Giving Green est le principal évaluateur sur les questions climatiques et de biodiversité. Cette équipe de recherche indépendante passe l'année à chercher où un don climat a le plus d'effet. Elle publie ensuite ses conclusions, avec sa méthode et ses incertitudes. Elle est financée séparément des associations qu'elle évalue, et nous nous appuyons sur ses travaux pour nos recommandations climat.
Le 29 octobre 2026, le fonds de Giving Green a annoncé 48,1 millions de dollars distribués sur l'année, dont 40,5 millions sur ce seul tour, répartis en 52 subventions (des dons versés à des associations et à des instituts de recherche)[1]Giving Green (2026). Top Climate Nonprofits & Giving Strategies for 2026 and Beyond.. C'est le tour le plus important depuis le lancement du fonds il y a cinq ans. L'an dernier à la même période, l'annonce portait sur 26 millions de dollars et 29 subventions[2]Giving Green (2025). Giving Green Announces $26 Million for High-Impact Climate Solutions..
Ces dons couvrent cinq des six secteurs que Giving Green a priorisés : électricité, alimentation et usage des terres, industrie, élimination du dioxyde de carbone, gestion du risque climatique. Le sixième, le transport, a été évalué en 2025 et sera réexaminé en 2027. Un rapport sur le secteur électrique est prévu pour la même année[1]Giving Green (2026). Top Climate Nonprofits & Giving Strategies for 2026 and Beyond..
Nous avons détaillé ailleurs comment Giving Green travaille, et comment nous sélectionnons les associations que nous recommandons.
Le changement le plus net porte sur la géographie des dons. La moitié des subventions de ce tour va à des pays à revenu faible ou intermédiaire, contre 15 % l'an dernier[1]Giving Green (2026). Top Climate Nonprofits & Giving Strategies for 2026 and Beyond..
Le raisonnement tient en deux chiffres. Ces pays produisent 64 % des émissions mondiales annuelles de gaz à effet de serre en 2024, soit environ 34 des 53,2 milliards de tonnes d'équivalent CO2. En comparaison, les fondations y consacrent 2 centimes par tonne émise, contre 19 centimes aux États-Unis et 14 centimes dans l'Union européenne[3]Giving Green (2026). Accelerating Climate Change Mitigation in Low- and Middle-Income Countries.. L'écart est donc de sept à neuf fois.
S'ajoute un argument de responsabilité historique. Les pays à revenu élevé ont émis environ 1 800 milliards de tonnes depuis 1850, à peu près la moitié du total mondial, pour 17 % de la population actuelle[3]Giving Green (2026). Accelerating Climate Change Mitigation in Low- and Middle-Income Countries.. Ces pays se sont développés avec une énergie fossile abondante et bon marché. Les pays émergents ont le même besoin d'accès à l'énergie, et leur demande augmente vite. Les aider à y répondre sans s'enfermer dans le charbon et le gaz pour quarante ans est nécessaire.
Pour trier, l'équipe a classé les pays sur trois critères : les émissions actuelles et projetées, la faisabilité du travail philanthropique sur place, et l'écart entre les financements existants et les besoins. L'Inde et l'Indonésie arrivent au premier rang, et ces deux pays ont chacun leur propre rapport de stratégie cette année. Viennent ensuite la Chine, le Mexique et l'Afrique du Sud, puis le Brésil, la Malaisie, le Pakistan et la Thaïlande[3]Giving Green (2026). Accelerating Climate Change Mitigation in Low- and Middle-Income Countries..
Au Bangladesh, les briqueteries informelles brûlent du charbon dans des fours artisanaux. Une équipe menée par Nina Brooks a testé une formation qui change la façon d'empiler les briques et d'alimenter le feu, sans aucun investissement en matériel. Résultat publié dans Science en 2025 : une baisse de 20 % des émissions de CO2 et de particules fines par rapport au groupe témoin[4]Brooks, N. et al. (2025). Reducing emissions and air pollution from informal brick kilns. Science., avec 74 % des exploitants formés qui avaient adopté les pratiques la deuxième année[5]J-PAL. Training brick manufacturers to reduce emissions in Bangladesh (étude de cas).. Comme les exploitants dépensent moins en charbon et obtiennent de meilleures briques, ils ont intérêt à continuer.
Charity Entrepreneurship, l'incubateur qui cherche les interventions les plus efficaces au monde et par lequel Mieux Donner est passé, a retenu cette intervention parmi les idées proposées à sa promotion de février 2026. Son estimation : une association qui formerait 500 fours par an éviterait environ 232 000 tonnes de CO2 équivalent par an[6]Ambitious Impact (2025). Introducing our newest charity recommendations..
Les coûts de main d'oeuvre et de plaidoyer y sont plus bas, et beaucoup d'infrastructures restent à construire. Un four, une centrale ou un réseau électrique dure des décennies. Agir avant que la décision soit prise coûte beaucoup moins cher que corriger ensuite.
Jusqu'ici, Giving Green publiait des rapports par stratégie. Cette année, l'équipe a ajouté un niveau au-dessus. Le rapport sectoriel compare les stratégies d'un même secteur entre elles et explique lesquelles sont retenues. Trois secteurs sont traités.
Ce secteur représente 22 à 38 % des émissions mondiales, soit 12 à 20 milliards de tonnes par an, et reçoit 8,5 % des dépenses d'atténuation des fondations en 2024. L'élevage y pèse 57 % des émissions pour 18 % des calories consommées dans le monde[7]Giving Green (2026). Food, Agriculture, and Land: Sector Report..
Giving Green retient en priorité le développement des protéines alternatives. Remplacer la moitié des produits animaux permettrait d'éviter entre 3 et 8 milliards de tonnes par an, selon les études recensées[8]Giving Green (2026). Scaling Alternative Proteins: Strategy Report.. Le secteur reçoit aujourd'hui moins de 1 % de la philanthropie climat[1]Giving Green (2026). Top Climate Nonprofits & Giving Strategies for 2026 and Beyond., et le financement privé a chuté de plus de 80 % depuis son pic de 2021[7]Giving Green (2026). Food, Agriculture, and Land: Sector Report.. Une stratégie secondaire porte sur la réduction du méthane produit par la digestion des ruminants, traitée comme une couverture au cas où les protéines alternatives ne monteraient pas en charge assez vite.
L'industrie pèse environ 31 % des émissions mondiales et reçoit 2,8 % des fonds d'atténuation des fondations[9]Giving Green (2026). Industry: Sector Report.. L'acier et le ciment comptent à eux deux pour environ 14 % des émissions mondiales[1]Giving Green (2026). Top Climate Nonprofits & Giving Strategies for 2026 and Beyond..
Le verrou est le surcoût des procédés propres. Il atteint 12 à 145 % pour l'acier et 75 à 150 % pour le ciment[9]Giving Green (2026). Industry: Sector Report.. Ce chiffre impressionne, mais il se dilue fortement dans le produit fini : du ciment bas carbone renchérit une maison de 1 à 2 % et une route de 2 à 5 %[10]Giving Green (2026). Decarbonizing Cement and Concrete: Strategy Report.. L'acier vert en production représente aujourd'hui environ 60 000 tonnes par an, soit 0,003 % du marché mondial de l'acier classique[9]Giving Green (2026). Industry: Sector Report..
Ce rapport ne raisonne pas en part des émissions. Il porte sur les dommages en cas de réchauffement élevé, qui croissent plus vite que la température. Giving Green y retient une seule priorité : financer la gouvernance et la recherche sur la modification du rayonnement solaire, ces techniques qui refroidiraient la planète en renvoyant une partie de la lumière du soleil[11]Giving Green (2026). Climate Risk Management: Sector Report..
Giving Green ne prend pas position sur un déploiement et ne finance pas la recherche technique elle-même. Leur argument : quelle que soit la décision prise un jour, mieux vaut qu'elle repose sur des règles et des connaissances. Ni les unes ni les autres n'existent aujourd'hui. La philanthropie a fourni 102 millions de dollars, soit 38 % du financement total du domaine entre 2005 et 2025, et les pays à revenu faible ou intermédiaire en ont reçu 3 %[11]Giving Green (2026). Climate Risk Management: Sector Report..
| Secteur | Part des émissions mondiales | Part de la philanthropie climat des fondations (2024) | Stratégie retenue en priorité |
|---|---|---|---|
| Alimentation, agriculture, usage des terres | 22 à 38 % | 8,5 % | Développement des protéines alternatives |
| Industrie | environ 31 % | 2,8 % | Décarbonation de l'acier, du ciment et du béton |
| Gestion du risque climatique | sans objet | non chiffrée | Gouvernance et recherche sur le rayonnement solaire |
À lire avec précaution : ces rapports ne nomment aucune association. Ils servent à décider où le fonds et la liste des associations recommandées vont porter leurs moyens. Giving Green signale aussi que plusieurs de ses chiffres de financement industriel proviennent d'un consortium de financeurs dont les données ne sont pas vérifiables de façon indépendante.
Cinq associations figurent sur la liste 2026 : Clean Air Task Force, Project InnerSpace, Opportunity Green, le Good Food Institute et Future Cleantech Architects. Ce sont les mêmes que l'an dernier[1]Giving Green (2026). Top Climate Nonprofits & Giving Strategies for 2026 and Beyond..
Toutes les associations ne sont pas réévaluées chaque année. Giving Green a introduit un système de cohortes : une association est évaluée, puis recommandée pour les deux années qui suivent. Clean Air Task Force, Project InnerSpace et Opportunity Green forment la cohorte 2026-2027. Le Good Food Institute et Future Cleantech Architects ont été réexaminés cette année, et confirmés pour la cohorte 2027-2028[1]Giving Green (2026). Top Climate Nonprofits & Giving Strategies for 2026 and Beyond..
Ce choix découle du profil recherché. Pour entrer sur cette liste, une association doit pouvoir absorber plusieurs millions de dollars par an et tenir une stratégie sur plusieurs années. En 2025, les montants allaient de 1,6 million de dollars pour Opportunity Green à 4 millions pour Clean Air Task Force et le Good Food Institute, la plupart répartis sur deux ans[2]Giving Green (2025). Giving Green Announces $26 Million for High-Impact Climate Solutions..
Cinq associations, plusieurs millions de dollars chacune, sur deux ans. Elle porte les engagements longs.
52 organisations financées cette année, souvent pour quelques centaines de milliers de dollars, avec une réévaluation chaque trimestre. Il suit ce qui bouge et les sujets encore jeunes.
Giving Green a mis en ligne un tableau de bord interactif qui regroupe 34 stratégies climat, filtrables par secteur, région, pays, niveau de revenu et statut[12]Giving Green (2026). Climate Strategy Dashboard..
Chaque stratégie a sa fiche, avec trois notations : l'ampleur du problème, la faisabilité de l'action philanthropique, et le besoin de financement. Chacune est graduée de faible à élevé. La fiche donne aussi le potentiel d'atténuation à 2030, 2050 et 2100, le financement philanthropique connu, les financeurs principaux, l'état du soutien public et privé, et la liste des sous-stratégies. Certaines fiches contiennent en plus les analyses de coût-efficacité déjà publiées et les associations recommandées sur le sujet.
On voit sur quoi repose une recommandation, et on voit ce que Giving Green ne sait pas. L'avertissement en tête de page est explicite : ces évaluations ont des niveaux de certitude variables et seront révisées[12]Giving Green (2026). Climate Strategy Dashboard..
Pour un don climat, le lieu compte désormais autant que la cause. Donner en Inde ou en Indonésie est aujourd'hui le choix le mieux argumenté par la recherche disponible.
Nous échangeons en continu avec les équipes de Giving Green pour vous proposer les meilleures opportunités climat du moment, tout en vous permettant de bénéficier de la réduction d'impôt française, que les dons directs à ces associations ne permettent pas.
Si vous hésitez entre plusieurs options, ou si vous préparez un don important, nous proposons aussi des conseils personnalisés, gratuitement. Et si vous vous demandez encore si la compensation carbone peut jouer ce rôle, nous avons traité la question en détail.
Soutenez les associations climat recommandées par Giving Green, avec le reçu fiscal français.
Voir nos recommandations climatPour explorer les stratégies une par une, le tableau de bord de Giving Green est en ligne (en anglais).
Une équipe de recherche indépendante, américaine, qui évalue où un don climat a le plus d'effet. Elle publie chaque année ses recommandations, sa méthode, ses notations et ses incertitudes. Elle est financée séparément des associations qu'elle évalue et ne prélève rien sur les dons.
La liste recommandée réunit cinq associations financées sur plusieurs années pour des montants importants. Le fonds a financé 52 organisations en 2026, souvent pour quelques centaines de milliers de dollars, et se réévalue chaque trimestre. Il accueille les paris plus récents et les sujets encore jeunes.
Ces pays produisent 64 % des émissions mondiales annuelles, et les fondations y consacrent 2 centimes par tonne émise contre 19 centimes aux États-Unis. L'écart de financement est de sept à neuf fois. L'Inde et l'Indonésie sont les deux priorités géographiques de l'équipe cette année.
Un don direct à ces associations, qui sont étrangères, n'ouvre pas droit à la réduction d'impôt française. En passant par Mieux Donner, vous soutenez les mêmes organisations et conservez la déduction. Vous pouvez aussi prendre rendez-vous pour des conseils personnalisés, gratuitement.