Et si l'impact d’un don dépendait plus de l’association choisie que du montant.
Avec un don de 50 euros vous pouvez payer une grande trousse de premiers secours[1] qui n’est pas sûre de pouvoir être bien utilisée ou vous pouvez protéger 40 personnes du paludisme pendant 1 an ce qui a été prouvé comme l’une des manières les plus efficaces de sauver des vies. Même budget, impact totalement différent.
Les associations dites à “fort impact” sont des organisations qui cherchent à créer le plus grand changement possible, se basant sur des critères impartiaux et d’efficacité. À l’inverse, d’autres associations fondent leurs actions sur des critères davantage liés à l’émotion ou à la proximité géographique.
Les dons reçus par ces associations à fort impact servent à financer des interventions rigoureusement évaluées pour leur efficacité, selon des métriques telles que :
- Le coût par vie sauvée
- Le coût par Quality Adjusted Life Year (années de vie en bonne santé gagnées)
- Des unités de consommation (doubler les revenus d’un foyer pendant un an)
- Des WELLBYs Année de Vie Ajustée au Bien-Être (en anglais Well-Being Adjusted Life-Years, ou WELLBYs
- Voire une combinaison de plusieurs de ces unités avec des poids moraux, définis notamment par des entretiens avec les bénéficiaires
Pourquoi choisir une association reconnue pour son efficacité ?
Prenons l’exemple de l’Against Malaria Foundation (AMF), classée parmi les quatre meilleures associations par GiveWell[2], une ONG indépendante qui évalue et classe les associations caritatives selon leur efficacité. AMF est un acteur majeur dans la distribution de moustiquaires en Afrique subsaharienne. Depuis sa création en 2004, elle a distribué près de 340 millions de moustiquaires[3].
Un don de 100 euros permet de protéger 80 personnes du paludisme pendant un an, soit 1,25 euro par personne. Avec ses 340 millions de moustiquaires distribuées, AMF a ainsi protégé de manière efficace[4] environ 608 millions de personnes pour un coût moyen individuel de seulement 1,25 euro.
L’efficacité d’une association ne se mesure donc pas uniquement au montant récolté, mais surtout à la manière dont ce montant est utilisé. Choisir ce type d’association, c’est vouloir utiliser le potentiel de chaque euro pour avoir un impact à plus grande échelle.
En donnant à des associations hautement efficaces, vous pouvez littéralement centupler, voire davantage, l’impact de vos dons. Cela signifie qu’avec le même montant, vous pouvez obtenir un impact jusqu’à 100 fois supérieur : plus de vies sauvées, de maladies évitées, de personnes protégées.
Comment ? Parce que ces associations utilisent chaque euro à travers des interventions rigoureusement sélectionnées, fondées sur des données mesurables. Elles concentrent leurs ressources sur les actions les plus efficaces en termes d’impact social, grâce à des économies d’échelle, une logistique rationalisée, et une méthodologie basée sur la preuve.
Avec 100 euros, on protège 80 personnes du paludisme et on réduit les risques de maladies mortelles. Alors que dans les pays riches, comme la France, c’est très difficile de trouver des associations dont une telle somme pourrait effectivement être utilisée pour quelque chose d’aussi efficace qui n’aurait pas déjà eu lieu sans nous.
Ce potentiel d’impact exponentiel ne vous coûte pas plus : il repose uniquement sur un meilleur choix d’allocation de vos dons. Il s’agit donc moins de « donner plus » que de « donner mieux ».
Doit-on réserver ses dons aux seules associations dites efficaces ?
Si votre objectif est d’aider le plus de personnes possible, alors choisir une association fondée sur des données et une approche scientifique est donc un choix rationnel.
Mais cela ne signifie pas qu’il faille exclure les autres types d’associations. Le choix dépend aussi de la motivation du don. En voici quelques exemples :
Les motivations identitaires et/ou nationales dans le don
Certaines associations concentrent leur action sur un territoire ou un groupe d’appartenance précis : un pays, une ville, une communauté professionnelle… Ce type d’engagement repose sur une motivation identitaire : aider celles et ceux que l’on perçoit comme “les siens”.
Exemples parlants :
- Le Secours Populaire Français mène ses actions exclusivement en France.
- America’s Vet Dogs forme des chiens d’assistance destinés uniquement aux vétérans américains.
- Une association locale peut choisir de concentrer son action sur les sans-abris à Paris, en leur fournissant repas, matériel de première nécessité ou solutions de logement.
Ce type de ciblage répond à une logique d’ancrage local ou de solidarité communautaire. Il permet aux personnes de ressentir un impact plus direct et tangible, dans un environnement qu’elles connaissent ou auquel elles s’identifient.
Les motivations émotionnelles dans le don
Les motivations émotionnelles concentrent l’engagement caritatif sur des événements ou situations qui touchent directement la sensibilité des individus : indignation face à une injustice médiatisée, empathie pour une tragédie humaine, culpabilité collective suite à une catastrophe…
Exemples parlants :
- Tsunami 2004 donations a distribué 14 milliards de dollars suite à l’émotion mondiale provoquée par la catastrophe.
- Baby Jessica Well donations a été créée lorsqu’une fillette de 18 mois est tombée dans un puits au Texas, récoltant 700 000 euros pour son sauvetage de 58 heures.
- Une association peut se créer après un fait divers choquant pour soutenir les victimes, en organisant soutien psychologique, aide financière ou accompagnement juridique.
Ce type d’engagement repose sur la réaction émotionnelle immédiate et l’identification de la personne à la situation. L’urgence et l’aspect médiatique créent un sentiment d’implication personnelle, même à distance géographique ou culturelle.
Les motivations liées aux expériences personnelles dans le don
Les motivations liées à une expérience personnelle poussent les individus à s’engager dans des causes qu’ils ont directement vécues : maladie personnelle ou familiale, handicap, traumatisme, addiction… Cette proximité avec la problématique crée un engagement souvent plus durable et militant.
Exemples parlants :
- La Ligue contre le Cancer reçoit de nombreux dons de personnes ayant été touchées par la maladie, soit personnellement soit dans leur entourage.
- Autism Speaks collecte principalement auprès de familles confrontées à l’autisme qui financent la recherche et les programmes d’accompagnement.
- Une association d’aide aux victimes d’accidents peut compter sur les dons d’anciens accidentés pour financer équipements spécialisés, recherche médicale ou programmes d’aide.
Ce type d’engagement repose sur l’expérience vécue et la volonté de transformer une épreuve personnelle en action collective. La légitimité du témoignage et la compréhension intime du problème renforcent l’efficacité de l’action.
Les motivations religieuses dans le don
Les motivations religieuses orientent l’engagement caritatif vers des causes en lien avec les valeurs spirituelles de la personne : traditions religieuses, devoir moral dicté par la foi, appartenance communautaire… Ce type de don s’inscrit souvent dans une pratique régulière et ritualisée.
Exemples parlants :
- Caritas, réseau catholique mondial, collecte principalement auprès de fidèles motivés par les valeurs sociales de l’Église.
- Islamic Relief Worldwide reçoit des dons de musulmans appliquant le principe de la zakat, pilier de leur foi.
- Une association peut se spécialiser dans la restauration de bâtiments religieux historiques, en s’appuyant sur les dons de fidèles attachés au patrimoine spirituel.
Ce type d’engagement repose sur la cohérence entre convictions personnelles et action caritative. L’appartenance religieuse crée un lien de confiance et une motivation durable, souvent transmise par tradition familiale ou communautaire.
Donner est un geste généreux et précieux dans tous les cas, quelle que soit la motivation qui nous anime. D’autres motivations que l’impact pur peuvent guider certaines personnes.. C’est pourquoi nous recommandons de donner au moins une partie de vos dons aux associations les plus efficaces en termes d’impact mesurable, et une autre partie aux associations qui résonnent avec vos motivations personnelles. Cette approche vous permet de concilier efficacité et émotions, raison et cœur. Chez Mieux Donner, notre rôle est de faciliter les dons vers les associations hautement efficaces pour ceux qui veulent amplifier leur impact.
Comment choisir une association hautement efficace ?
Apprendre soi-même à distinguer une association à fort impact d’une association qui ne l’est pas peut demander beaucoup de temps et de compétences. Il y a cependant plusieurs outils qui vous permettent de trouver ou vérifier si l’association que vous avez choisie fait partie des meilleures en termes d’impact :
- Mieux Donner peut vous accompagner dans votre démarche de dons : Vous pouvez choisir les causes qui vous tiennent à cœur et le montant que vous souhaitez donner. Faisant office d’intermédiaire, nous vous permettons de réaliser vos dons directement sur notre site Internet, puis nous reversons intégralement ces dons vers les associations sélectionnées. Les associations recommandées par Mieux Donner font partie de celles qui, à l’échelle mondiale, sont considérées comme ayant le plus d’impact pour faire réellement la différence.
- Se renseigner auprès d’évaluateurs externes : Il existe plusieurs ONG qui ont pour rôle principal d’évaluer l’efficacité d’un grand nombre d’associations afin de pouvoir mettre en avant les plus efficaces à l’aide de classements comme « Top Charities ». Ces organismes déploient des méthodologies rigoureuses : analyse d’études académiques indépendantes, entretiens approfondis avec le personnel des organisations, visites sur le terrain pour vérifier l’impact réel, construction de modèles de coût-efficacité basés sur les budgets et données de suivi. Ils suivent également intensivement leurs associations recommandées dans le temps. Ainsi, ces ONG publient un grand nombre de documents étayés et vérifiés, permettant à tout le monde d’être informé sur les résultats concrets et l’impact de chaque association. Parmi les principaux, nous pouvons citer des outils comme GiveWell ou encore Giving What We Can pour les anglophones et Mieux donner pour les Francophones.
La différence d’efficacité entre associations existe bel et bien, et elle peut être considérable. Les associations à fort impact utilisent chaque euro grâce à une logistique maîtrisée et une approche fondée sur la mesure des résultats.Cela ne signifie pas qu’il faut abandonner les autres types d’associations. Donner par émotion, proximité ou conviction personnelle peut rester légitime. Mais vous pouvez considérer soutenir ces associations à impact et connaître ces écarts d’efficacité vous permet de faire des choix plus éclairés.
Une approche équilibrée peut combiner les deux : allouer une partie de vos dons aux associations les plus efficaces pour amplifier l’impact, et une autre partie aux causes qui vous tiennent à cœur !