Comment les associations sont comparées ?
Le Happier Lives Institute
Le Happier Lives Institute (HLI) est une organisation dont l’objectif est de recommander les associations qui sont le plus impactantes pour améliorer le bien-être des personnes concernées. Il y dédie de nombreuses heures de recherches fondées sur les preuves. Le HLI produit également de la recherche portant sur les défis autour de la mesure du bien-être [6]
Pourquoi le bien-être ?
Quand on se demande quelle est l’impact d’une intervention, il nous faut définir « impact ». Philosophiquement, le bien-être peut-être considérer comme ce qui importe le plus dans une vie. Mais qu’est-ce que le « bien-être » ?
Les philosophes ont trois théories principales :
(1) les expériences positives,
(2) les désirs satisfaits et
(3) une « liste objective » à plusieurs éléments qui peut comprendre des biens « objectifs » tels que la connaissance, l’accomplissement et l’amour.
La richesse et la santé sont manifestement absentes de cette liste. La plupart des gens concluent, après réflexion, que ces biens n’ont pas de valeur intrinsèque pour nous (c’est-à-dire qu’ils n’ont pas de valeur en eux-mêmes). Ils ont plutôt une valeur instrumentale, un moyen d’atteindre une autre fin. Nous ne recherchons pas l’argent uniquement pour lui-même, mais parce que nous pensons qu’il nous rendra plus heureux, plus satisfaits, ou qu’il nous permettra de réaliser l’un des biens objectifs qui constituent vraisemblablement le bien-être.
Utiliser le bien-être pour comparer l’impact des interventions caritatives permet de se concentrer sur l’essentiel. Cela offre aussi une base de comparaison entre des actions très différentes. Par exemple, il est difficile de comparer l’impact d’une moustiquaire anti-paludisme et d’une thérapie en termes d’argent créé, mais cela prend tout son sens en termes de bien-être. Cela permet non seulement de penser au nombre de vies impactées, mais aussi à la qualité de vie.
Une unité pour mesurer le bien-être : les WELLBYs
Comment comparer l’effet de différentes interventions sur le bien-être et prioriser entre elles ?
Les chercheurs, et la plupart des gouvernements de l’OCDE [7], ont mis au point des manières simples, mais fidèles, de mesurer le bien-être tel que : sur une échelle de 0 (« pas du tout satisfait ») à 10 (« entièrement satisfait »), combien êtes-vous satisfait avec votre vie ?
L’avantage est que l’évaluation repose sur le ressenti des personnes directement concernées, plutôt que sur une estimation externe faite par quelqu’un éloigné de leur réalité.
HLI utilise les résultats d’intervention sur le bien-être pour évaluer l’impact des différentes œuvres caritatives. L’intervention est généralement distribuée à des communautés au hasard, via un Essai Randomisé Contrôlé. Ensuite, des chercheurs interrogent les personnes qui reçoivent l’intervention de placer leur niveau de bien-être. Ce chiffre est ensuite comparé à la note donnée par des personnes qui n’ont pas reçu l’intervention. Chaque point d’écart entre les personnes qui ont reçu l’intervention, et celles qui ne l’ont pas reçue, sur une durée d’un an, correspond à une Année de Vie Ajustée au Bien-Être (en anglais Well-Being Adjusted Life-Years, ou WELLBYs) [8].
Par exemple, si une intervention fait passer une personne de 4/10 à 5/10 pendant deux ans, et qu’en moyenne une personne ne recevant pas l’intervention reste à 4/10 pendant deux ans, l’intervention génère 2 WELLBYs. Une intervention qui fait passer de 4/10 à 6/10 pendant un an alors que l’autre personne reste à 4/10 pendant un an génère également 2 WELLBYs. Enfin, une intervention qui fait passer deux personnes de 4/10 à 5/10 pendant un an génère, elle aussi, 2 WELLBYs [8].
Suite à cela, on étudie l’efficacité par rapport au coût des interventions. Par exemple, pour une intervention donnée, on peut par exemple identifier 0.01 WELLBY/€. Un détail important est que l’efficacité par rapport au coût n’est pas répartie de manière équitable : toutes les interventions ne se valent pas. Les meilleures associations ont jusqu’à 100 fois plus d’impact pour une même quantité d’argent donnée. Le HLI priorise les associations les plus efficaces dans ses recommandations.
Pourquoi des pays à faible revenu ?
La thérapie, même pour les cas les plus extrêmes, reste malheureusement l’apanage des pays riches. Pourtant, ce sont les populations les plus démunies qui peuvent en bénéficier le plus : une meilleure santé mentale est indispensable pour défendre ses droits et améliorer ses conditions de vie. Cette différence est considérable pour une personne qui vit dans un pays pauvre, où les systèmes de soins n’arrivent pas toujours à les prendre en charge.
Il est important de noter que les thérapies suggérées dans la liste prennent en compte la réalité culturelle des personnes traitées -il n’est pas question ici d’imposer un système de valeur contre leur grès.
Pourquoi certaines interventions recommandées ne sont pas thérapeutiques ?
Il existe des fenêtres de développement, lors de la croissance d’un enfant, où certaines perturbations ont beaucoup plus d’influence si elles se produisent tôt dans sa vie [9]. Les problèmes lors de l’éducation et les problèmes de santé comme le paludisme, la malnutrition ou l’intoxication au plomb ont des effets très sévères sur le bien-être des enfants, et peuvent les affecter tout le long de leur vie -notamment leur profil psychologique.
Agir pour un impact réel sur le bien-être
Les organisations citées dans l’article s’appuient sur des données solides et des analyses approfondies pour garantir que chaque euro donné ait un fort impact. Que ce soit en finançant une thérapie de groupe pour lutter contre la dépression, en protégeant des enfants du paludisme ou en réduisant l’exposition au plomb, votre soutien peut significativement améliorer la qualité de vie de milliers de personnes.
Si vous voulez en apprendre davantage sur comment améliorer le monde avec vos dons, Mieux Donner peut vous conseiller.