbent qu'une fraction marginale du volume collecté. Chez Le Relais par exemple, leader français de la collecte avec environ 22 000 conteneurs sur le territoire, environ 6 % seulement des vêtements collectés finissent dans une boutique française. Plus de la moitié partent à l'étranger, conditionnés en grosses balles compressées d'une vingtaine ou d'une cinquantaine de kilos selon les opérateurs, chargées dans des conteneurs maritimes à destination de l'Afrique, de l'Europe de l'Est ou de l'Asie. Le reste est recyclé en chiffons ou en isolant.[3]
Autrement dit, quand vous déposez un sac de vêtements dans un conteneur en France, la trajectoire la plus probable de ce sac est : centre de tri, mise en balle, conteneur maritime, marché de seconde main à l'étranger. Cette réalité n'est ni cachée ni illégitime, c'est le fonctionnement normal de la filière. Mais elle est rarement présente dans l'imaginaire de la personne qui dépose ses vêtements.
Cette mécanique d'export tient parce que les balles de seconde main ont une valeur marchande. Or cette valeur s'effondre depuis plusieurs années, principalement sous l'effet de la fast fashion et de l'ultra fast fashion (Shein, Temu, et leurs équivalents). La qualité moyenne des vêtements mis sur le marché s'est dégradée à un rythme tel que les centres de tri reçoivent désormais une part croissante de vêtements quasiment invendables.
L'asymétrie qui fragilise tout : selon l'ONG belge Terre asbl, un t-shirt vendu 45 € neuf rapporte environ 15 € en seconde main, mais seulement 0,015 € quand il est destiné au recyclage. Soit un rapport de un à mille. Quand la part du gisement qui tombe dans la seconde catégorie augmente, le modèle économique entier vacille.[4]
En août 2025, les trois plus grands opérateurs belges de l'économie sociale et solidaire (Terre asbl, Oxfam et Les Petits Riens) ont publié un communiqué commun pour alerter sur l'état de la filière, qu'ils décrivent comme "au bord de l'asphyxie".[5] Le même phénomène se joue en France, où le tarif moyen de la tonne de textile triée a fortement chuté au début des années 2020 après une hausse continue les décennies précédentes.
L'image que beaucoup de donateurs ont en tête (un vêtement donné qui habille une famille démunie) correspond à une réalité commerciale très différente. Les vêtements collectés en Europe et en Amérique du Nord nourrissent un marché international de la seconde main estimé à plusieurs milliards de dollars par an. L'Afrique en absorbe une part importante. Selon les estimations rapportées par CUTS International, environ 70 % des dons mondiaux de vêtements finissent sur le continent africain, où ils sont revendus sur des marchés locaux à des prix très inférieurs à ceux des vêtements neufs.[6]
Ces vêtements ne sont pas distribués gratuitement. Ils sont vendus, à des consommateurs qui en ont les moyens, par des commerçants qui en font leur métier. Au Kenya seul, le secteur dit "mitumba" emploie environ 65 000 commerçants. Au Ghana, le marché de Kantamanto à Accra rassemble environ 30 000 vendeurs et voit arriver chaque semaine près de 15 millions de pièces. Aux États-Unis, on estime que la filière d'export vers l'Afrique de l'Est représente plusieurs dizaines de milliers d'emplois directs.[7]
Autrement dit : ce n'est ni une aide humanitaire, ni un trafic clandestin. C'est un marché. Et comme tout marché, il a des bénéficiaires et des perdants.
C'est ici que les recherches économiques convergent vers un constat préoccupant. Plusieurs études, peer-reviewed et réplicables, montrent que l'afflux massif de vêtements de seconde main est associé à un déclin de la production textile locale dans les pays receveurs. Une étude de référence portant sur la période 1981-2000 estime qu'une hausse de 1 % des importations de seconde main entraîne une baisse de l'ordre de 0,6 % de la production locale d'habillement.[8] Des travaux plus récents nuancent l'ampleur exacte, mais la direction de l'effet, négative, est largement partagée dans la littérature.
Ce constat doit être tempéré par une mise en garde méthodologique. Établir une causalité nette est difficile : la libéralisation commerciale, la concurrence des vêtements neufs asiatiques bon marché, l'absence d'infrastructures et de politiques industrielles cohérentes ont aussi pesé lourd. Une revue systématique récente conclut que la seconde main contribue à la fois à la croissance économique et à la création d'emplois (par la filière de vente) ET au déclin documenté de l'industrie textile locale (par la concurrence).[9] Les deux effets sont réels, leur balance nette varie selon les pays et les périodes.
Reste un élément difficile à ignorer. L'industrie textile a historiquement été la première marche de l'industrialisation pour la plupart des pays sortis de la pauvreté ces quarante dernières années. Elle exige peu de capital, beaucoup de main d'œuvre, et offre un débouché export immédiat. En Asie, des centaines de millions de personnes ont vu leur condition de vie transformée par cette dynamique : plus de 800 millions en Chine entre 1990 et 2024, plus de 200 millions dans le reste de l'Asie de l'Est selon la Banque Mondiale.[10] Sur la même période, le nombre d'Africains subsahariens en situation d'extrême pauvreté est passé de 282 millions à 464 millions. Plusieurs facteurs expliquent cet écart de trajectoire, et la part imputable aux imports de seconde main fait l'objet de débats et n'est certainement pas majoritaire. Mais l'idée que nos vêtements donnés "aident" des populations qui auraient peut-être bénéficié, en l'absence de ce flux, d'emplois manufacturiers locaux mieux rémunérés, mérite au minimum d'être posée.
L'argumentation inverse a aussi son sérieux. Plusieurs économistes du développement, dont des chercheurs de l'ODI (Overseas Development Institute), font remarquer qu'un bannissement des imports de seconde main ne ressusciterait pas mécaniquement l'industrie textile africaine. En l'absence de réformes structurelles (énergie abordable, infrastructure logistique, formation professionnelle, accords commerciaux favorables), les vêtements de seconde main seraient simplement remplacés par des vêtements neufs chinois ou bangladais, encore moins chers, et la filière locale resterait étouffée. L'épisode est-africain de 2016 illustre cette difficulté : six pays (Kenya, Ouganda, Tanzanie, Rwanda, Burundi, Soudan du Sud) avaient voté un plan d'élimination progressive des imports de seconde main d'ici 2019. Tous ont reculé sous la menace américaine de retrait des avantages commerciaux AGOA, à l'exception du Rwanda, qui a effectivement perdu ses avantages AGOA en 2018 pour avoir maintenu sa politique.[11]
Il faut aussi reconnaître un effet positif concret pour le consommateur. La seconde main est en moyenne trois à cinq fois moins chère que les vêtements neufs équivalents. Pour un ménage à faibles revenus, cela peut représenter la différence entre avoir un seul vêtement de mauvaise qualité et avoir plusieurs vêtements adaptés aux différentes saisons et activités, ou entre acheter du neuf médiocre et accéder à des pièces de meilleure qualité produites à l'origine pour le marché européen. Ce gain de pouvoir d'achat est réel, et il bénéficie d'abord aux personnes les plus pauvres. C'est l'un des arguments les plus solides en faveur du maintien du commerce de seconde main.
À cela s'ajoute la question des déchets. La qualité moyenne des balles arrivant en Afrique étant en chute libre, une part croissante des vêtements n'y trouve pas preneur. Au marché de Kantamanto à Accra, l'ONG locale The Or Foundation estime qu'environ 40 % des vêtements finissent en déchets, après tentative de revente.[12] Cette estimation est contestée par l'association des importateurs ghanéens, qui avance que moins de 5 % des balles arrivent inutilisables dès le port. La nuance compte : les balles ne sont pas remplies de déchets à l'arrivée, mais la qualité moyenne est devenue telle que beaucoup de pièces ne trouvent plus d'acheteur, et finissent en décharge sauvage ou en pollution textile. C'est un coût environnemental qui pèse, in fine, sur les pays receveurs.
Mis bout à bout, ces éléments dessinent un système commercial à bilan net ambigu. La seconde main occidentale offre des vêtements abordables à des dizaines de millions de consommateurs africains, fait vivre des centaines de milliers de commerçants, et représente un vrai gain de pouvoir d'achat pour les ménages modestes. Elle a aussi probablement contribué, parmi d'autres facteurs, à empêcher l'émergence d'une industrie textile locale plus structurante pour la sortie de pauvreté à grande échelle. Aucune de ces dimensions ne permet, à elle seule, de trancher pour ou contre la filière. Mais une chose ressort : ce n'est pas une aide humanitaire ciblée. C'est un débouché commercial international, avec des effets nets incertains.
Si vous avez lu jusqu'ici, vous avez probablement envie de poser une question : "Très bien, mais c'est quand même mieux que de jeter, non ?" La réponse est : oui, presque toujours. Un vêtement déposé en conteneur a une chance réelle d'être réutilisé ou recyclé. Un vêtement jeté en poubelle d'ordures ménagères part en incinération ou en enfouissement. Continuer à déposer ses vêtements dans les bornes de collecte reste rationnel.
Ce qui pose problème, c'est la place que ce geste occupe dans la représentation que beaucoup de personnes se font de leur propre générosité. Les chiffres disponibles révèlent un écart frappant selon la façon dont on pose la question.
Quand on demande aux Français s'ils se considèrent donateurs sans préciser sous quelle forme, environ 48 % se déclarent donateurs réguliers et 72 % disent avoir donné au moins une fois à une association ou fondation (sondage Ifop pour France Générosités, mars 2024). Mais quand le World Giving Index 2023 pose la question explicitement monétaire ("Avez-vous donné de l'argent à une organisation ce dernier mois ?"), seulement 37 % des Français répondent oui.[13]
Une partie de cet écart s'explique probablement par le fait qu'une partie des personnes se vivant comme donatrices comptent leurs dons de vêtements, de nourriture ou d'objets dans cette catégorie. Or "mieux que jeter" n'est pas le même argument que "geste de générosité qui aide quelqu'un". Rapporter une bouteille en verre dans un bac à verre est mieux que la jeter à la poubelle. Personne ne considère pour autant que rapporter ses bouteilles est un acte généreux. C'est plus proche d'un geste de tri, dans une filière qui fait son travail.
Le don de vêtements appartient quasiment exclusivement à cette catégorie (à l'exception si vous donnez ou vendez un vêtement très cher en bon état que vous auriez pu continuer à utiliser). Le fait qu'une partie de cette filière soit portée par des associations à but non lucratif (Le Relais, Emmaüs, Les Petits Riens) ne change pas la nature du geste : ces structures utilisent les vêtements donnés comme matière première pour financer leurs activités, principalement par l'export et la revente. Certaines associations font de la distribution directe à des personnes en difficulté en France (Secours Catholique, Secours Populaire, Croix-Rouge), mais elles n'absorbent qu'une fraction marginale du volume total collecté.
Quand un donateur français dépose ses vêtements en conteneur, une chose mérite d'être nommée : à aucun moment dans cette chaîne, les personnes que le donateur imagine aider n'ont été consultées. Personne ne leur a demandé si elles voulaient des vêtements occidentaux. Personne n'a vérifié si c'était bien ce dont elles avaient besoin. Personne n'a posé la question : "Plutôt qu'un sac de vêtements usagés, qu'est-ce qui aiderait vraiment ?"
C'est l'asymétrie qui définit ce geste. Nous décidons depuis Paris, Lyon ou Bruxelles, ce qui sera envoyé à des dizaines de millions de personnes à l'autre bout du monde. Le format, la qualité, la quantité, le moment, la composition : toutes ces décisions sont prises de notre côté, sans aucune consultation des populations concernées. Et nous continuons à appeler ce geste "généreux", comme si la générosité se mesurait au fait de donner, indépendamment de ce qui est donné, et de à qui.
Cette logique n'est pas propre aux vêtements. Comme nous l'explorons en détail dans notre article sur le paternalisme dans l'aide internationale, c'est un schéma documenté de l'aide internationale, que des chercheurs comme Teju Cole ont nommé "White Savior Industrial Complex" : un système où aider les autres devient d'abord une expérience qui valorise celui qui aide, plus qu'une réponse aux besoins de ceux qui sont censés en bénéficier. Les vêtements en sont une illustration particulièrement nette. Le geste rassure le donateur, qui se sépare d'un objet sans usage tout en se sentant utile. Ce que la personne à l'autre bout reçoit, et si elle en avait besoin, ne sont pas les premières questions qui sont posées.
Une nuance importante existe. Il ne s'agit pas de dire qu'il faut attendre que les populations demandent explicitement de l'aide pour la leur donner. Beaucoup de besoins urgents (une supplémentation en vitamine A qui évite la cécité, une moustiquaire qui prévient le paludisme) ne sont pas demandés non plus, simplement parce que les personnes concernées n'ont pas toujours l'information médicale pour les identifier comme tels. La générosité efficace consiste à servir des préférences fondamentales et universelles (vivre, être en bonne santé, voir ses enfants grandir) avec les meilleures preuves disponibles, en évitant à la fois le paternalisme du "je décide de vos besoins selon ce qui m'arrange" et la passivité du "j'attends qu'on me demande".
Le don de vêtements ne répond pas à une demande, il ne répond pas non plus à un besoin documenté des plus pressants. Il répond à un autre besoin, qui est celui du donateur de se débarrasser d'un sac tout en se sentant en accord avec ses valeurs. C'est un acte attendu, potentiellement meilleur pour la planète que les alternatives, mais c'est difficile de dire que c'est un acte solidaire fait pour aider les autres.
L'étude la plus rigoureuse sur les dons en nature confirme ce mécanisme. Une étude publiée en 2018 dans la World Bank Economic Review a évalué le programme de dons de chaussures de l'entreprise TOMS, qui pendant des années a livré une paire de chaussures à un enfant pauvre pour chaque paire vendue. L'évaluation a porté sur près de 1 600 enfants au Salvador rural et a produit trois résultats[14] :
La conclusion des chercheurs : dans un contexte où la grande majorité des enfants possédaient déjà des chaussures, le programme apportait peu et créait un effet de dépendance psychologique mesurable. Le don avait été pensé depuis le point de vue de l'entreprise, pas depuis celui des bénéficiaires.
Le parallèle avec le don de vêtements n'est pas exact (TOMS distribuait gratuitement, alors que vos vêtements sont revendus), mais le mécanisme est instructif. On donne ce qu'on a en trop, à des personnes dont on imagine qu'elles en ont besoin.
Pour évaluer ce que vaut un don de vêtements en termes d'impact, le bon réflexe est de le comparer à ce que produirait la même valeur économique allouée différemment.
Un t-shirt en bon état, donné en conteneur en France, génère pour la filière de collecte une recette à l'export de l'ordre de quelques centimes à quelques dizaines de centimes selon sa qualité. Ce même t-shirt revendu directement sur Vinted ou Leboncoin par son propriétaire peut rapporter cinq à quinze euros, selon la marque et l'état. Cette différence n'est pas anecdotique : ce sont les frais de logistique, de tri et de transport qui absorbent la quasi-totalité de la valeur économique du vêtement dans le circuit classique. Comme nous l'expliquons dans notre article sur les dons en espèces ou en nature, un don financier permet aux associations de répondre aux besoins réels sur le terrain avec une efficacité bien supérieure.
Une somme de cinq à quinze euros donnée à une association recommandée par un évaluateur indépendant comme GiveWell ou Giving Green peut financer, par exemple :
Donner un t-shirt en bon état à un conteneur de collecte revient à céder à la filière de seconde main une valeur économique qui aurait pu, vendue, financer une intervention dont l'impact sur la vie d'une personne en extrême pauvreté est documenté. Cela ne signifie pas qu'il faille vendre chaque pièce. Mais le différentiel d'impact mérite d'être conscient.
Mieux que la poubelle. Très loin d'un don ciblé. La bonne posture n'est pas de culpabiliser ni de cesser de donner des vêtements. C'est de cesser de confondre ce geste avec une action de générosité à fort impact, et de réserver son énergie de donateur à des choix dont l'effet est mesurable.
Mieux Donner sélectionne les associations dont l'impact est démontré par des preuves rigoureuses, et les présente de façon transparente pour vous aider à donner avec confiance.
Découvrir les associations recommandées →Oui. Déposer ses vêtements en conteneur reste presque toujours préférable à les jeter en poubelle d'ordures ménagères. Une grande partie sera réemployée ou recyclée, ce qui évite l'incinération ou l'enfouissement. Le point de l'article n'est pas de décourager le don, c'est de rappeler que ce geste relève du tri, pas de l'action solidaire.
Ces structures jouent un rôle social en France (insertion par l'activité économique, financement d'actions sociales). Mais leur métier principal n'est pas la distribution de vêtements aux personnes démunies, c'est la collecte, le tri et l'export commercial de vêtements de seconde main. Aucune d'elles n'apparaît dans les recommandations des évaluateurs internationaux indépendants comme GiveWell, Giving Green ou Animal Charity Evaluators, qui sélectionnent les associations sur l'impact démontré par euro investi.
Pas obligatoirement. Vendre demande du temps et une organisation que tout le monde n'a pas. Le point est simplement que pour les pièces qui ont encore une valeur marchande significative, vendre puis donner l'argent à une association efficace produit un impact bien supérieur à les déposer en conteneur. Pour les vêtements de faible valeur ou abîmés, le conteneur reste la bonne option.
Oui, c'est un cas de figure différent. La distribution directe à des personnes que vous identifiez comme étant dans le besoin (sans-abri, voisinage en difficulté) répond à un besoin observé directement, sans intermédiaire commercial. Cela reste plus efficace de soutenir financièrement les associations qui accompagnent durablement ces personnes (logement, insertion, soins), mais le don direct ponctuel n'a pas les mêmes travers.