Passer les critères de sélection de Mieux Donner : un processus exigeant
La réponse courte, c’est qu’il est extrêmement difficile de devenir l’une des associations les plus efficaces au monde. Cela résulte de processus stratégiques rigoureux, d’une culture de la donnée, et de méthodes de priorisation visant à maximiser l’aide apportée au plus grand nombre. Mieux Donner n’a pas pour but de référencer un grand nombre d’associations : seules les plus efficaces sont sélectionnées, celles pour lesquelles des euros supplémentaires peuvent avoir le plus grand effet possible. Par définition, l’extrême majorité des associations, même sérieuses et bien intentionnées, ne seront jamais répertorié sur notre plateforme.
Typiquement, les associations que nous recommandons visent un impact final mesurable (en DALYs, WELLBYs, tCO₂…), ont choisi de se spécialiser sur un seul programme, sélectionné parmi plus de 50 analysés selon des critères structurés : ampleur du problème, potentiel d’amélioration et caractère négligé. Ce premier filtre est ensuite complété par des analyses approfondies des données disponibles, permettant de retenir le programme dont l’impact attendu est le plus élevé.
Deux associations, deux missions sincères. L’une est recommandée sur Mieux Donner, l’autre non.
Pourquoi cette sélection ? Est-ce une question de notoriété, de réseau, de préférence personnelle ? Non. Chez Mieux Donner, notre engagement est clair : aider chaque personne à démultiplier l’impact de son geste. Cela suppose une sélection rigoureuse, fondée non sur l’intention ou la visibilité, mais sur l’efficacité réelle des actions menées.
Chaque mois, nous recevons des demandes d’associations désireuses de figurer sur notre plateforme. Certaines sont connues, d’autres mènent un travail de terrain remarquable. Pourtant, très peu sont finalement recommandées. Non pas parce que les autres seraient inutiles ou mal intentionnées, mais parce que nous cherchons autre chose : un impact fort, faisant une différence, et reproductible.
Autrement dit, le meilleur effet qu’on pourrait espérer, qui va au-delà de l’intuition ou du ressenti.
Notre mission n’est pas de juger la valeur morale d’une cause ou d’un engagement. Elle est d’identifier, dans un monde de ressources limitées, les actions qui permettent de sauver ou d’améliorer le plus de vies, de manière transparente et fondée sur les meilleures données disponibles. Cela suppose un cadre clair, des critères assumés, et une posture d’humilité scientifique.
Une mission exigeante : renforcer l’efficacité de chaque don
Donner, c’est un acte de générosité. Mais c’est aussi un acte stratégique. Chaque euro donné est un choix. Et ce choix peut avoir un impact très variable selon l’endroit où il est dirigé. C’est ce constat qui fonde notre approche : dans un monde où les besoins sont immenses, il est légitime et utile de se demander comment orienter son don là où il pourra réellement transformer le plus de vies.
Mieux Donner s’adresse à toutes les personnes qui ne veulent pas simplement donner « quelque part », mais donner là où cela compte le plus. C’est ce que nous appelons la logique de priorisation. Elle ne repose pas sur des préférences arbitraires, mais sur une méthode : comparer l’impact des différentes interventions à partir de données objectives.
Plutôt que de repartir de zéro, nous avons choisi de nous appuyer sur les meilleures analyses existantes. Nous travaillons à partir des recherches et des évaluations déjà menées par des acteurs spécialisés, internationalement reconnus pour leur rigueur. GiveWell, Happier Lives Institute, Giving Green, EA Animal Welfare Fund… Ces organisations consacrent des ressources considérables à analyser, comparer et recommander les associations les plus efficaces dans leurs domaines respectifs.
Ces évaluateurs passent au crible des centaines d’associations chaque année. Et au final, seules une poignée sont recommandées. Pourquoi ? Parce que l’efficacité prouvée et reproductible est rare. Mais c’est précisément cette rareté qui rend ces recommandations si précieuses.
Nous prolongeons leur travail, en le rendant accessible aux personnes en France. Notre ambition : offrir une boussole fiable à tous les individus qui veulent que leur argent ait le plus grand impact possible.
Nos critères de sélection : ce que nous attendons pour recommander une association
Recommander une association, chez Mieux Donner, ce n’est pas une décision subjective. C’est l’aboutissement d’un processus rigoureux fondé sur plusieurs critères précis. Voici les principaux.
Un rapport coût-efficacité solide
C’est souvent un facteur prépondérant. Quel est le coût pour obtenir un effet bénéfique clair, mesurable et souhaité ?
Prenons quelques exemples :
- En santé mondiale, combien d’euros faut-il pour éviter une année de vie en mauvaise santé (ce qu’on appelle un DALY, ou Disability-Adjusted Life Year) ?
- En climat, quel est le coût par tonne de CO₂ évitée ou absorbée ?
- Sur la souffrance animal, combien coûte une intervention qui évite effectivement une heure de souffrance d’un animal sensible ?
La qualité des preuves
Nous ne nous contentons pas de promesses ou d’intuitions. L’efficacité doit pouvoir être démontrée avec des données solides.
Cela peut passer par :
- Des essais randomisés contrôlés (RCTs),
- Des études indépendantes,
- Des suivis réguliers avec des indicateurs clairs et une comparaison avec un point de référence,
- Des rapports d’impact transparents et publics.
Nous valorisons les associations qui ne cherchent pas à enjoliver leurs résultats, mais à comprendre objectivement ce qui fonctionne, pour s’améliorer.
Une marge d’impact réelle
Ce que nous évaluons n’est pas seulement ce que fait une organisation, mais ce qu’elle pourrait faire en plus si elle recevait plus de moyens. C’est la notion de « contrefactuel » : que se passerait-il si cette association recevait 10 000 euros supplémentaires ?
Certaines structures sont déjà à leur plafond opérationnel. D’autres ont un potentiel d’expansion fort en gardant une efficacité élevée. C’est ce potentiel que nous cherchons à identifier. Car donner à une organisation saturée n’a pas le même effet que donner à une organisation prête à changer d’échelle.
Une culture d’ouverture
Enfin, nous sommes particulièrement attentifs à la posture des organisations. Celles qui reconnaissent leurs limites, qui publient leurs données, qui s’ouvrent à la critique et qui cherchent activement à progresser sont, à nos yeux, plus dignes de confiance.
L’impact ne se décrète pas, nous pensons qu’il se construit. Et cela suppose de l’humilité, de la rigueur, et une volonté d’apprendre.
Comment évaluez vos chances d'éligibilité ? Trois approches possibles
Vous pensez que votre organisation pourrait être recommandée ? Voici trois façons d’en avoir une première idée.
Vous êtes déjà recommandé par un évaluateur reconnu
C’est le chemin le plus direct. Si votre association est déjà recommandée par GiveWell, ACE, HLI, Giving Green ou une structure équivalente, cela signifie que vous avez passé avec succès une évaluation très exigeante. Vous répondez donc a priori aux critères que nous utilisons également.
Dans ce cas, votre structure figure déjà dans la liste des associations que nous recommandons dans nos conseils personnalisés. Cela signifie que lorsqu’un donateur nous consulte directement pour orienter ses dons, votre organisation peut être mise en avant comme une option crédible à fort impact.
En revanche, pour apparaître publiquement sur notre plateforme en ligne, une analyse complémentaire est nécessaire. Nous limitons volontairement le nombre d’organisations mises en avant afin de ne pas saturer le choix des individus et de concentrer les flux vers les structures ayant la capacité d’absorber des montants significatifs sans saturation rapide.
Nous évaluons donc aussi :
- La qualité des preuves d’impact et la disponibilité des rapports d’évaluations,,
- Votre capacité de financement restante ,
- Votre compatibilité avec les exigences fiscales françaises.
Autrement dit, être recommandé par un évaluateur reconnu est une excellente base. Cela vous donne une visibilité dans notre accompagnement personnalisé, mais l’affichage sur la plateforme suppose une sélection supplémentaire liée à la stratégie d’impact de Mieux Donner.
Des preuves concrètes que vous êtes parmi les assos les plus efficaces au monde
Vous n’avez pas encore été évalué par un tiers, mais vous avez déjà posé les bases d’une vraie stratégie d’impact ?
Ces ressources vous permettront de vérifier si votre action est mesurable, reproductible et appuyée par des données robustes, les piliers d’une démarche réellement efficace.
Si c’est déjà le cas, vous allez sans doute plus loin qu’un simple rapport d’activité : vous appliquez les meilleures méthodes disponibles, peut-être même inspirées du Guide pour ONG efficace de Charity Entrepreneurship.
Les approches de priorisation et d’analyse contrefactuelle vous sont familières. Vous collectez et comparez vos données à des benchmarks sectoriels.
Et surtout, vous cherchez à confronter vos résultats à un regard externe, rigoureux et indépendant.
Vous faites produire une évaluation indépendante
Il s’agit de compiler vos résultats, de les comparer à des références sectorielles, et de faire relire l’ensemble par un spécialiste. Certaines associations financent des évaluations externes ou collaborent avec des laboratoires de recherche. Cette démarche est rare mais précieuse.
Elle montre une maturité organisationnelle, une capacité d’introspection, et une volonté claire d’objectiver l’impact. Trois qualités que nous valorisons hautement.
À ce stade, il peut être utile de donner quelques ordres de grandeur pour illustrer le niveau de coût-efficacité attendu. Ces repères ne sont pas absolus : ils dépendent toujours des hypothèses prises en compte, du contexte d’intervention, et de la qualité des données disponibles.
Mais ils permettent de situer les attentes méthodologiques minimales :
- Améliorer d’un point la satisfaction de vie pendant un an pour environ 20 € ;
- Sauver une vie humaine pour environ 5 000 € ;
- Éviter une tonne d’émission de CO₂ pour 1 € ;
- Réduire une année de souffrance animale pour 1 €.
C’est aussi pour cette raison que nous ne nous contentons pas des rapports d’impact traditionnels. Trop souvent, ces documents mettent en avant des indicateurs d’activité (nombre de bénéficiaires, d’ateliers, de repas distribués…) qui ne permettent pas de mesurer l’effet réel produit. Pire, certaines associations sélectionnent, parfois sans le vouloir, uniquement les résultats qui les valorisent.
Ce que nous attendons concrètement d’une demande de recommandation
Nous ne lançons pas d’appel à candidatures, ni de processus de sélection ouvert en continu. Mais si vous pensez que votre organisation agit dans l’un des domaines à impact élevé (santé mondiale, climat, bien-être animal, santé mentale…) et que vous disposez de données probantes montrant une efficacité particulièrement forte, nous serons intéressés par vos éléments.
Nous n’avons pas d’équipe dédiée à l’évaluation, et nous ne nous engageons pas à répondre à toutes les sollicitations. En revanche, nous prenons le temps d’examiner les démarches sérieuses, documentées et transparentes, en particulier si elles nous font découvrir une intervention à fort impact que nous n’aurions pas encore identifiée.
Voici les types de documents qui peuvent nous aider à mieux comprendre votre impact :
- Une analyse coût-efficacité détaillé, avec vos hypothèses, vos sources et vos marges d’erreur ;
- Vos outils de priorisation comme des analyses à poids pondérés ;
- Des données vérifiables, idéalement publiques ou validées par des tiers ;
- Une analyse claire de l’effet additionnel de votre action (effet contrefactuel) ;
- Le cas échéant, des évaluations externes, des collaborations scientifiques, ou des retours d’expérimentations rigoureuses.
Nous privilégions les organisations qui s’inscrivent dans une culture d’ouverture, qui reconnaissent leurs limites, et qui cherchent activement à améliorer leur impact sur la base des données.
Cela ne garantit pas une inclusion dans nos recommandations, mais contribue à nourrir notre veille stratégique et à renforcer la cartographie des interventions les plus efficaces à l’échelle internationale.
Pourquoi nous disons souvent non (et ce que cela ne signifie pas)
Nous cherchons, au sein de causes différentes et avec des chances de succès pouvant varier, la centaine d’associations les plus efficaces au monde. Sachant qu’il en existe plus d’un million en France uniquement, l’association à laquelle vous pensez a moins de 0,01 % de chance d’être recommandée par Mieux Donner.
Ne pas être recommandé ne signifie pas ne pas être utile, ni manquer d’engagement ou de professionnalisme. Cela signifie simplement ne pas répondre à nos critères spécifiques d’impact élevé (pour le moment).
Nous avons du respect pour chaque structure qui agit sincèrement. Mais notre mission est d’offrir aux individus des repères clairs pour amplifier leur impact. Nous assumons cette exigence, car elle sert une cause plus grande : orienter l’argent là où il peut sauver ou améliorer le plus de vies.
Ce que nous vous invitons à explorer
À ce stade, si vous vous interrogez sur la possibilité d’être recommandé ou de recommander une organisation, vous avez sans doute déjà identifié des leviers pour renforcer votre impact. C’est un excellent point de départ.
Nous le redisons : figurer sur la plateforme Mieux Donner ne doit pas être une fin en soi. Notre sélection est volontairement très restreinte. En revanche, si vous souhaitez agir plus efficacement au service des causes qui vous tiennent à cœur, rechercher l’impact maximal est une démarche précieuse. Non seulement elle permet de faire mieux avec les mêmes ressources, mais elle contribue aussi à renforcer la confiance, la transparence et l’utilité collective de votre action.
Pour aller plus loin, nous vous recommandons :
Tous ces outils sont conçus pour vous aider à progresser vers un impact plus élevé, plus structuré, et plus fondé sur des preuves.
Rejoindre notre sélection n’est pas un gage de popularité. C’est faire partie d’un cercle restreint d’organisations dont l’action est soutenue par des données solides, une stratégie claire, et une culture d’amélioration continue.
Ce qui nous guide, ce n’est pas la reconnaissance, mais l’envie d’améliorer concrètement le bien-être du plus grand nombre. Et pour cela, chaque pas vers plus d’efficacité compte.